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Salon de la photo à Bruxelles ce week-end

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Venez nombreux découvrir, pour la première année ouvert au public, le salon de la photo les 7 et 8 mars 2015 à Bruxelles. Les « Imaging Days 2015 » s’adressent à tous ceux qui s’intéres-sent de près ou de loin à la photo-graphie, à la vidéo, aux techniques multimédia. Aux « Imaging Days »,les visiteurs trouveront les plus grandes marques du monde de la photographie. Ils pourront tester les dernières innovations des appareils photo et découvrir des solutions et matériels adaptés à la pratique de la photo. Les « Imaging Days » sont également une opportunité de s’initier ou de se perfectionner aux différentes techniques, de la prise de vue à l’impression en passant par le stockage, la retouche. Les visiteurs trouveront également différentes démonstrations, ateliers pratiques ainsi que le travail de différents photographes au travers d’expositions et de galeries photos. Les amateurs qui viendront avec leur appareil pourront s’en donner à cœur joie sur différents plateaux aménagés en studio...
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Bonne année 2015

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Je vous souhaite au nom du magazine Image & nature, une belle et douce année 2015. Que celle-ci vous apporte chaque jour des petits bonheurs qui font que la vie est belle ! Et encore merci pour votre soutien, fidèles abonnés depuis 9 ans.

Laurent Giraud
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Quel est l’objectif idéal pour la photo animalière

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L’autre jour je reçois un mail de Didier, lecteur du blog qui me demande : « bonjour Régis, (…) j’aimerais savoir quel est le meilleur objectif photo pour photographier les animaux. (…) »

Bon, devant une question demandant une longue réponse, je m’apprête à orienter Didier vers un  de mes articles. Et là vous savez quoi … aucun ne traite spécifiquement des objectifs à utiliser pour la photo animalière. Et personne pour me le dire en plus ! Si on ne peut plus compter sur ses lecteurs  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ? .

Ça fait quatre ans que le blog existe, et je n’ai pas été fichu de rédiger un billet là-dessus. Bref ! Je ne pouvais pas faire autrement que de pondre un billet complet sur ce sujet passionnant et essentiel.

Quelle est l’objectif idéal pour la photo animalière ? Une question simple, logique qui demande une réponse complexe mais pas difficile à comprendre.

En plus, je pourrai répondre à Didier.  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Quelques  notions importantes

Avant d’aller plus loin et de répondre précisément à la question, voici quelques points indispensables :

  • je vais beaucoup parler ici de longueur focale et donc de focale. Alors autant que cette notion soit claire dans votre tête. La longueur (ou distance) focale, exprimée en millimètres, est la distance qui sépare le capteur numérique du reflex d’un point précis situé dans l’objectif. Voilà pour la théorie. Maintenant en pratique, ce qui est très important pour vous, c’est de savoir que plus cette distance focale est grande, plus le sujet parait proche dans le viseur. Moins elle est grande et moins le sujet parait proche.

Vous devez commencer donc à deviner qu’en animalier, c’est une grande longueur focale qu’il faut : si on ne peut pas s’approcher de l’animal (parce qu’il fuit le bougre) et bien c’est l’objectif et sa grande longueur focale qui va le faire pour nous ! On parlera des mm (millimètres) un peu plus loin dans l’article.

 Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

  • Ah ben non ! En fait on en parle maintenant.  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ? Peut-être que la meilleure invention de l’homme sont, après quand même la roue, les unités de mesures universelles. Qu’est-ce que c’est pratique ! Vous imagineriez-vous demander au vendeur de chaussures « bonjour je voudrais une paire un peu grande mais pas trop ! ». Et, de la même manière, au magasin de photo «  bonjour, je voudrais un objectif avec une longueur focale pas trop petite mais un peu quand même » :-). Bref, vous m’avez compris, il manque un truc ! L’unité de mesure. Pour les objectifs, on parle en millimètres (mm). Logique puisqu’on parle de distance entre un point et un autre.

Je résume.

Je souhaite photographier les animaux sauvages qui fuient : j’utilise une grande longueur focale pour qu’ils paraissent plus gros dans l’image. Je les rapproche « optiquement » en quelque sorte. Cette longueur focale sera exprimée en millimètres (mm). Et comme elle est grande, ça fera beaucoup de mm ;-). 200 mm, 300 mm, 400 mm, 500 mm.

Voilà, c’est tout. Ah si, juste une chose pour que vous ayez un ordre de grandeur en tête :

  • photographier les paysages : courte focale = 20 mm par exemple
  • réaliser des portraits : focale standard = 50 mm (correspond grosso modo à la vision humaine)
  • photographier des objets lointains : grande focale = 200, 300, 400, 500 mm.

focale Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Voilà aussi pourquoi il est absolument impossible de photographier la faune sauvage avec le 18-55 mm vendu dans 90 % des cas avec votre reflex.

Bon, tout devrait être plus clair maintenant non ? Il vaudrait mieux, car avec ce qui suit je vais en rajouter une couche  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ? .

Au siècle dernier

Tout allait très bien au siècle dernier avec l’argentique.

Quand deux photographes se demandaient l’un l’autre quels objectifs ils utilisaient, tout était clair ! Quand le premier parlait, de son 50 mm, le deuxième savait exactement à quoi ça correspondait. Aujourd’hui, ça n’est plus aussi simple malheureusement. Le numérique à quelque peu brouillé les cartes.

Ce que vous voyez dans le viseur du reflex dépend de deux choses :

  • la longueur focale (rappel : distance entre le centre de l’objectif et le capteur)
  • la taille de la surface du capteur numérique.

Comme je vous le disais, du temps des pellicules, pas de souci. Elles mesuraient toutes 36 mm x 24 mm. Ainsi, nos deux photographes bavards, savaient ce qu’ils verraient dans le viseur avec, par exemple un 200 mm.
Le remplacement des pellicules par les capteurs a changé la donne : ces mêmes capteurs ne mesurent plus 36 mm x 24 mm mais sont plus petits. Pour la très grande majorité des capteurs de reflex, ces capteurs sont 1,5 fois plus petits que feu la pellicule. Ce sont des capteurs APS-C. La conséquence est directement visible dans le viseur : la longueur focale apparente n’est plus la même.

db00288dde2a4b4aa74a5fc5159f3419 CCP IMG 600x400 585x299 Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Cas pratique. Prenez deux reflex :

  • Reflex A : un vieux avec une pellicule
  • Reflex B : un neuf avec un capteur numérique APS-C

Sur chacun des deux reflex, montez un 200 mm. Approchez votre oeil dans le viseur de l’un puis de l’autre : vous ne verrez pas la même chose. La longueur focale apparente est différente car la taille du capteur est 1,5 fois plus petite que la taille de la pellicule. C’est mathématique, c’est comme ça.

Dans le viseur B, le sujet apparaitra 1,5 fois plus proche que dans le viseur A.

