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Expo de Geoffrey Garcel

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Venez nombreux découvrir cette nouvelle et belle exposition à la maison de village d‘Argentière (74400) sur le thème \"Mont-Blanc, versant sauge\". Elle se déroulera du 18 octobre au 15 novembre, l‘entrée est gratuite et Geoffrey sera présent le samedi 24 octobre de 15h00 à 19h00 et le mercredi 29 octobre de 16h30 à 19h00. Plus de renseignements sur : http://www.geoffreygarcel.com/
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Video] Comment devenir un meilleur photographe animalier en 10 minutes

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Vous avez vu la semaine dernière 2 études de cas de ma formation Les Ateliers du Photographe Animalier avec Jean-Michel et François. Ils ont partagé avec vous leurs nombreux progrès en photo animalière depuis leur inscription.

Jeudi prochain j’ouvrirai justement à nouveau les portes de ma formation. Pour fêter cet évènement, je vais diffuser 4 vidéos inédites pour vous aider à devenir un meilleur photographe animalier, tout simplement. Elles ne seront disponibles qu’une seule semaine, c’est donc à ne pas rater !

Dans la première des quatre vidéos, je vous dévoile :

  • l’évènement qui a révolutionné (j’ai bien choisi ce mot) mon approche de la photo
  • l’erreur que font tous les débutants et qui est à l’origine de tant d’abandons et de frustration (et bien sur, comment l’éviter !)

regismoscardini 6 [Video] Comment devenir un meilleur photographe animalier (en 10 minutes)

C’est vraiment à ne pas manquer d’autant que cette première vidéo dure seulement 10 minutes. Dix petites minutes pour faire de vous un meilleur photographe animalier. Simple. Efficace.

Cliquez ici pour voir à la vidéo

J’allais oublier : dites-moi ce qui vous empêche de progresser en laissant un commentaire en dessous de la vidéo, et je vous répondrai (enfin dans la limite physique de mes 10 doigts  [Video] Comment devenir un meilleur photographe animalier (en 10 minutes) )


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Vidéo] Etude de cas avec Jean-Michel membre des Ateliers du Photographe Animalier

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Je publiais il y a quelques jours une première étude de cas en vidéo avec François. Vous avez découvert dans quels domaines il a pu progresser, notamment dans sa capacité à faire des images plus esthétiques.

Pour cette 2ème étude de cas, j’accueille cette fois-ci Jean-Michel. Il a évidemment participé lui aussi à ma formation des Ateliers du Photographe Animalier. Jean-Michel s’est lui inscrit à la toute première session, souvenez-vous, c’était en janvier dernier. Il a donc suivi l’intégralité de la formation.

13887188019 61311d91b8 z 585x390 [Vidéo] Etude de cas avec Jean Michel, membre des Ateliers du Photographe Animalier

Un photo réussie grâce aux apports de la formation.

Oups, j’oubliais, voici la page Flickr de Jean-Michel

Une bonne nouvelle arrive !

L’objectif de ces deux études de cas est de vous motiver. De vous montrer, prouver que de parvenir à produire des beaux clichés d’animaux sauvages et de nature en général n’est pas réservé qu’aux autres.

Jean-Michel et François en sont la preuve vivante !  [Vidéo] Etude de cas avec Jean Michel, membre des Ateliers du Photographe Animalier C’est donc possible pour vous aussi.

Voici donc la bonne nouvelle : je vais ouvrir les inscriptions à la formation très prochainement ! Ce sera la 3ème session, et pour fêter ça, je vais diffuser une vidéo inédite, produite uniquement pour cette occasion, ce jeudi 25 septembre à 11 heures précises. 3 autres vidéos suivront pendant 7 jours. Cette série de 4 vidéos n’aura qu’un seul but : vous aider, encore, à devenir de meilleurs photographes animaliers.

Si vous craignez de rater cette série de 4 vidéos vous avez juste à vous inscrire à la newsletter du blog, là, à droite :-). Si vous faites déjà parti de la famille, alors c’est tout bon !

A jeudi, soyez là !  [Vidéo] Etude de cas avec Jean Michel, membre des Ateliers du Photographe Animalier

Retrouvez ci-dessous la transcription de la vidéo (à venir très vite)

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Podcast 19] Interview de Laurent Geslin – photographe animalier

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Je mesure à chaque fois la chance que j’ai – le privilège ? – de pouvoir converser en tête à tête avec des photographes animaliers connus et reconnus. Quand j’ai commencé cette série d’interviews il y plus de 3 ans, je ne pensais pas qu’un jour je pourrais passer plus de 30 minutes avec le photographe animalier Laurent Geslin. Ni d’ailleurs avec Fabrice Cahez, Philippe Moës, Fabien Gréban ou Eric Dragesco  [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier .

Bref, j’espère que vous prenez autant de plaisir à écouter ces interviews que j’en ai à les faire !  [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

Laurent Geslin est le 15 ème photographe animalier à passer à la – gentille- moulinette de mes questions.  [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier Ceux qui découvrent le blog et ses podcasts ont devant eux 15 interviews x 30 minutes = 7,5 heures de photographes animaliers à écouter ! Un Paris – Marseille en voiture en écoutant non stop les meilleurs d’entre nous ! Ça le fait non ?  [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

Quel photographe animalier est Laurent Geslin ?

laurent geslin photographe animalier 285x190 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

Laurent Geslin, photographe animalier

Laurent Geslin est un bourlingueur, au sens noble du terme, de la photographie. Un bourlingueur géographique parce qu’il est allé souvent loin de ses terres d’origines. Parce qu’il a vécu dix ans à Londres et qu’il vit à présent dans le Jura Suisse. Parce qu’il a été guide naturaliste.

Mais aussi un bourlingueur photographique ! La nature et les animaux demeurent, évidemment, ses premiers amours et le principal objet de son travail. Pas seulement ! Laurent Geslin a également photographié de la nourriture, des évènements, des soirées, des mariages, des Bar Mitsvah, et du nu ! Ajoutez à cela une formation initiale en Histoire de l’art et vous comprendrez que Laurent possède un bagage technique, culturel, artistique et naturaliste très au delà de la moyenne.

Je ne suis donc plus guère étonné quand je vois les photo animalières produites par Laurent Geslin. Un style à part, une signature singulière, une patte … « Geslinièsque » !!
Vous en doutez encore ? Rien que le thème de son deuxième livre vous le confirmera : safari Urbain aux éditions Althus. Fallait déjà avoir l’idée de passer des heures et des journées d’affût en pleine ville pendant que les collègues photographes animaliers étaient, eux, perdus dans la nature !

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

Le livre safari Urbain

La beauté de ce livre n’a d’égal que l’originalité du thème. Un vrai plaisir pour les yeux mais aussi – et surtout – une vraie réflexion sur la place de l’homme dans la nature, ou de la nature avec l’homme … en fait on ne sait plus qui profite de qui quand on referme safari Urbain.

Le dernier projet de Laurent Geslin porte sur le lynx. Des années d’observations, de travail d’équipe avec des associations, des scientifiques, et bien sur, de photographies. Le résultat est un livre « lynx, regards croisés » aux éditions Slatkine. Il sort à la fin du mois de septembre mais vous pouvez déjà le commander ici (lien non affilié). Il fera date à n’en pas douter.

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

Le dernier livre de Laurent Geslin

La fin d’année 2014 sera chargée pour Laurent Geslin car vous pourrez le croiser au festival de Montier-en-Der, au festival de la Salamandre et au festival de Namur. Ah au fait, la photo de l’affiche de Montier-en-Der 2014, c’est lui !! (enfin, non, c’est pas lui, car c’est un lynx, mais c’est lui qui l’a prise !  [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier )

affiche montier en der 201x285 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

L’affiche 2014 de Montier-en-Der

Ecouter son interview :

Vous apprendrez notamment :

  • comment Laurent est venu à la photo animalière
  • comment ses études en histoire de l’art l’ont aidé à créer son style
  • comment il s’y est pris pour photographier les animaux sauvages la nuit en ville
  • comment il a fait pour pouvoir approcher le lynx
  • quelle est sa photo favorite et pourquoi

Pour découvrir l’ensemble du travail de Laurent, voici son site internet. N’hésitez pas, vraiment, à faire un tour du coté de son « Shop » (lien non affilié) pour feuilleter des grands extraits de ses livres … et aller plus loin !
Vous pouvez aussi le suivre sur Facebook

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

lynx dans le Jura © Laurent Geslin

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

lynx dans le Jura © Laurent Geslin

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

cerf en Angleterre © Laurent Geslin

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

Blaireau dans un cimetierre de Londres © Laurent Geslin

 [Podcast #19] Interview de Laurent Geslin   photographe animalier

renard roux à Londres © Laurent Geslin

Retrouvez ci-dessous la transcription écrite de l’interview :

A : Régis Moscardini

B : Laurent Geslin

A : Bonjour Laurent Geslin. Je suis ravi de t’accueillir sur Auxoixnature et je te remercie vraiment d’avoir accepté mon invitation.
B : Je t’en prie. Dis-moi ce que tu veux savoir sur ce que je fais.
A : Alors la première question ira vers la naissance de ta passion. Qu’est-ce qui t’a amené à pratiquer la photo animalière en particulier et la nature en général ?
B : Alors la photo animalière. D’abord j’ai commencé en tant que passionné de nature, donc je pense que c’est un peu, tu vois, une espèce de parcours assez classique, de passionné de nature quand j’étais gamin, j’étais tout le temps en train de trainer dans les bois, je suis breton et pourtant j’ai toujours été plus passionné par la forêt, peut-être parce que j’avais ma grand-mère qui n’habitait pas loin de la forêt de Brocéliande, et moi j’ai toujours été beaucoup plus attiré par la forêt, et donc en fait quand j’étais gamin, je me souviens même d’avoir des souvenirs de partir tout petit par la fenêtre de chez ma grand-mère notamment pour aller écouter l’engoulevent alors que ma grand-mère ne le savais pas, parce que je passais des vacances chez elle. Donc moi, c’est d’abord avant toute chose une approche naturaliste que j’avais, et puis ensuite je me suis amusé à faire quelques photos et je me suis pris un petit peu dans le jeu de ça, je suis rentré dans une association qui existe encore, qui s’appelle l’APAB qui est l’Association des photographes animaliers bretons et qui expose assez régulièrement en Bretagne, même à Montier ils sont présents. Et là, je suis tombé pas mal maintenant sur des gens qui sont devenus des copains, il y a Louis-Marie Préau par exemple ou Eric Ménard. Et puis c’est devenu en fait une passion qui s’est développée parallèle entre la nature et l’environnement.
A : Ça vient de loin, en gros, ce n’est pas un déclic comme ça, c’est quelque chose qui est lié à l’enfance.
B : Ah oui ! Je me souviens même, c’est marrant parce que maintenant j’ai un petit gamin de trois ans, je le regarde un peu, je regarde un peu ses premières passions, ses premiers intérêts, a priori il n’a pas l’air d’être particulièrement passionné par la nature, lui, mais tu vois, les dessins que je faisais, je dessinais beaucoup, en fait après j’ai fait une école d’art, c’était tout le temps, tout le temps, tout le temps sur les animaux, tout le temps, ça ne pouvait pas passer par autre chose que ça. Donc non, c’est vraiment quand j’étais tout gamin, j’étais vraiment passionné par les bestioles.
A : D’accord. On va y revenir justement par rapport à tes études d’histoire de l’art. J’ai lu ta biographie sur ton site Internet et j’ai l’impression que tu as le bagage idéal pour le photographe animalier, c’est-à-dire que tu as fait des études d’histoire de l’art justement, mais tu as été aussi guide naturaliste. J’imagine que tu dois être bien armé pour pratiquer la photo d’animaux tout de même, non, entre ce que tu as fait comme études et ta passion qui t’a amené à être guide naturaliste, tu as un bon bagage pour pouvoir faire de la photo animalière ?
B : Oui. Et puis c’est essayer d’avoir une certaine cohérence, si tu veux, dans mes activités, dans mes intérêts, c’est-à-dire que c’est vrai que la photo animalière, ça permet quand même d’avoir une certaine liberté de création, donc il y a une interprétation personnelle, je veux dire, ce n’est pas, moi j’aime bien avoir, d’ailleurs mes images j’espère en tout cas, elles ont une certaine identité, et ça c’est des choses sur lesquelles j’étais imprégné, ou en tout cas orienté par des choses que j’ai vues qui n’étaient pas forcément liées à la photo, tu vois, il y a pas mal de peintres, moi j’adore Rembrandt, je trouve que c’est vraiment un peintre qui a très bien travaillé sur la lumière et c’est des gens comme ça qui m’ont probablement ensuite modelé un peu pour le résultat des images que je fais maintenant.
A : Alors c’est vrai que la grande majorité des photographes animaliers qu’on connait, qu’on peut voir, sont d’abord des passionnés de nature avant d’être des photographes artistiques, avant d’être des artistes. Et ils viennent à la photo en apprenant sur le tas, et n’ont pas comme toi une formation artistique initiale. Est-ce que tu crois que ce manque de culture et de pratique artistique soit un réel handicap pour le photographe animalier ?
B : Handicap, je ne sais pas, parce qu’il y a quand même des gens très talentueux, mais s’il y a une chose que je peux remarquer, c’est que les gens qui ont une certaine recherche, je ne vais pas dire intellectuelle, mais une certaine recherche derrière leurs propres images, outre la passion de la nature, c’est qu’on voit un style dans le photographe. C’est-à-dire que tu vas reconnaitre dans le photographe quelque chose de personnel. Alors que peut-être effectivement le passionné de nature va se nourrir des photographes animaliers, des autres photographies animalières on va dire, et puis il va finir par ressembler un petit peu à un style général. Or moi ce que j’apprécie énormément chez certains photographes, c’est qu’ils ont un vrai style, tu vois. Il y a peut-être des jeunes photographes qui connaissent moins Stephen Dalton ou même des Français comme Hellio et Van Ingen, qui ont amené quelque chose à la photo parce qu’eux-mêmes ont vraiment réfléchi à l’image. Ils ont réfléchi, par l’art pas forcément, mais tu vois, ils ont un bagage qui est sorti purement du naturaliste.
A : De la photo animalière du naturaliste. Alors justement tes influences photos vont au-delà des seuls photographes nature, tu dis avoir découvert la photo par des auteurs classiques comme Cartier-Bresson, comme Raymond Depardon ou martin Parr par exemple. Est-ce que tu crois que s’intéresser à des photographes hors champ animalier, ça peut être intéressant pour la pratique de la photo animalière ? Tu as en partie répondu juste avant mais est-ce que ça peut être bien de se forcer à aller voir d’autres pratiques de la photo que celles de l’animalier ?
B : Oui, comme je te disais. Alors soit de la peinture, soit de la photo, mais effectivement on peut aussi regarder plein d’autres photographes qui font des choses, moi en fait j’ai vécu longtemps à Londres et pendant 6 mois de l’année je faisais de la photo plutôt commerciale, je faisais des portraits, je faisais des événements, je faisais des Bar Mitsvah, je faisais même de la bouffe, j’ai même fait du nu, tu vois, donc ça me permettait d’avoir
A : C’était ton gagne-pain, c’est ça ?
B : C’était mon gagne-pain. A Londres, je gagnais correctement ma vie pendant 6 mois, donc après je pouvais partir pendant 6 mois, donc c’était vraiment la vie idéale. Et bien forcément j’étais influencé, et puis je rencontrais des gens, je rencontrais d’autres photographes qui n’avaient strictement rien à voir, et puis tu sais à Londres, quand tu es photographe animalier, il n’y en a pas beaucoup, donc tu rencontres beaucoup plus d’autres photographes qui eux font des choses, pour moi, qui n’avaient rien à voir avec mon style, mais probablement, oui, j’ai été un peu influencé par des gens comme ça, par des styles un peu décalés.
A : Alors Cartier-Bresson je connais, Raymond Depardon je connais depuis qu’il a fait le portrait de François Hollande en 2012, je ne le connaissais pas avant, j’ai assez peu de culture, on va dire, photo classique, et martin Parr je ne connaissais pas du tout, je suis allé voir quand j’ai préparé l’interview, je suis allé sur son site Internet et justement j’ai vu des photos d’un style particulier et notamment il joue beaucoup sur le flou net, et ses dernières photos, c’est sur la plage de Benidorm en Espagne, c’est-à-dire qu’il y a une grande partie nette et puis toujours un premier plan avec des personnes qui sont floues, et ça peut surprendre voire choquer au début, ça peut même presque gêner la lecture de l’image, et puis comme c’est toujours pareil, il y a toujours ce truc-là, on se dit que finalement il y a un truc, et ça peut être une source d’inspiration pour la photo animalière.
B : Comme je te disais tout à l’heure et je te donnais quelques noms de photographes qui m’interpellent
A : Ce que j’ai vu hier, ça m’a interpelé.
B : Moi j’ai un très bon copain qui s’appelle Stefano Unterthiner que tu dois connaitre, en tout cas que pas mal de photographes animaliers doivent connaitre, Stefano lui, je trouve qu’il a vraiment un cadrage et une façon de travailler ses images qui est particulière et qui est vraiment photographique. Elle n’est plus que naturaliste, elle est vraiment aussi photographe. Je pense que c’est un bon photographe et ce n’est pas forcément ce qui est valorisé du premier coup parce que c’est vrai que c’est peut-être une image un peu plus difficile à lire mais je trouve qu’un gars comme ça, il y en a d’autres, qui fait des choses qui vont peut-être te mettre un peu plus de temps à rentrer dans l’image mais il y a une personnalité dans l’image. Moi en fait c’est ça que je valorise, c’est vraiment la personnalité.
A : Alors tu es connu pour tes photos de la faune urbaine, ton livre « safari urbain » est paru en 2010 aux éditions Altus, 2010 c’est ça ?
B : Oui.
A : Qui a connu un grand succès. Alors je cite une petite phrase sur la 4e de couverture que tu as écrite : « Les animaux se sont adaptés à la proximité de l’homme sans que celui-ci ne s’en aperçoive vraiment. Il existe donc vraiment dans nos villes une faune sauvage active ». Ce n’est pas une légende, c’est vraiment vrai ?
B : Ah oui, ça c’est l’essence même du travail que j’ai fait, comme je te disais tout à l’heure, j’étais à Londres pendant 10 ans, donc effectivement pendant les 6 mois où je restais à Londres, j’avais quand même un vrai manque de nature quand même, donc moi j’avais la chance d’avoir un studio photographique qui était dans le sud de Londres, près d’un vieux cimetière, et derrière ce cimetière, enfin dans ce cimetière-là j’avais 3 ou 4 familles de renards. Et j’y allais absolument tous les jours, tous les jours, tous les jours. Tous les jours je faisais le même bruit, tous les jours ils s’habituaient à moi, et au bout d’un moment j’avais même des jeunes qui venaient, qui couraient après ma voiture quand je rentrais dans le cimetière. C’est à ce moment-là où je suis resté très longtemps dans ce lieu-là que j’ai vu effectivement qu’il y avait des renards, mais qu’autour des renards, moi j’ai vu des éperviers, j’ai même vu un faisan une fois rentrer dans le cimetière, je ne sais pas d’où il sortait ce faisan, il y avait des chouettes hulottes. Donc j’ai remarqué effectivement qu’il y avait tout un écosystème qui était déjà un micro écosystème dans ce cimetière, mais si tu vas plus loin et tu relies les différents parcs naturels ou les parcs verts, les jardins publics, etc., dans une grande ville comme Londres, tu vas te rendre compte que parfois il y a même des corridors qui se sont faits naturellement, en suivant par exemple les lignes de chemin de fer ou les lignes de métro, en fait certains parcs sont reliés les uns avec les autres, et en fait ça fait quand même une certaine, une sacrée superficie de vert, de verdure, de nature, et là tu vas te rendre compte qu’effectivement les animaux ils se sont adaptés. Alors parfois c’est à leurs dépens, c’est-à-dire que les blaireaux par exemple se sont fait un peu grignoter leur terrain par les humains, et en fait ils sont quand même restés, ils se sont adaptés. Et puis d’autres par contre, c’est l’inverse, ils sont revenus en ville alors qu’ils étaient effectivement en campagne. Et donc là je me suis intéressé à Londres, et après je me suis intéressé aux grandes villes d’Europe et avec toutes les espèces qui sont assez étonnantes comme le faucon pèlerin, le sanglier, des espèces assez emblématiques comme le renard, je le disais, mais l’ours par exemple en Roumanie, etc. Donc ils se servent de ce milieu urbain pour survivre, et même parfois pour mieux survivre en ville qu’en campagne.