Bon, comme il faut bien continuer à discuter et se comprendre entre photographes, il est communément admis que quand on parle d’objectifs, on raisonne comme s’ils étaient toujours montés sur une reflex à pellicule. Par contre, ça implique de faire une petite conversion dans sa tête : mon 200 mm monté sur le reflex numérique B vaut en réalité 200 mm x 1,5 = 300 mm.

Eh mais attendez une minutes !! C’est bien ça non ? Un 200 mm qui se transforme d’un coup d’un seul en 300 mm !! Ça rapproche d’autant le sujet dans le viseur.  :-) Moralité, posséder un reflex numérique avec un capteur APS-C augmente la focale apparente, ce qui rapproche votre sujet. Cool.

Un objectif idéal pour la photo animalière ?

Ce qui était censé être une petite introduction de quelques dizaines de mots s’est allongée avec près de 1000 mots ! Mais au moins, la suite de l’article sera bien plus claire.  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Je repose la question de Didier : Quelle est l’objectif idéal pour la photo animalière ? Je pourrais faire une bonne vieille réponse de Normand et dire : « l’objectif idéal en photographie animalière est celui qui vous va le mieux » :-). Mais bon. Bof.

Allez …. Le suspens a assez duré avec ma super intro, pas la peine d’en faire plus !

Pour moi (mais aussi pour de nombreux autres photographes) le seul et unique objectif que vous devriez posséder est un 300 mm f/4 focale fixe. Point.  Avec un 300 mm f/4 vous ne pourrez pas vous tromper. Je vais donc vous énumérer tout simplement ce qui me fait penser ça.

canon ef 300mm f 4 l is usm objektiv 6011 3 Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Raison #1 : la qualité optique.

Vous savez qu’il y a deux sortes d’objectifs ? Les fixes et les zooms. Le 300 mm f/4 appartenant à la première, celle des focales fixes. C’est à dire que vous avez un 300 mm non modifiable. Les fixes possèdent une qualité optique supérieure aux zooms.

Grâce à une formule optique uniquement, seulement, spécialement conçue pour une seule focale, l’objectif est particulièrement bien optimisé. Donc, entre un 70-300 mm et un 300 mm, ce dernier aura une qualité optique bien meilleure.

Piqué plus piquant ;-), netteté plus homogène des bords au centre de l’image, netteté plus importante dès les plus grandes ouvertures, micro-contrastes meilleurs, … bref, c’est mieux, bien mieux. Mon expérience personnelle ne peut d’ailleurs que confirmer. J’ai travaillé au début avec un 70-300 mm et j’ai maintenant un 300 mm f/4. Je peux vous assurer que la différence est flagrante, et pas seulement mesurable en labo. Je l’ai vu de mes yeux vu !  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

chat domestique 585x389 Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Une photo prise avec un pentax 300 mm f/4 – © Régis Moscardini

Raison #2 : l’ouverture

Peut-être que pour les photographes animaliers qui débutent la notion d’ouverture est encore un peu floue. Et surtout peut-être ne correspond-elle pas à grande chose. Voici un petit rappel tout simple.

L’ouverture est le trou à la base de l’objectif (que je vous conseille d’appeler diaphragme en société pour ne pas avoir l’air c… ;-) ) par lequel passe la lumière pour aller imprimer le capteur. Plus ce trou est gros, mieux c’est. Surtout en photo animalière. La luminosité étant souvent faiblarde (début, fin de journée, forêt), posséder un objectif capable d’ouvrir beaucoup le diaphragme est un atout considérable.

  • Un diaphragme ouvert à f/22 donne un tout petit trou.
  • Un diaphragme ouvert à f/1.8 donne un énooooorme trou.
  • f/5.6 est une ouverture correcte mais sans plus.
  • f/4, pour notre 300 mm, est beaucoup mieux !

Vous aurez donc plus de facilité à photographier la faune en faible luminosité avec le 300 mm f/4 qu’avec un autre objectif,  f/5.6 par exemple.

Raison #3 : la réactivité

J’ai découvert ce principe lors de l’acquisition de ma première focale fixe. C’était avec un 50 mm f/1.8. Jusque là, j’avais soit un 70-300 mm, soit un (faut bien commencer …) un 18-55 mm. Deux zooms donc.

Je ne m’en apercevais pas, mais je perdais énormément en réactivité avec ces deux objectifs. Oui. Zoomer, dézoomer, pinailler, un peu plus, un peu mois : quelques dixièmes de secondes que j’utilisais systématiquement à choisir la bonne focale

J’en ai encore fait l’expérience récemment. Propulsé photographe « officiel » du club de judo de ma fille ainée, j’avais la lourde charge du reportage photo de la fête de noël de club. J’ai préféré prendre avec moi mon 70-300 plutôt que mon 300 mm focale fixe. Justement, pour avoir plus de souplesse. Et bien vous savez quoi, ce fut une erreur. J’ai loupé quelques situations sympas parce que j’étais pile en train de jouer avec le zoom.

Alors qu’avec le 300 mm, je n’aurais pas eu à m’occuper de ce paramètre là ! Une focale fixe, par définition, est une focale qui ne se change pas. Fini les précieuses poignées de secondes perdues à pinailler du zoom. Et ce qui est valable avec des jeunes judokas vifs comme l’éclair l’est aussi avec des jeunes renards (par exemple !).  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

mesange 300 mm 585x329 Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Raison #4 : la créativité

Attention, posséder une focale fixe ne signifie en rien que vos cadrages sont fixes. Varier sa composition avec un 300 mm f/4 est possible. Ouf ! Mais ici, le zoom, ce n’est plus une bague à tourner. Le zoom, c’est vous ! Enfin, vos jambes quoi  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ? .

En quoi cela peut-il améliorer votre créativité ? Parce vous serez obligé de chercher l’emplacement idéal. Croyez-moi, c’est fou ce qu’on peut-être fainéant avec un zoom ! Permettez que je revienne sur la fête du judo. À quelques pas de notre camp de base ( oui … 2 chaises, une poussette et un sac à dos  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ? ) était installé un papa avec un reflex et un 70-300 mm sigma APO. Le même que moi ! Ce cher monsieur n’a pas bougé une seule fois les fesses de sa chaise pour photographier. Il s’est uniquement reposé sur sa bague de zoom, qui, pour le coup, a bien chauffé. Pour la créativité, on repassera hein !

S’il avait eu une focale fixe, il aurait été obligé de se déplacer dans la salle. Et c’est toute la différence. Car quand on se déplace pour chercher le meilleur cadrage pour une situation donnée, on y prend goût. Et surtout, on travaille son « regard », sa « vision » photo.

Raison #5 : le coût

C’est bien tout ça. Mais combien ça coûte un 300 mm f/4 ? C’est pas donné, tout en restant accessible. Allez, pour faire simple, c’est dans les 1 200 € . Plus ou moins selon votre marque de reflex :

Et oui, ça fait une somme. Mais très franchement, c’est une somme raisonnable compte tenu de la valeur du produit. Et l’écart entre un 70-300 mm de moyenne facture et un 300 mm f/4 d’excellente qualité n’est pas si grande que ça. Beaucoup moins qu’entre le 300 mm f/4 et son grand frère, le 300 mm /F2.8. Ce dernier pointe chez sigma à 2900 €. Oui … ça peut monter haut, même très haut dans les prix.

ah … on me dit dans mon oreillette qu’en ce moment ce serait la crise … Et que tout le monde n’aurait pas 1200 € à mettre cash en liquide dans un objectif. Et bien pour tout ces gens là (je suis dedans) il existe une excellente solution : la location d’objectifs photo.

Raison #6 : le poids

Pendant tout l’article, je vous écris à chaque fois 300 mm f/4. Pourquoi noter  la mention f/4 ? Parce le f/2.8 existe. Et un 300 mm f/2.8, c’est le triple du prix du f/4. Mais aussi 1500 grammes de plus. Et ce 1,5 kg en plus (ou en moins), mesdames messieurs, à la fin d’une journée de photo à l’approche, on le sent.

Je fais confiance sur ce point aux très nombreux témoignages de photographes qui ont vécu la chose. J’avoue, je n’ai pas dans mon fourre-tout le 300 mm f/2.8 à 3000 €  Quel est lobjectif idéal pour la photo animalière ?

Raison #7 : 300 mm = 450 mm

Une petite dernière raison pour la fin. Rappelez-vous bien que ce 300 mm qui ouvre à 4 devient au-to-ma-ti-que-ment un 450 mm f/4 monté sur un capteur APS-C. Et, soyez bien conscient qu’un téléobjectif 450 mm f/4 … c’est le nec plus ultra pour 99 % des photographes animaliers. Avec ça, vous faites face à toutes les situations. De la billebaude, de l’approche, et même de la proxi-photographie.
Je vous le garantie, avec cet objectif, vous êtes dans le vrai !

Et dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires ! Pensez-vous comme moi qu’un 300 mm est l’objectif idéal pour le photographe animalier ?

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Podcast 21] Philippe Bolle un photographe animalier grand voyageur

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Il existe deux sortes de photographes animaliers : les bons et les mauvais  [Podcast #21] Philippe Bolle, un photographe animalier grand voyageur ! Non, sérieusement, il y a ceux qui photographient uniquement la faune dans un rayon de 5 000 mètres autour de chez eux. Et les autres. Ceux qui shootent les espèces exotiques, dans un rayon supérieur à 5 000 km autour de chez eux.

Savoir dans quelle catégorie se situer est très simple. Savoir pourquoi, n’est pas bien plus compliqué, il suffit de se poser les questions suivantes :

  • question de sensibilité (non, pas celle des ISO  [Podcast #21] Philippe Bolle, un photographe animalier grand voyageur )
  • question de motivation
  • question de moyens
  • question de temps disponible
  • question de condition physique
  • question écologique (les voyages en avion, le CO2 rejeté, tout ça … )

Parce que je suis un gros égocentrique qui ne pense qu’à lui et rapporte tout à lui  [Podcast #21] Philippe Bolle, un photographe animalier grand voyageur , je meurs d’envie de vous dire où je me situe : je suis un photographe animalier de la première catégorie (les 5000 mètres). Voici pourquoi :

  • question de sensibilité : non, j’apprécierais tout autant photographier le gorille des montagnes que le renard de chez moi
  • question de motivation : non, je suis toujours motivé pour photographier les animaux !
  • question de moyens : oui, d’ailleurs, je vais peut-être lancer une campagne de dons à la Wikipédia en écrivant « si chacun des 9000 abonnés à la newsletter d’Auxois nature faisait un don de 10 €, tous les voyages de Régis Moscardini seraient financés pour les 20 ans à venir !!! »  :-)  [Podcast #21] Philippe Bolle, un photographe animalier grand voyageur
  • question de temps disponible : oui, à quand des journées de 12000 h ?
  • question de condition physique : non, j’ai mon certificat médical de non contre-indication à la pratique photographique  [Podcast #21] Philippe Bolle, un photographe animalier grand voyageur
  • question écologique : oui et non. Ma pratique actuelle de la photo dégage environ 0 gr. de CO2. Il est certain que si je partais tous les 6 mois en voyage par avion, le bilan serait différent. Ceci étant, il est possible vous le savez de compenser ses émissions de carbone.

Philippe Bolle, un photographe animalier globe-trotter

BOLLE Philippe Portrait [Podcast #21] Philippe Bolle, un photographe animalier grand voyageur

Philippe Bolle appartient quant à lui à la 2ème catégorie, celle des plus de 5000 km.

Alaska, Costa Rica, îles Galapagos, Massaï Mara (en 2010, 2011 et 2012), USA et ouganda font partis des nombreux voyages photos qu’il a eu la chance de faire. Enfin, nous avons vu en début d’article que la chance n’avait pas grand chose à voir là-dedans (sensibilité, temps, moyens, …)

Philippe ne participe pas à des voyages au cours desquels il fait de la photo animalière. Non, il fait des voyages dédiés à la photographie d’animaux sauvages exotiques. La nuance est de taille évidemment. Philippe n’est pas le grand photographe hyper connu à la mode que tous les salons s’arrachent. D’ailleurs, je suis certain que ça ne lui dirait rien ! Mais ça ne l’empêche pas de posséder une grande et riche expérience dans le domaine du voyage photo. Et oui, nul besoin d’être présent sur réseaux sociaux pour être un photographe aiment partager sa passion et son expérience.

Que vous soyez sur le point de partir à l’autre bout de la terre ou que votre projet de voyage n’est qu’un objectif à trèèèèès long terme, vous devriez écouter cette interview de Philippe Bolle. Vous y apprendrez notemment :

  • sur quels critères choisir son agence de voyage photo
  • comment bien choisir son matériel avant le départ (quoi emmener par exemple)
  • comment préparer son voyage
  • quelles agences sont des valeurs sûres
  • et de nombreuses autres astuces.

Vous pouvez découvrir une partie du travail de Philippe sur son site internet : Art Nature Passion et particulièrement sa page consacrée aux trucs et astuces.

Et si vous voulez aller plus loin et creuser un peu plus la question, j’ai fait un test de 2 agences de voyages photos sur le blog il y a quelques temps.

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Retrouvez ci-dessous la transcription texte de l’interview :

Régis Moscardini : Bonjour Philippe Bolle, bienvenue à toi. Je te remercie d’avoir accepté de te prêter au jeu de l’interview.

Philippe Bolle : Oui. Bonjour Régis.