A : Parce qu’ils y trouvent leur intérêt notamment sur la nourriture, j’imagine ?
B : Oui, et puis
A : Un peu de chaleur peut-être ?
B : De la nourriture, certaines espèces vont effectivement profiter de la chaleur, certaines espèces vont même profiter de la lumière, notamment la lumière nocturne. Moi j’ai vu du faucon pèlerin chasser en pleine nuit, ils se sont adaptés parce que tu as des migrateurs qui vont plutôt voler la nuit, et puis quand ils passent au-dessus d’une ville, ils sont plus visibles, donc le pèlerin il va taper dessus. Donc j’ai vu la bécasse par exemple qui se faisait attraper par le pèlerin en pleine nuit. Donc ils se sont vraiment adaptés, ils s’adaptent. Et plus généralement par rapport à ce projet-là, si tu veux, c’était un peu, et ça c’est vraiment mon fer de lance, c’est-à-dire c’est vraiment mon discours actuel, c’est d’essayer de faire comprendre aux gens que la nature et l’homme, ce n’est plus séparé. C’est-à-dire que c’est complètement imbriqué, même dans la forêt du Jura, au plus profond de la forêt du Jura, tu as la présence humaine. Et si on continue à dire au grand public, il y a la nature, etc., originelle, et moi je suis complètement imprégné de cette nature, etc., on ne fait pas du bien à la nature parce qu’on fait croire au grand public que la nature elle est encore intacte, et ce n’est plus le cas du tout, en Europe Occidentale elle est complètement imprégnée par l’homme et il faut impérativement que l’on fasse comprendre que la nature et l’homme, c’est maintenant un tout, et c’est justement comme ça que l’on peut préserver éventuellement certaines espèces.
A : C’est un levier en plus, quoi ?
B : Oui, parce que ça permet, effectivement ça fait moins rêver les gens, parce qu’on leur dit, regardez, la forêt, quand on fait des photos de grands coqs par exemple, on le fait effectivement dans une forêt qui est déjà de toute façon gérée et qui est même parfois gérée pour le grand coq, en fait ce que l’on photographie, on a l’impression que c’est la pleine nature mais c’est complètement artificiel.
A : Bien sûr.
B : Et c’est ça qui est important, c’est cette fragilité qu’il faut dire au grand public, dont il faut parler au grand public pour qu’il comprenne que maintenant si on ne fait rien, si les gens n’agissent pas, on peut effectivement avoir des espèces qui disparaissent.
A : C’est un des rôles, une des responsabilités des photographes animaliers. Alors qu’ils vivent en ville ou à la campagne, ça reste quand même des animaux sauvages, et les photographier demande alors les mêmes techniques d’affût et d’approche, ou est-ce qu’il t’a fallu, je ne sais pas, inventer ou faire d’une autre façon d’approcher ou d’affûter ces animaux-là ? Ou est-ce la même chose qu’ils soient en ville ou en campagne ?
B : Alors il y a des espèces qui sont tout aussi craintives. Moi, en ville ou en campagne j’ai photographié l’épervier par exemple en plein centre de Paris, c’est des animaux qui étaient craintifs et qui faisaient très attention à la présence de l’homme. Maintenant je parlais du renard, j’ai plutôt fait, d’ailleurs je me suis imprégné d’un biologiste qui a bossé sur les suricates en namibie qui lui faisait de l’imprégnation, c’est-à-dire qu’il venait très très régulièrement faire tout le temps le même bruit sur les mêmes individus, et ces individus-là ne sont pas dépendants de quoi que ce soit, donc tu ne leur donnes pas de nourriture, mais ils sont complètement conscients que quand toi tu es là avec ce même bruit, ils ne craignent rien.
A : Ou la même odeur par exemple.
B : La même odeur. Moi j’ai vu des renards qui venaient vraiment vers moi, qui agissaient, d’ailleurs j’ai fait des comportements, c’est ce qui m’intéressait, j’ai fait des comportements territoriaux notamment parce qu’ils s’en fichaient éperdument de ma présence mais dès qu’il y avait une autre personne qui venait, un passant dans le cimetière, ils disparaissaient et réapparaissaient 5 minutes après.
A : D’accord. Alors en ville ça ne peut a priori pas poser de problème mais en campagne où il a la chasse par exemple est-ce que cette imprégnation ne peut pas poser problème où l’animal va se dire, tiens, une odeur humaine, je sais que ce n’est pas dangereux parce qu’il y a le photographe qui vient tous les jours, est-ce que ça ne peut pas être dangereux justement cette imprégnation dans certains cas particuliers ?
B : Oui, dans la nature, mais
A : Dangereux, enfin embêtant pour certaines espèces ?
B : Même en ville, tu vois, j’avais souvent ce discours par rapport aux renards encore une fois en ville, moi il m’est arrivé de donner quelques croquettes à des renards dans certains cas parce que je savais que ça allait aller beaucoup plus vite parce que notamment j’avais bossé pour Wild Wonders of Europe et il fallait que je fasse un truc en genre 10 jours, il fallait vraiment que j’aille très vite, donc c’est vrai que j’ai appliqué certaines règles auxquelles je ne suis pas d’accord avec moi-même, il fallait que je fasse ce job donc je l’ai fait, mais très clairement j’avais un discours qui était totalement inverse, c’est-à-dire qu’il ne fallait surtout pas commencer à habituer les individus à l’homme et notamment à les nourrir par exemple. Alors en campagne, c’est déjà plus compliqué parce que tu peux effectivement le faire mais tu as tellement de gens qui ne vont pas avoir le même comportement que toi, et puis effectivement tu as la chasse, etc., c’est déjà beaucoup plus difficile de faire ça, de l’appliquer mais c’est le cas dans le Grand Paradis par exemple, les gens ils vont faire pas mal le renard et ils viennent avec des sacs de croquettes et c’est clair qu’il y a de toute façon à chaque fois qu’on met le pied dans la nature, on a un impact plutôt négatif en règle générale.
A : Alors on va parler un peu plus technique, par rapport notamment à la nuit. On peut feuilleter tes articles, des extraits sur ton site de ton livre « safari urbain ». D’ailleurs je trouve le titre très bien choisi, safari urbain ça englobe tout, c’est très bien pensé. Et on voit pas mal de photos qui sont prises la nuit, dans une ambiance nocturne. Comment tu t’y es pris vraiment techniquement pour pouvoir retranscrire cette ambiance particulière de la nuit en ville, et en même temps je ne sais pas, ne pas avoir trop de grains, avoir le coup de flash qui casse l’ambiance ? Comment tu as fait pour réussir à faire ressortir l’ambiance lumineuse que toi tu vivais sur le moment ?
B : Ecoute, classiquement si tu veux, tu travailles tôt le matin, tard le soir, tu essaies d’avoir des ciels qui sont encore un peu chargés et qui sont encore un peu lumineux, tu essaies de mesurer tes flashs, tu essaies de mettre plusieurs flashs. Moi j’aime bien bosser au grand angle, donc soit je travaille à la barrière infrarouge, soit je travaille au déclencheur à distance, soit dans certains cas tu n’as même plus besoin de ça parce que, comme je te le disais, il y a certains animaux qui ne sont vraiment pas trop craintifs, donc en fait tu t’allonges et tu attends et ils vont passer. Mais c’est toute une mesure en fait, oui, des lumières que j’aime bien travailler pour retranscrire effectivement un aspect déjà nocturne mais encore avec un peu de lumière de fond, etc., qui retransmet aussi un peu l’aspect urbain, en l’occurrence là c’est ce que je souhaitais, il m’arrivait de mettre du gel sur les flashs pour essayer de retranscrire la même chaleur que les lampadaires, parce que ce n’est pas les mêmes teintes. Donc voilà, c’est toute une espèce de combinaisons de petites techniques qui vont faire qu’au bout d’un moment quand tu fais ça depuis des années, j’ai quand même bossé sur ce projet-là pendant près de 10 ans, tu finis par à peu près savoir comment gérer tes images.
A : C’est pas mal d’empirisme, c’est-à-dire que tu as testé, des essais, des erreurs, tu as essayé plein de choses à vide sur les animaux pour voir ce que ça allait donner et puis après tu as appliqué ça en situation réelle ?
B : Oui, et puis tu sais, moi je fais partie de cette génération, déjà, de la génération film, j’ai commencé, j’ai presque plus bossé en diapos qu’en numérique. Donc au début tu étais obligé de faire des tests, tu ne faisais pas ça sur le coup, donc c’est vrai que je faisais des tests, je faisais des premières images qui étaient ratées et puis tu avais le résultat une semaine voire 3 semaines après
A : Donc il fallait noter tes réglages, tout ça ?
B : Oui, j’avais un petit carnet, on prenait des notes, je prenais des notes sur tout ce que je faisais, l’inclinaison des flashs, la puissance, tel gel, tel objectif, tel ISO, tel ceci, tel cela. Donc je pense qu’il y avait une rigueur par contre que j’avais à l’époque et qui est maintenant beaucoup plus souple si tu veux. Donc c’est vrai que cette rigueur-là m’a probablement aidé à maintenant savoir à peu près ce que je fais, j’ai presque plus besoin de notes parce que le numérique est quand même beaucoup beaucoup plus simple.
A : Bien sûr. Alors tu as un projet plus récent qui concerne le lynx, tu as d’ailleurs sorti un livre il n’y a pas très longtemps qui s’appelle « Regards de lynx »
B : Il sort dans une semaine, là j’étais à l’impression.
A : D’accord. Aux éditions Slatkine, c’est ça ?
B : Oui. Editions suisses mais qui distribuent aussi en France et en Belgique.
A : D’accord. Donc ce livre-là c’est la compilation de beaucoup de temps de travail. De manière très générale qu’est-ce qui t’a attiré chez cet animal ?
B : Alors là par contre, comme je te disais au début, en tant que naturaliste je pense qu’il y a vraiment certaines espèces qui sont emblématiques, qui sont clairement emblématiques, qui sont des espèces qui sont, même si tu n’es pas forcément près, parce que tu vois, moi, en tant que Breton, je n’avais pas forcément l’occasion de croiser du lynx quand j’étais gamin. Mais le lynx, ça fait partie de ces animaux, tu te dis, si un jour je pouvais en voir un, ce serait extraordinaire. Et puis quand je suis arrivé en Suisse, presqu’une des premières choses que j’ai fait, parce que ça fait bientôt 10 ans que je suis là, une des premières choses que j’ai fait c’est de le chercher. Et quand on est arrivé dans ce petit village, donc ça fait maintenant 8 ans que j’habite là, en fait j’ai vu des traces assez rapidement, je me suis dit, ce n’est pas possible, il y a forcément quelque chose qui a été fait là-dessus. Et en fait je me suis rendu compte, tu vois, que les gens ils vont au kenya, ils vont en Inde, ils vont un peu partout pour essayer de photographier de belles espèces. Mais un peu dans l’esprit du safari urbain, je me suis dit, en fait il y a quelque chose à faire tout simplement sur cette espèce qui est extraordinaire, beaucoup plus compliqué forcément que de photographier des renards. Mais voilà, j’ai monté un projet, je me suis rapproché de scientifiques, ces gens-là en plus, je crois que j’avais un gros avantage, c’est qu’ils ont beaucoup aimé le safari urbain, justement ils aiment bien intégrer l’aspect humain avec la nature, je crois qu’ils ont été assez emballé par les conversations qu’on a pu avoir, ils m’ont dit, ce serait sympa qu’on puisse faire quelque chose.
A : Tu n’étais pas seul pour ça, tu t’étais vraiment
B : C’est vraiment un travail d’équipe.
A : Un travail d’équipe avec des scientifiques dont tu parles ?
B : Voilà. J’ai suivi les scientifiques, en fait je bosse encore avec eux sur les captures, sur les transferts, sur les translocations. Là où je suis un peu plus seul effectivement, c’est quand même d’essayer de le photographier, c’est-à-dire là les biologistes ne vont pas m’appeler en me disant, tiens, il y a un lynx qui est là, va le photographier, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Donc je suis quand même obligé, moi. Cependant je travaille avec les gens qui sont le plus, c’est vraiment des très grands spécialistes de cette espèce, Breitenmoser qui est le directeur du Kora, c’est un type ça fait 30 ans qu’il bosse sur cette espèce-là, c’est une référence mondiale. Donc forcément avec toutes les conversations qu’on a pu avoir, le temps que j’ai pu passer avec eux, etc., j’ai eu la chance de pouvoir profiter de leurs connaissances, si tu veux. Donc maintenant c’est vrai de, en tous les cas, de gagner pas mal de temps pour arriver à ce que je souhaitais faire.
A : S’attaquer à un tel monument de discrétion qu’est le lynx, c’est un sacré challenge. Et qu’on s’appelle Laurent Geslin ou pas, le lynx, lui, il s’en fiche. Alors quelles sont les choses indispensables à faire quand on souhaite photographier des espèces aussi farouches que ça, comme le lynx évidemment mais aussi les buses, les chats sauvages par exemple, une ou deux choses, tu l’as dit, évidemment aller vers des spécialistes, des scientifiques, mais il y a peut-être d’autres choses qu’il faut absolument faire pour pouvoir avoir une chance de le rencontrer, de le photographier, le lynx et d’autres espèces très discrètes ?
B : Je crois que c’est pas mal de temps sur le terrain sans l’appareil photo, et d’une, c’est-à-dire oublier un peu la photo au début et se dire je vais déjà essayer de comprendre un peu cette bestiole-là parce que, pendant les 2 premières années, je faisais beaucoup de, dès qu’il y avait de la neige, je suivais les traces, c’est un peu comme ça qu’on comprend un peu son mode de vie, son déplacement, des choses que je ne comprenais pas, pourquoi il fait ça, pourquoi il va là, etc. Et puis au fur et à mesure tu finis par comprendre un peu mieux le terrain, et puis de l’acharnement, je pense que c’est aussi, tu vois, moi j’aime bien les projets longs, j’ai mis 10 ans sur le safari urbain, je vais peut-être mettre plus de temps encore sur le lynx parce que même si le bouquin est sorti je vais continuer. Mais moi ce que j’aime en fait, c’est surtout comprendre jusqu’au bout et m’approprier vraiment un sujet. Je ne suis pas très bon, je ne suis pas très rapide, je suis un peu lent, je suis un peu feignant aussi, donc il me faut du temps en fait pour comprendre certaines choses. Et là en l’occurrence, j’ai l’impression de m’imprégner beaucoup plus de l’espèce, de mieux comprendre, et puis tous les jours j’apprends, tu vois il y a des choses, tous les jours j’apprends. Donc c’est vrai que si tu es très souvent sur le terrain, tu finis par comprendre un peu mieux le comportement de l’animal, tu vas finir par des fois, des fois non, pendant 6 mois, 8 mois, rien du tout, et puis tout d’un coup en un mois tu vas faire 3 obs extraordinaires, et puis là tu te dis, ça valait le coup. Donc je crois que c’est du temps, beaucoup de temps passé sur le terrain sans l’appareil, il faut parfois oublier l’appareil, et puis l’acharnement je crois.
A : Donc je retiens ce conseil-là, de se forcer à laisser l’appareil photo à la maison et de partir sans, dans l’optique j’observe, je regarde ce qu’il se passe et je comprends mieux le comportement de l’animal. En tout cas j’essaie un peu de voir ses faits et gestes si je peux le rencontrer.
B : Mais même si tu ne le rencontres pas, ce n’est pas la question de le rencontrer, là tu n’es pas dans une optique d’images, tu n’es pas dans un optique de le rencontrer, tu es dans une optique de comprendre. Donc en l’occurrence le lynx il a un énorme territoire, donc il faut essayer de comprendre comment il occupe son espace, quad est-ce qu’il occupe certains espaces par rapport à d’autres, et après tu te dis, voilà, théoriquement si je me mets là à telle période, tel moment, etc., là il y a peut-être une chance pour que je le vois.
A : Alors tu fais partie du projet Wild Wonders of Europe. Alors il me semble, je me trompe peut-être, que ce super projet ne connait pas en France le même succès, le même retentissement qu’il peut avoir dans d’autres pays anglo-saxons. Tu es d’accord avec moi ou non ?
B : J’avoue que je ne sais pas trop ce qu’il fait. Je n’ai pas trop suivi, une fois que qu’on a fait le projet. C’était un projet sympa, on a été au courant des expos qu’il y a pu avoir, des bouquins qu’il y a pu avoir, mais c’est peut-être un peu la limite de ces gros projets, c’est qu’ils ne peuvent pas avoir un suivi avec les photographes comme ils le souhaiteraient ou comme nous on le souhaiterait. Je sais qu’effectivement il y a eu de bons retentissements dans certains pays, peut-être un peu moins en France, peut-être parce que le mot Wild Wonders of Europe, ça fait un peu anglais, c’est peut-être un peu moins accessible. En tout cas pour moi, c’était une super aventure, c’était en plus un peu un privilège parce que j’ai côtoyé des photographes, des gens que je connaissais ou que je ne connaissais pas mais avec qui j’ai pu échanger, rencontrer. Et puis c’était un projet qui était vraiment très chouette.
A : Le principe en deux mots, c’était quoi exactement pour ceux qui ne connaissent pas ça ?
B : Tu avais une cinquantaine de photographes, on leur demandait d’aller, en tout cas chaque pays d’Europe devait être couvert, donc on essayait d’envoyer un photographe dans un, deux, trois pays différents, ou une ou deux missions, moi j’en ai fait cinq, j’en ai fait beaucoup, je crois que je suis un de ceux qui en ont fait le plus d’ailleurs, et on essayait un petit peu, si tu veux, de photographier des espèces qui avaient déjà été photographiées, ce n’est pas dans certains cas des espèces qui n’avaient jamais été photographiées, mais avec un œil un peu nouveau.
A : D’accord.
B : Et puis voilà. Donc moi j’avais fait l’Angleterre, j’avais fait l’Italie, j’avais fait la Moldavie qui est un superbe pays d’ailleurs, enfin un pays très intéressant, difficile, mais vraiment chouette à faire.
A : Très bien. Donc le site Internet existe toujours, donc on peut inviter les auditeurs à aller voir les résultats de ce projet-là, qui est très chouette, mais dont on n’a à mon avis pas assez parlé en France. Alors c’est une tradition maintenant sur le blog, tous les photographes que j’ai interviewés sont passés par là, je vais te demander de choisir une photo qui t’a marqué, qui t’a plus marqué que certaines autres et de nous décrire le making of, comment tu as fait pour aboutir à ce résultat-là, donc juste nous dire pourquoi cette photo-là plutôt qu’une autre et puis comment tu as fait en quelques mots pour l’avoir ?
B : Hou là, tu me prends de court. Une photo à moi en tout cas ?
A : Ah oui, bien sûr, une photo à toi. Ou celle qui a eu le plus de succès, je ne sais pas si on peut dire comme ça, où tu as eu de meilleurs retours.
B : Je ne sais pas si j’ai eu différentes choses, retours ou quoi de certaines images, parfois je te l’avoue, les images que je préfère, ce n’est pas forcément les images que le grand public préfère, donc c’est très subjectif tout ça. Peut-être il y a une image, que j’ai juste devant moi, tu vois, parce que je n’ai pas de tirage de mes images, j’en ai fait une seule, c’est la photo du cerf, un cerf en filet pendant le brame, il y a plusieurs années de ça, elle n’est pas toute jeune cette image, dans le sud de l’Angleterre, c’était à New Forest que j’avais fait cette image-là, et je trouve cette image, alors que normalement j’ai tendance à plutôt à avoir un œil critique sur mes images, je suis rarement content. C’est une image qui n’est pas du tout dans le style que je fais, flashé ni rien, grand angle, c’est vraiment 500 mm, c’était une approche que j’avais fait où j’avais vu une biche qui était assez craintive, je m’étais arrêté, elle me regardait et elle était en train d’essayer de quitter la harde en fait, et le mâle que j’entendais d’assez loin a vu ça, il ne m’avait pas vu, lui, et il est passé avec vraiment une espèce de tête très fière, l’œil vraiment inquiet, en train de surveiller la biche qui était en train de quitter la harde. Et c’est une image, si tu veux, en fait le brame du cerf, ça a été fait un milliard de fois, et c’est toujours un peu la même position du profil que je fais toujours si j’ai l’occasion, du moins c’est toujours un peu classique. Alors que là, on ressent dans cette image une certaine puissance de l’animal, les pattes sont quasiment toutes floues mais tu as une force, une puissance, le poil est beau, c’est une image que j’aime beaucoup, qui n’est pas forcément dans le style que je fais d’habitude mais que j’aime parce qu’il y a vraiment quelque chose qui se dégage de cette image-là, et d’ailleurs lui ne m’a même pas vu, il ne m’a jamais vu, il n’a jamais calculé, la biche, elle, clairement m’avait vu, c’est d’ailleurs pour ça qu’elle s’était arrêtée, mais lui ensuite est reparti en train d’aller gueuler bien plus loin. Voilà c’est une image que j’aime bien, souvent je me lasse de mes images au bout d’un moment, et celle-ci je continue de la regarder en me disant qu’il y a quelque chose qui se dégage.
A : Alors elle n’a pas la patte Laurent Geslin qu’on connait
B : Non.
A : Mais voilà, tu l’aimes pour le moment.
B : Mais c’est peut-être aussi pour ça. Si tu veux, les choses que je sais faire, ça m’impressionne moins. Mais les choses que je ne sais pas forcément bien faire et que je réussis à faire une fois, je me dis, tiens, ça c’est pas mal. Peut-être que je devrais bosser là-dessus.
A : Une dernière petite chose, les cerfs, les cervidés en Angleterre sont plus facilement approchables qu’en France ou non finalement ?
B : Ça dépend où tu vas, mais oui, il y a des grands parcs, alors il y a le fameux Richmond Park qui est carrément dans Londres où tu peux aller. Moi je n’y allais plus parce que d’abord je m’étais fait attraper par les gardes, parce qu’en réalité personne ne le sait mais c’est un parc royal et théoriquement tu as besoin d’un permis pour y aller et c’est ultra-cher, et moi en fait, c’est bien de faire l’accent français
A : Je ne savais pas.
B : Quand tu te fais attraper par un garde, i didn’t know, mais au bout d’un moment les mecs ils te reconnaissent, ils te disent, tu es gentil toi mais si on te revoit, on te file une prune. Donc je n’allais plus là mais j’allais à New Forest, il y a des secteurs qui effectivement sont sympas à New Forest, mais il y a d’autres secteurs qui sont vraiment chouettes parce que les gens ne connaissent pas en fait, il y a des rendez-vous où les gens vont tous au même endroit, où d’ailleurs le milieu est toujours un peu le même, mais il y a des endroits par contre où il y a très peu de gens. Les cerfs sont un peu plus craintifs mais ils ne sont pas forcément chassés, en tout cas ils sont quand même moins craintifs que là où je faisais mes premiers cerfs en forêt de Brocéliande, tu vois, c’est quand même différent. Donc oui, il y a certains secteurs. Mais d’une façon générale je n’aime pas trop, le problème si tu dis un endroit, si tu donnes un endroit avec les réseaux sociaux, avec toute la communication, tu vas avoir la saison d’après, tu vas avoir tous les photographes qui vont y aller et c’est peut-être un peu ce que j’évite. Donc moi j’y allais, j’y allais parce qu’il n’y avait quasiment personne à l’époque. Je sais que maintenant il y a certains copains qui ont fait des articles, qui ont donné les endroits et tout, oui forcément ceux qui n’ont pas le temps de faire du repérage, ils vont aller là-bas mais ce n’est pas forcément des endroits que maintenant je conseillerais.
A : Je te remercie infiniment Laurent Geslin, c’était très intéressant de t’écouter.