Régis Moscardini : La première question, désolé, tu ne pourras pas y couper. Mais peux- tu en quelques mots te présenter pour que nos auditeurs puissent te connaitre un peu mieux, s’il te plait ?

Philippe Bolle : Alors moi, je m’appelle donc Bolle Philippe. Je fais de la photographie animalière depuis une vingtaine d’années à peu près. Et depuis que je suis en retraite, c’est presque du plein temps. Donc j’aime beaucoup les voyages et en particulier les voyages photographiques, à but photographique exclusivement. Si tu veux, il y a beaucoup de voyages qui sont proposés et bien sûr il y en a qui sont purement photographiques, là ça devient intéressant, et d’autres qui sont plus, il faut bien faire attention où on va, tous les voyages photographiques ne sont pas comme moi je voudrais, c’est-à-dire prendre du temps, une flexibilité par rapport au voyage. Donc c’est un choix.

Par contre on peut aussi préparer son voyage, là ça demande beaucoup plus de temps, des connaissances, d’abord où on va, se renseigner. J’ai fait un voyage en Australie il y a 3 mois déjà, on a mis pratiquement 6 mois à préparer le voyage.

Régis Moscardini : Un petit historique te concernant, Philippe, si tu veux bien. On a tous les deux une chose en commun, c’est le souvenir que l’on a des odeurs des produits de développement de l’argentique à l’époque, comme le fixateur, le révélateur, une époque que beaucoup d’entre nous n’ont pas connue, que moi j’ai un petit peu connu, toi beaucoup plus. J’aimerais que tu nous rappelles comment se déroulait une séance de développement à la maison dans la fameuse chambre noire éclairée à la lumière rouge ?

Alors en quelques mots, on ne va pas faire tous les détails mais un petit peu par nostalgie et pour montrer que c’était une époque qui était importante pour la photo. Voilà, comment se déroulait une séance de développement de noir et blanc à la maison quand on faisait ça avec notre propre matériel ?

Philippe Bolle : Oui. Ecoute, il y a une énorme différence, si tu veux, avec, quand on faisait que ce soit en noir et blanc ou en diapositive, on devait attendre le retour des voyages pour soit recevoir nos diapositives dans les petites boites ou soit développer nos films. Donc effectivement on était plus dans l’attente, il y avait vraiment des émotions complètement différentes si tu veux. On développait, on n’était pas sûr du résultat, on regardait nos négatifs, il y avait des bons, il y avait des mauvais, c’était vraiment une autre époque, mais ça avait son petit charme.

Maintenant on regarde, on prend la photo, on regarde comment elle est, on la garde, on ne la garde pas, c’est complètement différent. Par contre il y avait aussi des émotions très fortes au développement ou quand on recevait notre boite de diapos, on était là, la poubelle d’un côté.

Régis Moscardini : Ah carrément, tu jetais vraiment ce qui n’était pas bon. Tu voyais les photographies apparaitre progressivement sur le papier, ça devait être magique, ça, quand même ce moment-là ?

Philippe Bolle : Oui, tout à fait. Même déjà pour commencer sur le négatif, lire un négatif, il y avait une planche contact, maintenant une planche contact on ne sait plus ce que c’est.

Régis Moscardini : Le négatif, peut-être qu’il est possible que certaines personnes ne savent pas ce que c’est, les plus jeunes. C’est la pellicule qui a été imprimée par la lumière, qu’on enlève de l’appareil, bien sûr dans le noir. Et donc tu découvrais ce négatif-là en petit format, en 24 x 36.

Philippe Bolle : Voilà. C’est là qu’on préparait nos recadrages, on faisait des croix sur celles qui étaient plus intéressantes, on refaisait des cadrages au marqueur rouge et puis on passait après au développement sur papier.

Régis Moscardini : D’accord. Ça devait être quand même assez sympathique, ça. Et les odeurs des produits chimiques ?

Philippe Bolle : Les produits chimiques, malheureusement, il reste un souvenir mais ce n’était pas sans risque non plus. On s’est aperçu avec le temps que les produits chimiques de développement, pour moi amateur qui développait une, deux, trois ou quatre fois par mois, il n’y avait pas de gros risques, par contre pour les personnes qui développaient dans les laboratoires professionnels, il y a eu des problèmes assez graves pour la santé. Par contre moi, en tant que photographe animalier, même maintenant j’ai gardé ce réflexe argentique, c’est-à-dire que quand j’appuie sur le déclencheur, en règle générale, c’est parce que c’est le bon moment, parce que c’est l’instant décisif. Mis à part des chasses où le moteur, ce qu’on appelait le moteur dans le temps

Régis Moscardini : La rafale ?

Philippe Bolle : Où la rafale est indispensable, mais j’ai gardé quand même cet esprit, moi je fais en voyage, allez, 3.000 photos, alors que certains en font 10.000, ça sert à rien. Pour moi, ce n’est pas une méthode pour photographier. Photographier l’animalier, c’est d’abord connaitre le milieu où l’on est, et puis le déclenchement au bon moment parce qu’on connait l’animal, on sait à peu près comment il va se comporter, et là, la rafale est rarement indispensable.

Régis Moscardini : En lisant ta bio, Philippe, j’ai appris que tu étais plutôt un touche-à-tout en photo, tu as fait quand même pas mal de choses, pas que l’animalier et la nature. Justement qu’est-ce qui t’attire plus en photo nature que dans tous autres domaines photo en fait, qu’est-ce qui t’a emmené à ce domaine-là de la photographie ?

Philippe Bolle : Moi, j’aime photographier à deux ou tout seul, donc la photographie animalière, c’est d’abord se sentir, il y a aussi les odeurs là, la forêt, les espaces où tu es tout seul, où tu fais du repérage pendant une semaine, 2 semaines voire peut-être 15 jours-3 semaines. Il m’arrive des fois d’observer et d’oublier de déclencher, parce que la photographie animalière, c’est aussi de l’observation, c’est aussi du plaisir, des émotions, et puis effectivement quand on a la chance d’être en affût et d’avoir des moments magiques, la concentration est effectivement sur la photo.

Mais il y a aussi les ambiances qu’on apprécie, le milieu, même en voyage. En voyage, c’est rare d’être tout seul, parce que malheureusement ça couterait beaucoup trop cher, donc en règle générale dans les voyages dits organisés en photo, on est entre 6 et 8 personnes, donc on est bien obligé

Régis Moscardini : De composer avec tout le monde ?

Philippe Bolle : De composer et de partager l’espace. En général le photographe animalier ou nature est de bonne composition et comprend un peu les désirs de chacun, il y a rarement de bousculades.

Régis Moscardini : Tu as un site Internet, Philippe, dans lequel tu partages tes prises de vue. Alors ça s’appelle art-nature-passion 78, j’invite d’ailleurs ceux qui nous écoutent à aller voir ton site qui est très joli avec de très belles photos. Mais dès la page d’accueil, ce qui saute aux yeux c’est l’origine de tes photos. Alors on se doute que tu ne les as pas prises en Région Parisienne évidemment. Alors dis-nous sans aller trop loin parce qu’après j’aurai plein de questions à te poser mais dis-nous les endroits de tes prises de vue justement ?

Philippe Bolle : Ecoute, depuis grosso modo 4 ans, 4-5 ans, je fais un voire deux, voire même des fois trois voyages dans l’année, et j’ai été attiré pendant un petit moment par l’afrique, donc j’ai fait 4-5 voyages en afrique, dont le kenya et dernièrement l’ouganda. Et dans ce genre de voyages, voyager seul, sans l’aide d’une organisation, c’est pratiquement impossible, donc je suis parti avec des prestataires, je suis parti avec Objectif nature, je suis parti par Tony Croceta aussi pour Melting Pot safaris qui est un très bon organisme, c’est vraiment de la photo animalière avec des gens très pointus au niveau des accompagnateurs, ce qui est très important dans les voyages, les voyages photographiques, c’est de tomber sur le bon guide.

Régis Moscardini : Quand on organise un tel voyage, quand on prépare un tel voyage, ça a un certain coût, il ne faut pas se tromper, parce que si on revient à la maison frustré d’avoir raté son voyage, ça peut être très embêtant, tu conseilles quoi justement, de faire ça tout seul en prenant justement les risques de se tromper, tu conseilles d’aller voir des agences ? Si oui, lesquelles, même si c’est peut-être plus cher ? Quels sont les conseils que tu donnerais aux auditeurs ?

Philippe Bolle : Ecoute, le choix il y a un peu le bouche-à-oreille avec des photographes, je connais pas mal de photographes animaliers, là tu peux aller là parce  que là c’est sûr, le gars est bien, etc. C’est vrai qu’il y a des agences où tu pars avec un accompagnateur qui fait plus de photos que toi, donc là ce n’est pas intéressant, il faut que l’accompagnateur soit bien sûr photographe mais qu’il soit vraiment accompagnateur.

Régis Moscardini : Guide avant même d’être photographe ?

Philippe Bolle : Les guides après, c’est sur place. Quand c’est un voyage qu’on a payé à un prestataire, là c’est pareil, moi par exemple je sais avec quel accompagnateur je peux partir parce que je les connais et je sais qu’il y en a d’autres que j’évite parce que je sais

Régis Moscardini : Tu peux le dire, il n’y a pas de souci. Quels sont ceux que tu proposerais, que tu privilégierais, en tout cas ceux avec qui, toi, tu n’as pas eu de problème et tu étais satisfait ?

Philippe Bolle : Moi, en afrique je suis parti avec Tony Croceta et Melting Pot safaris, et là sur place on a Simon en particulier qui est un pisteur absolument extraordinaire, j’y suis parti 3 fois avec lui. Et là je suis parti avec donc Objectif nature plusieurs fois avec Gilles martin, pareil, c’est un gars non seulement sympathique, très compétent, et vraiment un accompagnateur qui vous met vraiment devant, à des moments vraiment bien précis sur tel objectif, c’est vraiment très intéressant.

Et là dernièrement je suis parti avec Photographes du Monde et Benoist Clouet qui est un accompagnateur spécialisé plutôt dans le grand Nord, et là vraiment c’est pareil, c’est un gars sur qui on peut compter, qui est là pour vous. Il faut que l’accompagnateur soit là pour vous, et ce n’est pas toujours le cas.

Régis Moscardini : Tu as eu, sans donner de noms parce que ce n’est pas l’intérêt, mais ça t’est arrivé justement, toi, d’être frustré parce que tu n’avais pas la bonne personne ?

Philippe Bolle : Non, jusqu’à présent pas, non.

Régis Moscardini : Mais ça peut arriver ? Tu as eu des retours, des connaissances qui ont eu ce genre d’expérience ?

Philippe Bolle : Beaucoup. Maintenant il faut savoir que la photographie animalière, même dans des voyages organisés et bien organisés, la nature reste quand même maitre des lieux. C’est-à-dire que moi j’ai des amis qui sont allés en Inde par exemple pour voir le tigre

Régis Moscardini : Ils ne l’ont jamais vu ?

Philippe Bolle : Ils sont revenus, ils n’ont pas vu de tigres, et là on ne peut pas, c’est comme ça. C’est un petit peu la différence avec toutes les autres formes de photographies, que ce soit quand tu fais de la nature morte, la nature morte elle est devant toi, tu règles tes éclairages, il n’y a pas de problème, tu peux faire des photos. Si tu fais des portraits, du nu

Régis Moscardini : Le modèle est coopératif ?

Philippe Bolle : Le modèle est là, c’est à toi de régler tes lumières, d’avoir un fond correct, etc. La photo nature c’est très aléatoire, même dans nos régions. On peut aller faire un affût, préparer un affût parce qu’on a vu, on a fait un repérage, on est sûr, on peut calculer la lumière, voir à quelle heure les lumières sont correctes et tout, d’accord. Mais tu peux rentrer dans ton affût à 5h30 le matin, repartir à midi ou même le soir sans n’avoir rien vu.

Régis Moscardini : Exactement. C’est ce qui fait aussi le charme et ce qui plait beaucoup

Philippe Bolle : Il n’y a absolument rien en nature, où que l’on aille, il n’y a rien de sûr. Il peut y avoir aussi des problèmes de pluie, de mauvais temps. Quand je suis parti en Alaska avec Gilles martin pour faire l’ours, la remontée des saumons au mois de juillet, sur les 9 jours on a eu 6 jours de pluie, et on a eu 3 jours magnifiques où on a pu vraiment faire tout ce qu’on voulait.

Régis Moscardini : Il faut partir en voyage en ayant ça en tête et peut-être s’y préparer d’ailleurs, et ne pas s’imaginer quelque chose absolument extraordinaire du début jusqu’à la fin ?

Philippe Bolle : Voilà. Ce n’est pas toujours, là pour l’ouganda, on a eu beaucoup de chance, on est parti pour aller voir le gorille des montagnes, on était en période où la pluie commençait, les périodes de mousson, de pluie, et on a eu beaucoup de chance parce qu’on n’en a pas eu beaucoup, on a eu quand même des orages assez costauds, mais on peut faire de belles images sous un orage aussi. La nature c’est de toute façon, la photographie nature c’est très aléatoire.