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Rendez-vous au festival Aves à Namur

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Nous vous attendons du 25 au 28 septembre au Fesival Aves, avec comme écrin, les églises et sites les plus prestigieux du Vieux Namur.
Voici la liste des invités des expos photos :

Fabrice CAHEZ (F) - renard, les yeux dans les yeux
Vincent MUNIER (F) - Solitudes
Sergey GORSHKOV (Ru) - Wrangel, perle de l’arctique sibérien
Franck renard (B) - Selkies. Créatures de l\\\'estran.
Caroline ANTAO (F) - Couleurs nature
Yvan BARBIER et Jean-Christophe GRIGNARD - Images science & nature
Geneviève BOLAND (B) - Emotion-Elle
André BUZIN (B) - Peintre de la vie sauvage
Françoise COUNE (B) - La Foulque macroule : oiseau connu et méconnu
Geoffrey GARCEL (F) - Mont Blanc, versant sauvage.
martin GERARD (B) - Couleurs Indonésiennes
Vincent GESSER (F) - afrique solitaire
Andre GILDEN (NL) - Nomads
Ludo GOOSSENS (B) - Hermine
Etienne HUBIN (B) - D’eau et de brume. A la recherche de l’éphémère…
Christian LAURENT (B) - AnimalAmbiances
Jean-François MARSALLE (F) - Le Grand Tétras - Pyrén...
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Image Nature vous offre votre entrée

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Image & nature vous offre une invitation gratuite au Salon de la photo 2014, du 13 au 17 Novembre prochain à Paris ! Rendez-vous sur http://www.invitationphoto.com/ avec le code IMNA14.
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Le Ministère en charge de lécologie… veut généraliser la chasse au loup Cherchez lerreur…

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Après avoir au fil des années élargi les conditions de sa destruction, cédant aux lobbies cynégétiques et agricoles, l’État en arrive aux solutions extrêmes au mépris des avis techniques et scientifiques. En effet, dans un arrêté du 5 août dernier paru le 14 août au Journal Officiel, le ministère en charge de l\'écologie ouvre la possibilité de tirs de loups lors de battues de chasse, alors que cette espèce est protégée par le droit international comme le droit français.

Avant ce nouveau texte il était déjà largement possible de tuer des loups (avec des armes de guerre, de jour comme de nuit, toute l’année, y compris en période de reproduction de l’animal dans les cas de tirs de défense …).
Ainsi, selon le protocole en vigueur, les éleveurs peuvent réaliser eux-mêmes des tirs de défense autour de leurs troupeaux.Ces tirs peuvent être réalisés par une dizaine de tireurs déployés aux alentours du troupeau dans le cadre des tirs de défense renforcée. Les tirs de prélèvement, qui ne s...
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Problème informatique

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Un problème informatique a fait perdre à une des journaliste de la rédaction tout son ordinateur et ses contacts.Si vous avez un sujet, un dossier ou un mail en attente, merci de le renvoyer pour Image & nature à : marie-emilie@image-nature.com et pour nature en France marie-emilie@nature-en-france.com
Pour annoncer vos EXPOS, CONCOURS et stages à partir d‘octobre : marie-emilie@image-nature.com
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5 conseils pour photographier en basse lumière

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Photographier les animaux en basse lumière

Avez-vous déjà essayé de photographier les animaux à la nuit tombée ? D’attendre que le soleil se couche ? De voir ce qui se passe dans la nature quand tout le monde rentre chez soi ? D’écouter les sons de la nature qui reprend ses droits ? C’est une expérience que nous ne prenons plus le temps de vivre, nous, humains entourés de confort. Et c’est bien dommage ! Car nous passons à coté de sentiments et sensations incroyables. Mais aussi parce que photographier les animaux au crépuscule (ou au petit matin) vous permet d’élargir votre créativité et votre champ d’action.

Mais bon. Il ne suffit pas de se dire « ce soir je photographie le lapin (ou le blaireau, ou le renard, ou ce que vous voulez) » pour que ça marche. Vous devez comprendre que la photographie animalière avec peu de lumière obéit à des règles bien particulières !

5 règles que je vous explique ici. Vous verrez, rien de sorcier, mais comme d’habitude, il faut le savoir ! Ne croyez pas que vous pourrez tout trouver tout seul : d’autres sont passés par les mêmes difficultés que vous (moi par exemple !) alors profitez de leur expérience !

Tous les conseils que vous allez lire tirent tous dans le même sens : contrer l’absence de lumière pour permettre au photographe que vous êtes d’obtenir une photo d’animal nette et figée. J’exclue donc ici tout type de réglages visant à réaliser des effets esthétiques.

Vous allez donc apprendre à régler votre appareil pour avoir des animaux nets et figés dans l’action malgré la faible luminosité. Cool !

Conseil 1 : L’ouverture

Quand vous photographiez les animaux en basse lumière (et n’importe quoi d’autre d’ailleurs) la première chose à faire est d’ouvrir le diaphragme le plus possible. Petit rappel : grande ouverture = petit nombre (comme f/4 par exemple). En opérant ainsi, vous laissez entrer dans l’objectif, et donc sur le capteur, un maximum de lumière. Et plus la quantité de lumière entrante est grande, plus votre vitesse d’obturation est élevée (ou le temps d’exposition est court). Ce faisant, l’animal photographié le sera à une vitesse suffisante pour figer son mouvement.

Evidemment, vous êtes limitez physiquement par votre objectif photo ! Regardez ce qui est écrit dessus : si c’est ça f/5.6 alors l’ouverture la plus grande ne pourra pas descendre en dessous de cette valeur … à moins de changer d’objectif !  5 conseils pour photographier en basse lumière

L’idée à retenir : ouvrez au maximum ! (petit chiffre d’ouverture)

blaireau 1 1 5 conseils pour photographier en basse lumière

© Régis Moscardini – Un blaireau à la nuit tombante EXIFS : 1/180 – f/5.6 – 800 ISO

Sur cette photo, notez comme les yeux du blaireaux manquent de netteté. Il se grattait et à 1/180, c’était trop juste ! La vitesse n’était pas suffisante.

Conseil 2 : La sensibilité

Malgré votre bonne volonté (et surtout votre grande ouverture), il arrive bien souvent que ça ne suffise pas. Pas d’inquiétudes, il n’y a pas que le diaphragme en photo il y a aussi les ISO ! Et c’est à mon sens le plus grand avantage du numérique sur l’argentique : pouvoir changer de sensibilité à l’infini selon la situation.

Quand les conditions sont top, votre reflex est réglé sur 100 ou 200 ISO n’est-ce pas ? Mais en cas de faible lumière, vous devez monter en sensibilité. Les reflex de dernière génération sont capables d’aller jusqu’à 3200 ISO tout en délivrant des images très correctes. Au-delà, le bruit numérique est trop présent et dégrade la qualité de l’image.

Donc, quand le soleil n’est pas là pour apporter assez de lumière, c’est votre reflex qui va prendre le relais et palier ce manque. Et c’est vous qui lui demandez ça en réglant une sensibilité haute de sorte que la vitesse d’obturation soit suffisante.

Avec votre bouton ou votre molette idoine, augmentez la sensibilité et observez ce qui se passe sur la vitesse … ça devrait augmenter (sinon, envoyez le vitre votre appareil au SAV  5 conseils pour photographier en basse lumière )

Conseil 3 : Shootez en rafale !

J’ai dit que le numérique avait révolutionné le réglage de la sensibilité. Mais il a aussi radicalement changé notre façon de photographier ! Le coût d’un déclenchement numérique est de 0€ ! Donc ne vous privez pas !

Je fais une petite parenthèse pour vous raconter ma vie :-). J’ai récemment fait l’acquisition d’un 50 mm f/1.8. Je m’amuse comme un petit fou avec ! Je fais du portrait de mes filles à longueur de journée. Et bien vous savez quoi ! Depuis que je me force à faire systématique une série de 3 ou 4 photos en rafales , j’ai observé que j’ai augmenté considérablement mes chances d’avoir une photo sympa ! Oui, c’est vrai que j’ai toujours une tête aux yeux fermés, un sourire pincé, mais j’ai aussi la tête parfaite !

J’en viens donc à la photo animalière en basse lumière : c’est pareil ! En choisissant le mode rafale (et surtout en photographiant en rafale) vous augmenterez vos chances d’avoir une bonne photo nette dans le lot. Pour ma part, je prends une rafale de 3 ou 4 photos. Car n’oubliez pas que derrière il faut aussi trier !

blaireau rafale 5 conseils pour photographier en basse lumière

© Régis Moscardini – Avec ces 3 clichés pris en rafale j’augmente mes chances de réussite !

Conseil 4 : Jouez de la correction d’exposition

Je vous livre une astuce que j’ai découvert tout seul (je n’ai pas dit le premier hein !  5 conseils pour photographier en basse lumière ). Pour gagner encore un cran de vitesse – car oui, parfois on est au palier de vitesse près et si je peux passer de 1/125 à 1/160, je ne me prive pas – j’effectue une correction d’exposition de -1IL (ou EV).

C’est à dire que je vais demander à l’appareil de faire la mesure d’exposition plus sombre qu’il ne l’aurait fait normalement. Et pour arriver à ce résultat, le reflex, à ambiance lumineuse et à ouverture égale, va augmenter sa vitesse d’obturation pour faire rentrer moins de lumière et avoir une image plus sombre, comme je lui ai demandé !

Donc, oui, mon image sera un peu sous-exposée, mais j’aurais plus de chance d’avoir mon sujet nette ! Et puis, entre nous, un petit coup de Lightroom pour augmenter la luminosité et on en parle plus !  5 conseils pour photographier en basse lumière

lapins1 1 5 conseils pour photographier en basse lumière

© Régis Moscardini – Pour cette photo j’ai utilisé toutes les astuces de cet article ! Pour avoir une vitesse de … 1/10 !!

Conseil 5 : Dézoomez !

Avez-vous remarqué que sur votre 18-55 mm vendu avec votre reflex l’ouverture maximum étant différente selon la focale utilisée ? A 18 mm vous ouvrez à f/3.2 et à 55mm vous n’ouvrez plus qu’à f/5.6. C’est parce que le zoom « mange » de la lumière ! Je le dit autrement : plus vous avez une grande focale ( 300 mm, 400 mm, 500 mm) plus les lois optiques contraignent l’objectif dans son ouverture. C’est comme ça et vous n’y pouvez rien !

Conclusion : si vous manquez (encore) de vitesse, ne shootez pas à fond de 300 mm mais dézoomez à 200 mm pour gagner un cran d’ouverture. Et puis une photo d’animal au cadrage moins serré, ça a du bon aussi !

lapins 1 5 conseils pour photographier en basse lumière

© Régis Moscardini – J’ai dézoomé ici pour être à 150 mm et donc pouvoir ouvrir à f/4.5 au lieu de f/5.6 à 300 mm !