Régis Moscardini : Evidemment, et peu importe le lieu, que ce soit au pas de sa porte ou à 2.000 kilomètres, c’est toujours la même chose. Alors Philippe, on dit souvent, enfin c’est un fait, pour bien photographier un animal quel qu’il soit, il faut connaitre l’animal en question et aussi son habitat. Comment, toi, tu t’y prends même si tu as des guides sur place, mais comment tu t’y prends pour avoir toutes les informations nécessaires malgré les milliers de kilomètres de distance qui te séparent du lieu à photographier ? Par exemple pour le gorille précisément, tu avais un guide sur place, mais une fois sur place, il ne fallait peut-être pas te découvrir, le comportement, la biologie du gorille. Tu as dû peut-être faire avant des recherches. Comment tu t’y es pris ?

Philippe Bolle : Là, pour le gorille et le bec-en-sabot, ça a été onc les deux points forts de ce voyage en ouganda, je m’étais un petit peu renseigné, peut-être pas assez parce que, il faut voir aussi par exemple pour le gorille des montagnes, c’est le gorille des montagnes, ce n’est pas le gorille des plaines. Ce qui fait que pour aller voir le gorille des montagnes, on a fait 14 heures de marche globalement.

Régis Moscardini : D’accord.

Philippe Bolle : 8 heures pour le trouver et environ 7 heures pour revenir. Donc il y a aussi les conditions physiques. Il faut faire attention quand on choisit un voyage qu’on peut le faire.

Régis Moscardini : Je pense que le prestataire sur son site Internet ou l’agence de voyage doit le dire, si c’est un niveau facile, difficile.

Philippe Bolle : Oui. Oui et non. C’est-à-dire que la cherté des voyages fait que souvent ce sont des personnes d’un certain âge qui font ce genre de voyages. Là par exemple pour le gorille des montagnes, la moyenne d’âge c’était 60 ans. Donc on n’a plus 20 ans non plus. Moi j’ai beaucoup peiné, j’ai eu beaucoup de mal, j’ai eu beaucoup de mal à faire cette sortie. Mais par contre effectivement quand on arrive devant ce spectacle, c’est très émouvant.

Régis Moscardini : Il faut y arriver parce que là par contre la frustration doit être très forte si jamais il n’y a pas le résultat à la fin.

Philippe Bolle : Là, c’était très bien organisé.

Régis Moscardini : Mais je reviens à ma question de départ, Philippe. Est-ce que toi, sur Internet,  avant de partir tu regardes, tu te documentes sur le gorille ?

Philippe Bolle : Oui, bien sûr.

Régis Moscardini : Tu regardes des photos faires par d’autres photographes ? Tu t’empreignes un peu de tout ça ?

Philippe Bolle : Je crois que c’est indispensable, que ce soit pour n’importe quel voyage, même si on est accompagné, on se renseigne. Internet, maintenant on peut aller sur pas mal de sites. Si tu tapes gorille des montagnes, tu vas avoir tout de suite, alors il faut faire attention parce qu’il y a des reportages qui sont faits avec des moyens que, nous, nous n’avons pas, donc il faut faire attention, tout n’est pas possible.

Régis Moscardini : Tu veux dire que l’on risque peut-être d’être déçu de ses propres photos parce qu’on n’est pas équipé aussi comme peuvent l’être les documentaires que l’on peut voir sur Internet ?

Philippe Bolle : Voilà, c’est ça. Alors il y a des documentaires, les documentaires par la BBC c’est autre chose, on ne peut pas faire ce genre de reportage, on n’a pas de drone, on n’a pas de, comment on appelle ça, il y a même des genres de girafes qui vous montent à la hauteur de l’animal, ça c’est des choses qu’on ne peut pas faire.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Philippe Bolle : Par contre, pour revenir un peu, il y a un problème de matériel aussi.

Régis Moscardini : J’allais en parler, Philippe, c’est bien que tu enchaines là-dessus. Une question qui revient souvent, c’est par rapport aux précautions à prendre pour le transport, pour l’avion particulièrement. On parle souvent des cabines, est-ce qu’il faut mettre en cabine, en soute ? Alors voilà, quels sont les fondamentaux à respecter, puisque tu as fait plusieurs fois des voyages, tu sais ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire avec son propre matériel ?

Philippe Bolle : Bien, le problème avec les compagnies aériennes maintenant, il faut éviter à tout prix le low cost qui est très pointu et très exigeant sur les bagages accompagnés. Le bagage accompagné, c’est bien sûr le matériel photo. Et à une époque, j’avais donc un 600 mm, un 200-400, 70-200 plus le grand angle, bref, grosso modo 23 kilos de matériel.

Régis Moscardini : Quasi une valise de vêtements ?

Philippe Bolle : Dans un sac. Les sacs photo, les gros sacs photo sont prévus pour être des sacs photo cabine. Le seul problème, c’est qu’ils dépassent largement le poids. En règle générale, je me suis rarement fait contrôler par le poids du moment que ça rentre, que c’est un bagage cabine qui a les bonnes dimensions.

Régis Moscardini : Tu veux dire que c’est la dimension qui importe plutôt que le poids, en cabine ?

Philippe Bolle : Oui et non. Normalement non. Normalement le poids, maintenant je crois que ça doit être 7 kilos, ce qui est pratiquement impossible quand on a un 500 mm qui pèse déjà 4 kilos et des poussières. Donc ça, ce n’est pas possible. Moi je n’ai jamais eu de difficultés pour l’instant, même quand j’avais mon sac qui pesait 23 kilos, maintenant j’ai descendu à 17 kilos parce que j’ai revendu le 600 et que je me suis équipé d’un 500 mm, 70-200 et un grand angle. Par contre on peut aussi décharger un peu son sac avec des genres de vêtements qu’on peut acheter, de photographes, avec des grandes poches où on peut mettre le grand angle dans la poche.

Régis Moscardini : Ah oui ! Carrément tu conseilles pour gagner un peu de poids dans la valise cabine de mettre certains objectifs, des petits, dans les poches.

Philippe Bolle : Dans les poches, oui, dans les poches. Les doubleurs, tout ce qui peut aller dans les poches, toutes les connexions par exemple ou pour recharger les piles et tout ça, on peut le mettre à part. Moi j’ai une banane ventrale où je mets un boitier et mon grand angle.

Régis Moscardini : D’accord. Et ça, ça ne pose pas de souci particulier ?

Philippe Bolle : Ça ne pose pas de souci.

Régis Moscardini : Est-ce que c’est dangereux, risqué de mettre son reflex ou, je ne sais pas moi, son 200 mm dans sa valise de vêtements, coqué au milieu des vêtements par exemple ? Quel est le risque, là ?

Philippe Bolle : Je connais des gens qui le font, moi personnellement dans ma valise je ne mets que mon pied et ma rotule, enfin tout mon système de

Régis Moscardini : De fixation ?

Philippe Bolle : De fixation, mais je n’ai pas encore mis, je sais qu’il y en a qui le font. Le seul risque qu’on peut avoir, c’est sûr que si un objectif est bien emballé en plein milieu de la valise

Régis Moscardini : S’il est coqué ?