Comment savoir que j’ai la bonne vitesse ?

Il y a deux types de flou de bougé :
- le flou de bougé fait par le photographe
- le flou de bougé de l’animal.
Pour éviter le premier, vous devez appliquer cette règle : la vitesse d’obturation doit être au moins égale à la focale utilisée. C’est à dire qu’avec un 70-200 mm à 200 mm, shootez au moins à 1/250. Au 300 mm, cette vitesse ira aussi à condition d’être bien stable (collé contre un tronc par exemple)

Pour ne pas avoir le second type de flou de bougé (celui de l’animal), c’est à dire pour figer l’animal, vous êtes quasi certain d’y parvenir à 1/250.

La vitesse d’1/250 est donc celle à aller chercher. En basse lumière, c’est tout à fait possible d’y parvenir. Il suffit de jouer avec toutes ces astuces !

Mettez votre grain de sel ! Partagez vous aussi votre astuce pour photographier en basse lumière.

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Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey jeunes photographes animaliers

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Régulièrement je reçois des mails de lecteurs du blog pour me suggérer d’interviewer tel ou tel photographe animalier. Et, parmi ces propositions, figurent en bonne place celles de jeunes photographes animaliers. Voici le mail par exemple d’un des lecteurs du blog, Rémy :

A mon tour de vous présenter un site (suisse) de passionnés de photo (et d’aquarelles) de nature. Ils éditent également un bulletin illustré superbement bien conçu : chnature. Il s’agit des jumeaux Etienne et Sébastien Francey, domiciliés à Cousset (Suisse, proche de Payerne et de Fribourg). Ces deux jeunes de 16 ans collectionnent déjà de nombreuses distinctions depuis et ont une réputation très étendue. Leur site internet, à cette adresse – http://www.chnature.ch – présente leurs travaux et comme vous, je pense qu’ils méritent un large soutien et une publication plus vaste.

Avouez qu’un tel mail ne pouvait me laisser insensible ! Alors dans la foulée j’ai contacté les frères Francey et voilà donc pourquoi vous êtes sur le point de les écouter !

Sébastien et Etienne Francey, deux jeunes photographes animaliers

Je laisse le clavier aux frangins le temps de leurs présentations  [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

Etienne Francey

Né en 1997, Etienne est depuis tout petit attiré par l’image et les appareils photos.
Tellement passionné qu’il fit l’achat d’une petite caméra en 2006, sans l’idée de filmer les animaux. Il ignorait encore la beauté de la nature. C’est lors d’une promenade qu’il aperçut un pic dans un arbre. Armé de son caméscope, Etienne put le filmer mais il n’avait malheureusement pas pris son trépied. Il fut frustré car la vidéo était de très mauvaise qualité avec beaucoup de flou de bougé. Il fallait donc qu’il y retourne pour améliorer la prise.

En voulant persévérer, il a fini par y prendre goût au point de ne plus pouvoir s’en détacher…

Son grand-père Marcel lui a enseigné les secrets de la nature, fait découvrir les oiseaux de son jardin –dont ils avaient compté 22 espèces- lui a appris le fonctionnement de son appareil argentique tout comme ses objectifs.

Il a appris au fil du temps à comprendre le fonctionnement de chaque espèce. Il pense que l’on apprend mieux sur le terrain en enchaînant les sorties, plutôt que de potasser des livres. Et depuis, il s’intéresse à tous les sujets, tant à la faune qu’à la flore.

Etienne a un immense besoin de créer et n’aime pas la facilité. C’est pourquoi il se sent irrésistiblement attiré par l’animalier. Remplir toutes les conditions pour faire une bonne photo ne lui arrive que très rarement. La bonne lumière, le cadrage, la composition, l’arrière-plan, l’originalité, la mise au point et bien d’autres, la tâche est compliquée, et c’est ce qu’il aime.

Avec le temps, il a développé une passion pour le côté graphique et artistique qu’il essaie d’intégrer au mieux dans ses prises de vues.

Il publie ses dernières images notamment sur son site web etiennefrancey.ch, mais aussi sur 500px.com/etiennefrancey.

Depuis 2007, il crée le magazine « chnature » avec son frère jumeau Sébastien, où ils font photos, textes, mise en page, etc… L’abonnement annuel est de 32,00 CHF (pour la Suisse) ou 33,00 € (pour la France), 6 numéros par année.

Pour découvrir ses photos, voici son site internet

Sébastien Francey

Sébastien a commencé la photographie en 2008, à l’âge de onze ans. Au début, cette activité était un simple hobby. Au fil des jours, des semaines et des mois, ce passe-temps s’est transformé en une véritable passion. Lors de ses premières sorties, le jeune photographe n’était pas un spécialiste de la technique ni un bon naturaliste mais le meilleur moyen de se perfectionner, c’est de pratiquer, toujours pratiquer… Actuellement âgé de 17 ans, il immortalise notre nature avec son propre style, cherchant continuellement des compositions inédites et artistiques.
Sa page Facebook 

Pourquoi ils sont à découvrir

Pour deux raisons.

La première est leur talent photographique. Je ne sais plus trop ce que je faisais à 16 ans … certainement pas de la photo à un tel niveau ! Puisque qu’une image vaut mille, et c’est encore plus valable ici, voici un florilège de leurs photos.

 [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

© Etienne et Sébastien Francey

 [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

© Etienne et Sébastien Francey

 [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

© Etienne et Sébastien Francey

 [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

© Etienne et Sébastien Francey

francey 5 583x585 [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

© Etienne et Sébastien Francey

Je n’ai pas oublié la seconde raison : Etienne et Sébastien sont carrément les éditeurs d’un magazine papier de photographie nature ! Oh, pas un mensuel comme Images et nature de 120 pages. Mais tout de même, un vrai et beau magazine que vous recevez chez vous régulièrement. A condition d’y être abonné évidemment.

Le mieux est d’aller sur leur site de présentation directement ici : découvrir le magazine

Voici également extrait en PDF : télécharger l’extrait

Vous avez vu ? C’est très pro, très propre, très beau. Et je vous le rappelle … ils n’ont que 17 ans !!!

Alors faites comme moi … abonnez-vous !  [Podcast] Interview de Sébastien et Etienne Francey : jeunes photographes animaliers