Philippe Bolle : Il n’y a pas grand risque. Alors moi, ce que je fais aussi, généralement pour certaines destinations, pour ne pas dire toutes, je fais emballer ma valise avec un film

Régis Moscardini : On voit ça dans les aéroports, c’est vrai, c’est payant.

Philippe Bolle : C’est déjà au niveau de la valise, c’est quand même mieux parce que souvent elles sont plus ou moins esquintées, et on est sûr au moins que si on a mis quelque chose d’important, soit un objectif, soit un pied photo, que la valise ne va pas être visitée, ce qui peut arriver quand même malgré tout.

Régis Moscardini : Tiens justement, toujours au niveau du matériel, tu en as parlé un petit peu, mais toi tu es plutôt du genre à tout emmener, quitte à ne pas tout utiliser, ou tu sélectionnes quand même pas mal avant de partir, et de partir plutôt léger. Quel est ton état d’esprit par rapport à ça ?

Philippe Bolle : Une fois qu’on est sur place, on peut partir ou léger ou pas léger selon la photo qu’on va faire, mais en règle générale j’emmène tout. 

Régis Moscardini : Tu emmènes tout, mais par contre après sur place tu choisis ?

Philippe Bolle : J’emmène tout, en règle générale, enfin tout le temps deux boitiers. Ça c’est important aussi quand on peut, parce qu’en photographie animalière ou même sportive on a rarement le temps de changer d’objectif, si par exemple vous avez un animal qui est relativement près, votre 500 vous ne pourrez pas le prendre.

Régis Moscardini : On emmène tout, mais par contre une fois sur place, on peut faire un choix selon la photo qu’on va faire. Et tu disais emmener deux boitiers, parce que déjà c’est bien pour être plus réactif mais aussi s’il y en a un qui tombe en panne par exemple ?

Philippe Bolle : Oui. Voilà. Normalement  ça ne tombe pas en panne, mais ça peut arriver. Sans tomber en panne, on peut très bien le faire tomber ou, là effectivement ça devient chaud si on n’a pas la possibilité de photographier avec un autre boitier, surtout quand on est là pour la photo.

Régis Moscardini : Alors question toute bête. Tu l’as dit, tu fais plus de 3.000 photos par voyage. Qu’est-ce que tu fais de toutes ces photos ? Je connais déjà la réponse mais bon. Tu les laisses sur ta carte mémoire, tu les mets sur ton ordinateur, tu as un déchargeur de cartes ? Comment tu fais ? J’enchaine peut-être sur une autre question. Tu les tries au fur à mesure ? Qu’est-ce que tu fais en fait ? D’abord ce que tu fais de tes photos dans un premier temps.

Philippe Bolle : Dans un premier temps, tous les soirs, enfin quand on fait un voyage, tous les soirs on décharge les cartes, je décharge la carte sur un ordinateur portable qui a environ 300 Go de mémoire et puis je les transfère sur un disque dur externe pour les sauvegarder. Ça c’est très important.

Régis Moscardini : Ça veut dire qu’elles sont à la fois sur le disque dur de l’ordinateur portable et en même temps sur un disque dur externe ?

Philippe Bolle : Sur un disque dur externe.

Régis Moscardini : D’accord.

Philippe Bolle : Alors au niveau de la sélection, en voyage, mis à part les photos qui sont complètement floues ou des fois il y a des photos floues qui sont intéressantes aussi, mais rarement je fais de la sélection dans le voyage. Pour sélectionner ses photos, même en rentrant de voyage, sélectionner ses photos tout de suite en rentrant, on est dans l’émotion, on est dans la photo, on est dans le souvenir et ce n’est pas très bon pour faire un editing, il faut attendre que tout se calme, que tout revienne en place.

Il y a des photos là que j’ai faites par exemple en afrique il y a 3 ans maintenant, je les reprends, je regarde mes raw que j’ai conservés, je me dis, tiens celle-là comment ça se fait que je ne l’ai pas prise, elle est sympa, mais je ne l’ai pas vue toute de suite parce que on est, et puis il y a 3 ans je travaillais mes photos d’une certaine manière, maintenant tout a progressé dans tout ce qui est, comment on appelle ça

Régis Moscardini : Le développement, le post-traitement ?

Philippe Bolle : Le développement, voilà. Donc on peut retravailler une photo qui n’avait pas tout ce qu’il fallait. Maintenant avec les logiciels, on arrive à récupérer quand vraiment la photo est formidable, a un intérêt. Pour revenir un peu, j’ai encore toujours gardé un peu mon esprit argentique. Une photo, quand je prends ma photo, pour moi il faut qu’il n’y ait pas de problème d’exposition, de surexposition, de sous-exposition, qu’il n’y ait pas grand-chose à faire dessus.

Régis Moscardini : D’accord. Ça veut dire que peut-être tu as un peu moins de travail après, de tri. Ce que tu dis là, c’est super important, c’est d’ailleurs un conseil à respecter pas qu’en voyage photo, même pour toutes les sorties photo, de ne pas trier tout de suite dans l’instant, et de laisser retomber l’émotion, laisser retomber la pression, et de trier ses photos tranquillement au retour quelques jours après, voire quelques mois comme tu le fais, le faire plusieurs fois, c’est super important tout ça. Parmi tous les voyages que tu as faits, quel est celui qui t’a le plus marqué ?

C’est peut-être un peu personnel, un conseil peut-être pas à prendre au pied de la lettre mais quel est celui que tu pourrais recommander pour la personne qui n’aurait qu’un seul voyage à faire ? Même si c’est surtout une question de goût pour les voyages, mais quel est celui qui t’a vraiment marqué que tu pourrais refaire ?

Philippe Bolle : Le premier et le dernier. Le premier voyage photographique que j’ai fait, c’était les iles Galápagos avec Objectif nature et Yves Vallier comme accompagnateur, que je conseille fortement, qui est un gars hyper sympa et qui connait bien son, là les iles Galápagos quand j’y suis allé, ça faisait la 4e fois qu’il y allait.

Régis Moscardini : D’accord.

Philippe Bolle : Ça c’est intéressant aussi

Régis Moscardini : Il ne découvre pas en même temps que le client ?

Philippe Bolle : En règle générale, non. Mais là, c’était un voyage vraiment formidable que j’ai fait donc avec Objectif nature. Pour faire les Galápagos, c’est vraiment un voyage photographique. J’ai un ami qui en revient, là, il est resté 3 jours, il a fait deux iles. Ça ce n’est pas un voyage pour les Galápagos.