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A : Régis Moscardini

B : Etienne Francey

C : Sébastien Francey

A : Bonjour Etienne Francey, bonjour Sébastien Francey. Je vous remercie tous les deux d’avoir accepté mon invitation pour cette interview.
B : Merci à toi.
A : Alors on va commencer avec Etienne. Alors j’avoue que je ne te connaissais pas il y a encore quelques semaines et c’est sur les recommandations d’un lecteur du blog Auxois nature que je t’ai découvert, toi et ton frère. Alors avant de parler de votre superbe magazine naturaliste Chnature, est-ce que tu peux te présenter Etienne en quelques mots, s’il te plait ?
B : Alors j’ai 17 ans, j’ai commencé la photo en 2007 avec un petit reflex numérique D40X. Donc au départ c’était vraiment très amateur, en fait je n’y connaissais rien du tout. Et puis petit à petit j’ai été regardé sur Internet, j’ai connu des photographes et c’est comme ça que j’ai progressé. Et en ce moment je suis étudiant au gymnase.
A : Alors ce que tu appelles gymnase, pour les Francophones, en tout cas pour les Français et ceux qui habitent en France métropole, gymnase on ne sait pas ce que c’est en fait, c’est quoi ?
B : C’est le lycée je pense.
A : Ah d’accord. Tu appelles ça gymnase très bien. En gros, tu es lycéen pour nous Français, et chez toi en Suisse on dit gymnase ?
B : Exactement, oui.
A : Ok. Super. Donc tu es tout jeune, tu as débuté la photo en 2006-2007 soit à dix ans à peine je crois.
B : C’est ça.
A : Alors moi à dix ans moi je pensais plus à jouer, et la photo animalière je ne savais même pas que ça existait. Comment tu expliques de t’être passionné si vite pour la photo animalière ?
B : Je me souviens étant petit, j’avais fait un camp d’été, et puis on faisait des films. Là j’avais bien accroché en fait à la caméra et tout. Et donc arrivé chez moi, j’ai voulu m’acheter une caméra et j’ai commencé à faire des petits films de ma famille, comme ça autour de chez moi. C’est une fois en allant en forêt j’ai filmé un pic, je ne savais pas du tout ce que c’était
A : Tu ne connaissais pas l’oiseau en fait ?
B : Non, pas du tout. C’est juste que je l’ai vu, il était là alors je l’ai filmé, je n’avais pas de trépied, alors ça bougeait énormément. Alors les jours d’après je suis retourné pour essayer de le revoir, c’est comme ça que petit à petit je suis arrivé dans l’animalier.
A : Donc c’est peut-être ton très de caractère assez persévérant qui fait que tu es retourné sur le lieu, parce que tu aurais pu te dire, je n’ai pas réussi, c’était mauvais, tant pis, je fais autre chose. Alors que tu as voulu faire l’inverse et tu es retourné sur le lieu pour mieux faire ?
B : Voilà, exactement. Moi je n’aime pas quand c’est mal fait.
A : D’accord. Donc c’est plutôt un trait de caractère et qui t’a en l’occurrence bien servi pour la photo animalière.
B : Oui.
A : Ça te sert encore, ça justement, cette persévérance que tu as ?
B : Oh oui, parce que j’ai toujours envie d’améliorer mes prises de vue continuellement.
A : Donc tu es un éternel insatisfait finalement ?
B : Exactement.
A : D’accord. Donc tes galeries photos, et donc ton site, sont vraiment très belles. J’invite d’ailleurs vraiment ceux qui nous écoutent à aller le voir, c’est bien etiennefrancey.ch ?
B : Oui.
A : Alors la chose qui me frappe, c’est l’ambiance douce de tes images, il y a un côté pastel que j’aime beaucoup, notamment, alors il y en a d’autres comme ça, mais la photo de muscardin que tu as d’ailleurs nommé « Moissons d’or » représente bien ça. C’est un peu ta signature artistique, j’ai l’impression, non ?
B : Alors j’aime énormément le pastel, j’essaie de faire un maximum de photos dans ces teintes justement, donc souvent surexposées un petit peu. Mais ce n’est pas toujours possible de faire toutes les images comme ça, mais la majorité j’essaie de les faire justement dans cette ambiance.
A : Donc j’allais te demander justement comment tu faisais pour avoir ce rendu particulier, mais ce n’est vraiment pas pour te faire offense que je te demande ça, mais j’imagine qu’on a déjà dû te poser la question, et puis tout le monde se la pose aussi, même pour d’autres photographes et d’autres types de photos, mais est-ce que tu utilises le post-traitement, on l’utilise tous de toute façon pour améliorer le piqué, un petit peu le contraste et ce genre de choses, mais toi est-ce que tu as un traitement plus poussé justement ou c’est vraiment à la prise de vue que tu arrives à avoir ce rendu-là ?
B : Souvent, il y a beaucoup à la prise de vue, je fais très attention au fond, que ce soit un fond clair et pas sombre, ça c’est plus facile, et oui je post-traite aussi un petit peu mais ce n’est pas jusqu’à dénaturer totalement l’image.
A : D’accord. Il n’y a rien d’artificiel et tout est naturel évidemment. Et donc, je ne sais pas si c’est un secret, en tout cas l’astuce que tu utilises c’est d’avoir un fond clair, tu surexposes un petit peu ?
B : Voilà. Eventuellement le d-lighting de nikon aussi.
A : Alors c’est quoi cette technique ?
B : Alors c’est une fonction sur le boitier qui consiste à équilibrer les zones claires et les zones sombres directement.
A : Alors surexposer un petit peu, évidemment ça demande un temps d’exposition un petit peu plus lent, un petit peu plus long. Pour avoir des photos nettes, il faut justement un temps d’exposition plutôt court, plutôt rapide. Comment tu fais justement pour prendre en compte ces deux contraintes-là ?
B : Alors souvent je ne fais pas les photos dans un milieu sombre, j’évite d’aller en forêt, d’ailleurs j’ai très peu de photos d’animaux en forêt, mais je reste plutôt dans des milieux très clairs comme dans les prairies.
A : Parlons un peu de ton matériel. Alors quand je vois tes images, je me dis que tu dois avoir un gros 500 millimètres pour avoir des portraits d’animaux sauvages comme tu fais, je pense d’ailleurs à une grande aigrette que tu as faite, et en fait non le maximum que tu as c’est un 300 millimètres F4, et puis des objectifs macro aussi. Mais pas de gros cailloux type 500 millimètres. Alors comment tu fais pour avoir une telle proximité avec la faune sauvage sans avoir de gros téléobjectif ?
B : J’ai commencé avec un boitier petit format, donc avec un 300 millimètres, en fait ça faisait déjà presque 500 millimètres donc pour ça, ça ne posait pas de problème. Maintenant je me suis acheté récemment un D800, ça c’est un boitier plein format, donc ça fait vraiment 300 millimètres et là j’ai remarqué qu’il y avait une différence de zoom, je dois bien plus approcher l’animal et souvent j’ai plutôt une ambiance de l’animal dans le décor.
A : Ça c’est important. On est pas mal de photographes à ne pas avoir de 500 millimètres parce que ça coûte très cher, on peut avoir un 300 millimètres comme toi. Et tu as dit le mot important, je trouve, c’est le mot ambiance. Plutôt que rechercher vraiment le gros plan, il vaut mieux privilégier une ambiance, c’est ce que toi tu fais particulièrement bien, justement.
B : Oui, depuis que j’ai justement ce boitier plein format, j’essaie de plutôt faire l’animal dans son décor.
A : Qu’est-ce que tu privilégies, toi, plutôt pour tes photographies de mammifères et d’oiseaux, plutôt la billebaude plutôt l’affût, tu te tournes plutôt vers quoi ?
B : Je fais très peu d’affût en fait parce que je n’aime pas trop attendre, je pense qu’à chaque fois l’animal il passe juste plus loin, alors j’ai toujours envie de sortir de l’affût et d’aller voir. C’est pour ça que je ne fais quasiment pas d’affût en fait, je fais plutôt de l’approche.
A : D’accord. Alors moi ce serait plutôt l’inverse, je préfère l’affût parce que justement attendre ça ne me pose pas de problème mais je trouve très bien de ta part d’être franc là-dessus parce qu’on dit souvent que la photo animalière c’est l’école de la patience, il faut être patient. Et toi tu dis clairement que tu ne l’es peut-être pas suffisamment, donc l’affût tu le mets plutôt de côté, et la billebaude, donc l’approche c’est ce que tu pratiques le plus ?
B : Oui, exactement. Moi, j’aime bien marcher, me promener et faire ce que je veux en route.
A : D’accord. Par contre ça demande quand même une grande connaissance de la faune parce qu’on sait très bien que les animaux dans nos contrées à nous, en tout cas en Europe, sont très farouches, ils ont peur de l’homme. Quelles précautions tu prends pour pouvoir quand même approcher, en plus tu n’as qu’un 300 millimètres, quelles précautions tu prends pour pouvoir approcher suffisamment la faune sauvage ?
B : Tout d’abord il faut bien regarder l’horizon quand on avance, ne pas faire peur à l’animal quand on marche, et puis après c’est vraiment aller tout doucement accroupi, il faut chercher des haies où on peut approcher par derrière, et puis j’ai un filet de camouflage aussi, donc ça, ça aide vraiment.
A : D’accord. Donc ce n’est vraiment pas de la balade et de la randonnée habituelle, c’est vraiment une pratique particulière. Parce que tu fais des pauses souvent j’imagine ?
B : Oui.
A : Quel est le temps, la météo à privilégier justement pour pouvoir être le plus discret possible, il y a des conditions, toi, que tu privilégies pour faire l’approche ou la billebaude ?
B : Moi, j’aime bien toutes les conditions, la neige, le soleil, la pluie, donc je vais vraiment par tout temps, donc je n’ai pas vraiment de météo favorite.
A : D’accord. Est-ce que tu fais attention au vent particulièrement ?
B : Oui, je regarde souvent dans quel sens va le vent. Après je ne peux pas forcément changer mon itinéraire donc je fais comme je peux. Pour un chevreuil bien sûr je fais très attention mais si je vais dans le but de photographier un oiseau, je ne vais pas regarder le vent.
A : Là, ce n’est pas très important, ils ne sont pas très sensibles à ça. Mais par contre tu es prêt à faire un gros détour s’il le faut pour pouvoir longer par exemple une haie plutôt que de couper une prairie parce que tu seras plus cacher par la haie, ça tu feras ça, des gros détours par exemple ?
B : Oui, ça ne me pose pas de problème de faire des détours.
A : Alors dans ta biographie, sur ton site Internet, j’ai lu que tu préfères passer plus de temps sur le terrain plutôt que de potasser les livres. Est-ce que c’est le conseil numéro un que tu pourrais donner à ceux qui débuteraient la photo animalière ?
B : Je pense que oui, parce que moi personnellement, en lisant je n’arrive pas vraiment à me rendre compte de ce que l’on peut vivre en tant que photographe animalier, c’est surtout quand j’ai commencé la photo en allant sur le terrain que j’ai vraiment ressenti les émotions et que j’ai su comment il fallait faire.
A : D’accord. Par contre la technique photo, je veux dire, savoir choisir la bonne ouverture, la bonne vitesse, la sensibilité, la profondeur de champ, tout ça, tu l’as appris aussi sur le terrain ou tu as lu des livres ou on t’a conseillé, comment ça s’est passé ton apprentissage dans ce domaine ?
B : J’avais mon grand-père qui faisait de la photo argentique d’insectes, d’étoiles, lui m’a tout expliqué comment fonctionnaient les objectifs, justement l’ouverture, le diaphragme, le temps de pose, donc là j’ai eu de la chance d’avoir un grand-père connaisseur.
A : Alors tu as eu des photos primées à des concours prestigieux comme Montier-en-Der ou le célèbre Wildlife photographer of the year. Est-ce que de telles distinctions sont un tremplin pour un jeune photographe comme toi, ça t’ouvre des portes ou pas du tout, finalement ça n’a pas trop changé ta pratique ?
B : Je dirais que ma pratique elle n’a pas tellement changé. Après j’ai eu beaucoup de demandes d’interviews dans les journaux, comme ça. Je suis un petit peu plus connu dans le monde de la photographie mais sinon ça n’a quasiment rien changé, non.
A : Voilà, ça n’a pas vraiment bouleversé ton quotidien de photographe ?
B : Non.
A : Est-ce que tu encourages, alors quand je dis les jeunes photographes, toi tu n’as que 17 ans donc tu es encore dans la catégorie jeunes photographes, mais il y en a de plus jeunes ou peut-être pas bien plus jeunes, mais qui se lancent là-dedans et qui ont envie aussi d’un peu percer et de se faire connaitre, est-ce que tu leur conseilles de participer à de tels concours ?
B : On n’en a pas souvent parlé mais c’est sûr que participer à un concours, c’est un peu de reconnaissance du travail qu’on fait, donc je trouve que ça met en valeur notre travail, c’est bien pour progresser.
A : Quand tu participes à un concours, tu vas faire une photo pour un concours ou c’est que tu as fait une photo, tu la trouves très bien, tu as de bons retours et tu la proposes pour un concours. Quelle est ta démarche par rapport à ça ?
B : Alors je ne fais jamais une photo pour un concours. Au cours de l’année je fais mes photos et à la fin je choisis uniquement les meilleures pour le concours.
A : Etienne, avant de passer à votre magazine, à toi et à ton frère, tu ne pourras pas échapper au rituel de l’émission. J’aimerais que tu nous fasses le making of d’une de tes images et j’ai choisi celle du muscardin, on en a un tout petit peu parlé en début d’interview. Alors elle a été primée, celle-ci. Est-ce qu’on peut en savoir plus sur les détails justement de la prise de vue ?
B : Alors une fois de plus, c’était en billebaude, un soir d’été, je crois que c’était le 17 juillet 2012, et puis c’était juste avant le coucher du soleil, j’avançais, je me promenais, puis j’arrive au bord d’un champ de blé et je vois une petite boule collée contre un épi, alors au 300 millimètres je regarde, je n’arrive pas à bien voir ce que c’est, je trouve ça bizarre
A : Je te coupe, mais tu n’as pas de jumelles en fait ?
B : Non.
A : Donc là tu n’as jamais de jumelles, ou là particulièrement tu n’en avais pas ?
B : Non, je n’en ai jamais.
A : Donc pour pouvoir savoir ce que tu as au loin, tu prends en photo, tu regardes au 300 millimètres et après tu peux croper, tu zoomes, c’est ça ?
B : Oui, exactement. Alors là, je n’arrivais pas à voir ce que c’est, alors j’approche, j’approche, j’approche, et puis j’arrive tout près, je vois que c’est un muscardin. Alors il était occupé à grignoter, alors je fais quelques pas très doucement, puis je me mets accroupi, et puis je mitraille carrément parce que je sais qu’il ne va pas faire très long. Puis il finit de grignoter son grain, il redescend le long de l’épi, et puis après je ne l’ai pas revu.
A : Donc ça a été assez vite finalement.
B : Oui.
A : Donc ce n’est pas une séquence photo où tu es revenu plusieurs jours avec un affût pour pouvoir le prendre en photo, c’était vraiment au cours d’une billebaude ?
B : C’était vraiment un pur coup de chance.
A : Enfin pur coup de chance, oui et non, c’est toujours pareil, il fallait quand même que tu sois là, que tu fasses la billebaude, que la lumière c’est une lumière douce de fin de journée ?
B : Oui, c’était juste avant le coucher du soleil, je crois, vers 20h30.
A : Tu privilégies ces moments-là ?
B : J’aime bien le coucher du soleil, oui.
A : Plutôt qu’en début de journée ?
B : Disons qu’il faut se lever le matin et que je ne suis pas toujours disponible.
A : D’accord, je comprends. Surtout que le matin l’été, c’est beaucoup plus dur. Et donc le soir, par contre tu vas sur le terrain parce que la lumière est plus sympa et que l’activité des animaux est quand même plus importante ?
B : Disons que c’est le seul moment de la journée à part le matin où il n’y a pas une lumière trop dure, oui j’aime bien aller le soir.
A : D’accord. Est-ce que tu as su tout de suite que tu avais fait une belle photo ou pas vraiment ?
B : Sur le moment non, je n’ai pas trouvé ça terrible parce que je ne suis pas tellement rongeur en photo. Et puis arrivé à la maison, j’ai montré la photo à ma maman, elle était très enthousiaste en voyant l’image, donc petit à petit j’ai commencé à l’apprécier.
A : Là, pour le coup, tu n’avais pas de grandes connaissances naturalistes sur le muscardin ?
B : Non, effectivement je ne connaissais pas beaucoup ce qui était rongeur.
A : D’accord. On dit souvent qu’il faut bien connaitre l’animal au niveau naturaliste pour savoir son comportement, comment il va faire, mais là tu as vraiment profité d’un moment particulier pour avoir cette prise de vue-là ?
B : Etant donné que je n’ai pas dû le chercher et tout ça, qu’il m’est entre guillemets tombé dessus, je n’avais pas besoin de connaissances naturalistes sur le muscardin.
A : Est-ce qu’après, sur le coup tu t’es dit, tiens c’est vraiment sympa comme animal, je veux en savoir un peu plus ?
B : J’ai essayé de le revoir plusieurs fois mais je ne suis jamais retombé dessus.
A : Tu n’as jamais réussi à l’avoir en fait ?
B : Non.
A : Passons à votre magazine, donc à toi et à ton frère, qui s’appelle Chnature, un magazine naturaliste. Tout d’abord j’aimerais que tu présentes ce magazine, toi ou Sébastien, peu importe.
B : Bah, Sébastien !
C : C’est un magazine qui a été créé en 2007, donc la même année qu’Etienne a commencé la photo animalière. Donc c’est un magazine qui présente la faune locale de Suisse, qui est dédié à tout public, donc il y a des très jeunes qui sont abonnés et des gens un peu plus âgés. Le magazine fait une vingtaine de pages, il est publié tous les deux mois. Et chaque fois en fait on a un fil rouge, on choisit un sujet et on développe un sujet.
A : Alors, explique-nous la genèse d’un tel travail. Qu’est-ce qui vous est passé par la tête en 2007 à l’âge de 10 ans pour se lancer dans une telle aventure ?
C : Alors, déjà depuis tout petit on aimait bien la nature, et en 2007 je voulais créer une association, mais c’était vraiment familial, c’était PAM, protection des animaux du monde, et puis j’ai demandé à Etienne de faire un prospectus pour faire connaitre un peu mon journal, enfin mon journal, mon association plutôt. Et Etienne m’a proposé de faire un journal, justement. Au début c’était vraiment enfantin, c’était quelques pages, c’était du copier/coller d’Internet ou des livres, je nous vois encore avec les livres de la bibliothèque, le tout premier c’était sur l’hermine, c’était nos racines, maintenant c’est un de nos animaux préférés. Et puis avec le temps ça s’est développé, et puis maintenant c’est devenu ce que c’est.
A : Maintenant c’est vraiment du contenu exclusif que vous, vous créez de A à Z ?
C : Voilà, c’est nos photos, c’est aussi important pour nous, c’est tout maison, les textes, les photos, les dessins, la mise en page, tout ça.
A : C’est un travail en commun, en duo, main dans la main, avec toi et ton frère jumeau ?
C : Voilà, exactement.
A : D’accord. Ça doit demander un travail colossal parce que écrire, mettre en page, imprimer, envoyer, prendre les photos. Ça vous demande, à la louche comme ça, combien de temps de travail, peut-être pas par jour, mais par semaine en moyenne, comment vous arrivez à faire ça ?
C : Disons qu’on n’a jamais compté, c’est difficile à dire en fait, c’est en rentrant de l’école ou bien les week-ends, on n’a jamais compté mais on est bien organisé, c’est ce qui fait qu’on arrive à bien s’en sortir. Peut-être 7 heures par semaine, 7 ou 8 heures. C’est difficile à dire.
A : C’est quand même pas mal. Je trouve ça super bien que des jeunes comme vous fassent des choses aussi belles, le but ultime c’est finalement de faire connaitre la nature et de la préserver, je trouve ça vraiment formidable. Est-ce que je peux vous demander combien vous avez d’abonnés à votre magazine ?
C : On a environ 450 abonnés actuellement.
A : C’est génial. Donc justement j’allais y venir. Alors comment faire si moi Français habitant en France, est-ce que je peux m’abonner à votre magazine ?
C : Oui, tout à fait, il y a un formulaire exprès pour les Français sur le site Internet, chnature.ch, il y a tout qui est expliqué dessus.
A : Et donc si je m’inscris, je reçois tous les deux mois votre magazine papier dans ma boite aux lettres comme n’importe quel magazine habituel ?
C : Voilà, exactement, oui.
A : D’accord. Donc c’est un coût j’imagine, quand même.
C : Oui, c’est 33 euros pour les Français.
A : Il y a une trame tous les deux mois que vous choisissez, sur quoi d’ailleurs. Qu’est-ce qui fait que vous allez choisir tel ou tel sujet à développer dans votre magazine ?
C : C’est en fonction de nos rencontres dans la nature. Par exemple là dernièrement, on a beaucoup photographié les blaireaux, donc on a décidé de faire le prochain numéro là-dessus justement. Mais voilà, on ne sait jamais tellement à l’avance, c’est chaque fois au dernier moment qu’on choisit un petit peu le sujet du prochain numéro.
A : D’accord. Donc il y a le côté artistique parce qu’il y a de belles photos de blaireaux, là en l’occurrence, mais il y a aussi le côté naturaliste. Est-ce que je pourrai en apprendre plus sur les blaireaux par exemple ?
C : Là justement en principe il y a un peu deux côtés dans le journal, il y a le côté scientifique donc on va développer le côté documentaire de l’animal, et puis il y a le côté plutôt photographe, on va expliquer comment le photographier, comment l’observer, on va un peu raconter comme un carnet de terrain en fait, on va raconter comment on l’a photographié, comment on l’a observé.
A : C’est vraiment génial, ça doit être vraiment super passionnant. Alors j’aurais bien aimé en avoir un sous les yeux pour pouvoir vraiment développer un petit peu tout ça, mais déjà votre site, j’en profite pour vous le dire, votre site il est vraiment bien fait, le site chnature.fr.
C : .ch.
A : Ah mince, pardon. Donc votre site chnature.ch, il est très bien fait, très joli, à l’image de vos photos, il est assez épuré dans des tons doux, pastels et c’est un vrai plaisir que de surfer dessus. Et je trouve cette idée de magazine comme ça vraiment géniale. Et donc ça marche du coup puisque vous avez quand même plus de 450 abonnés, c’est bien. Vous vous attendiez à un tel succès au début ?
C : Non, pas du tout. Au début on avait 3 abonnés, c’était ma mère, ma grand-mère et mon arrière- grand-mère, donc on ne s’attendait pas du tout à ça, c’est vrai que c’est très encourageant, c’est ce qui nous pousse aussi à continuer parce qu’on n’est pas toujours très motivé, donc c’est vrai que ça motive.
A : Ah oui, j’imagine, il y a 450 personnes qui attendent le prochain numéro, ça doit vraiment donner des ailes pour pouvoir écrire et faire des photos.
C : Voilà, oui.
A : C’est super. Est-ce que vous voulez vous contenter de ça pour l’instant ou vous avez vraiment un vrai projet presque de métier là-dessus, quelque chose qui vous tient à cœur particulièrement ?
C : Alors, je dirais que pour l’instant on va continuer comme ça sans vraiment agrandit le truc. Mais on n’a pas pensé à en faire notre métier.
A : D’accord. Mais vous ne vous l’interdisez pas non plus ?
C : Peut-être que ça arrivera une fois, on ne sait pas.
A : En tout cas, c’est tout le mal que je vous souhaite.
C : Merci.
A : Est-ce que je peux commander un numéro, à l’unité, c’est-à-dire s’il y a un numéro qui m’intéresse, est-ce que je peux le commander à l’unité ?
C : Oui, c’est tout à fait possible, d’ailleurs il y a beaucoup de personnes qui en achètent à l’unité, notamment quand on fait des expositions comme ça, s’ils ont un peu un thème fétiche, ils cherchent dans les numéros, ils en trouvent un et ils prennent à l’unité.
A : Ceux qui sont abonnés peuvent participer à un concours. Quel est le but de ce concours justement, il y a quelque chose à gagner à la fin ou c’est vraiment pour le fun ?
C : Alors ça pose une question, il y a une petite photo et souvent on fait deviner ce que c’est comme animal, souvent il y a un petit piège ou comme ça, et à la fin il y a une petite récompense, on gagne une plaque de chocolat.
A : D’accord. Du chocolat suisse j’imagine ?
C : Ah ouais.
A : Evidemment. C’est très bien, une très bonne idée. Donc j’invite vraiment tous ceux qui nous écoutent et qui liront même la transcription texte à découvrir dans un premier temps le site chnature.ch, et puis à s’abonner à votre magazine déjà pour vous encourager à continuer, et puis aussi pour le contenu, pour la pratique photo, pour le contenu naturaliste et artistique, c’est vraiment un bon moyen d’apprendre la photo et en plus ça encourage deux jeunes comme vous à continuer là-dedans.
C : Merci.
A : J’ai noté que vous signez vos photos individuellement et vous ne faites pas par exemple comme le font Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, c’est-à-dire peu importe qui prend la photo la signature est la même ?
C : Non, parce qu’on fait vraiment un travail individuel chacun de notre côté, le travail à deux c’est vraiment pour le magazine ou pour la critique, c’est vrai que c’est un avantage d’être deux pour ça, c’est vrai que quand on fait des photos, on reçoit la critique de l’autre, ça donne un avis plus objectif que nous-mêmes. Par contre vraiment notre démarche photographique, ce n’est vraiment pas la même, je pratique beaucoup plus l’affût qu’Etienne, donc on fait vraiment un travail chacun de notre côté.
A : Il faut bien s’entendre j’imagine, alors ?
C : Des fois on se chicane aussi, ça fait partie du truc aussi, mais c’est vrai que c’est sympa d’être à deux pour ça.
A : Qu’en pense votre maman, vos parents, pour ça, elle vous encourage là-dedans ?
C : Bien sûr qu’elle nous encourage, et puis même elle corrige le magazine, les erreurs, et puis quand il s’agit d’aller sur le terrain, elle nous emmène aussi en voiture parce qu’on n’a encore pas de voiture.
A : D’accord. Donc c’est vraiment un travail en famille. Donc c’est très bien. Je vous remercie, Etienne et Sébastien Francey d’avoir participé à cette interview.
B : Merci beaucoup.
C : Merci.
A : A tous les deux, beaucoup de courage et vraiment bonne chance dans la suite de votre aventure.
C : Merci.

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Tamron célèbre la photo de vacances

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