Nous on était sur un voilier, on était 10 ou 12 je ne me rappelle plus, 10 ou 12 photographes, on était debout à 5h30 du matin, à 6h-6h30 un petit café, et on partait directement pour un débarquement au lever du jour avec une lumière qui était correcte jusqu’à 10h grosso modo à peu près, à 10h on rentrait, on déjeunait un peu plus copieusement, chacun regardait ses photos, on faisait un peu ce qu’on voulait et puis on repartait l’après-midi sur un autre débarquement à partir de 16h jusqu’à  18h, pratiquement à la tombée de la nuit. Il faut vraiment que le voyage joue avec les bonnes lumières. Si  on prend un voyage pour les Galápagos et que l’on dort jusqu’à 10h et qu’on part à 11h pour débarquer, la lumière est affreuse.

Régis Moscardini : Au-delà du côté sensationnel et extraordinaire du lieu, parce qu’il est connu vraiment par tout le monde, c’est vraiment un voyage photo que tu pourrais recommander, surtout avec l’accompagnateur que tu avais ?

Philippe Bolle : Oui, tout à fait. Surtout, je crois qu’il y a une dizaine d’iles où on peut débarquer, de toute façon quoi que l’on fasse aux iles Galápagos, le temps sur l’ile est limité à 2 heures je crois.

Régis Moscardini : C’est une règle, c’est la loi ?

Philippe Bolle : Oui. Pratiquement, en débarquant à 6h30-7h, enfin à 7h-7h30 au lever du jour, à 10h de toute façon, déjà la lumière commence à être un peu dure parce que le soleil plombe, et là on n’a pas de détails, c’est trop dur comme lumière.

Régis Moscardini : On n’a pas parlé du prix, c’est quoi le coût d’un tel voyage comme ça ?

Philippe Bolle : Alors les Galápagos, je ne me souviens pas trop, ça doit être aux alentours des 3.000 euros à peu près. Et puis le dernier que j’ai fait là, c’est au Spitzberg avec Photographes du monde et Benoist Clouet comme accompagnateur. Alors là c’est pareil, déjà à cette période-là, j’y suis allé au mois d’août, fin août début septembre, là il fait jour tout le temps, donc les plages de prises de vue 

Régis Moscardini : Sont très larges ?

Philippe Bolle : Sont très larges mais on a réussi à réguler pour essayer de dormir un petit peu.

Régis Moscardini : Et ne pas faire que de la photo.

Philippe Bolle : Mais voilà, il y a des photos pratiquement tout le temps, mais enfin le voilier s’arrête de toute façon à partir de 10-11h le soir, donc après il ne bouge plus jusqu’au lendemain matin. Donc les photos, on arrête. Mais c’est un voyage passionnant et j’y retourne au mois de juin pour avoir un autre aspect du Spitzberg. Là on était au mois d’août, donc on était dans une période où il n’y avait pas trop de neige, et là au mois de juin on va être en période hivernale avec du blanc partout. Là au niveau du coût par contre, c’est dans les 5.000 euros, c’est un voyage qui est très cher mais pour le Spitzberg c’est à peu près les prix, à peu près partout.

Régis Moscardini : Mais c’est vrai que quand on parle de ces tarifs-là, c’est sûr que ça fait cher en valeur absolue mais après tout est relatif. Quand on compare par exemple au prix d’une voiture, même au prix du matériel photo

Philippe Bolle : D’un boitier.

Régis Moscardini : Voilà, d’un boitier, on prend un boitier pro voire semi-pro, c’est 1.000, 2.000 voire même 3.000 euros, donc voilà tout est relatif.

Philippe Bolle : C’est pareil, on peut faire des voyages moins chers sur un bateau où on est 50 ou même voire 100 mais ce n’est pas du tout le même voyage. Là on était 10 sur le bateau, c’était un équipage qui parlait français, à fond, à fond dans la photo, ça n’a rien à voir.

Régis Moscardini : Oui. Et puis il vaut mieux faire un voyage tous les 3 ans plutôt qu’un tous les ans dans des conditions pas top.

Philippe Bolle : Voilà. Dans des conditions où on est 50 sur le bateau et la promenade dans les fjords ça dure une heure, on ne peut rien faire de propre, au niveau photographique. On peut toujours s’émerveiller, il y a des choses magnifiques, même du bateau on voit des choses extraordinaires. Mais pour la photographie, non, ce n’est pas possible de partir à 50, enfin pas pour moi.

Régis Moscardini : Ecoute Philippe, c’était très intéressant, j’ai appris plein de choses parce que je voyage assez peu pour la photo, en tout cas dans ce type de voyages-là, donc j’ai appris plein de choses, je pense que les auditeurs auront aussi appris pas mal d’astuces. Merci beaucoup Philippe.

Philippe Bolle : Je t’en prie. Merci à toi.

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Hommage à Christophe Sidamon-Pesson

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Il nous a quitté trop tôt à l’âge de 39 ans ce lundi 3 novembre 2014 à Ceillac dans les Hautes-Alpes. Nous venons de perdre l’un des plus grands photographes animaliers de France. Sa timidité, son talent, sa sensibilité à fleur de peau ont fait de lui une personne attachante et honnête. Lorsque j’ai rencontré Christophe la première fois en 2009, pour la sortie de son premier livre « L’autre Versant », j’ai été touché par son âme de poète et philosophe. Ensuite est venu son magnifique livre sur le tichodrome échelette photographié dans ses Alpes natales. Nous ne t’oublierons jamais grâce aux belles images que tu laisses derrière toi...

Pour sa famille, ses amis, je présente toutes mes condoléances au nom du magazine Image & nature.

Laurent Giraud

Son site : www.c-sidamon-pesson.com
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Nouveau Hors-série Image Nature n°11

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Nous venons de publier un hors-série inédit de 130 pages \"Guide d\'achat\" 100 % matériels. Vous découvrirez le sommaire en cliquant sur la couverture sur votre droite. Attention : le hors-série d’Image & nature n°11 n’est pas compris dans l’abonnement. C\'est un nouveau concept que nous voulons tester avant de le mettre dans notre offre d\'abonnement. Merci pour votre compréhension. Le magazine est disponible chez votre marchand de journaux ou en vente sur notre site internet. Prix : 5,95 euros.
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Comment photographier avec des hautes sensibilités

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Les appareils photos les plus récents sont capables de produire des images au rendu excellent, avec peu voire même pas de grain (ou de bruit) à des sensibilités élevées.
Je le constate tous les jours (ou presque) avec mon reflex pentax K3. Des années durant j’ai dû me satisfaire – et c’est un bien grand mot – du pentax K100D à la montée en sensibilité désastreuse. Avec son remplaçant (le K3, suivez un peu  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? ) j’ai une nouvelle corde à mon arc. Un nouveau levier de réglages.

Entre parenthèses, pour celles et ceux qui se demandent encore en quoi un reflex est supérieur à un compact, la montée en sensibilité est un des arguments majeur.

Définition de la sensibilité … et pourquoi est-ce important ?

A l’époque des films argentiques, les pellicules étaient classées, vendues et achetées selon leurs sensibilités. Plus haut était leur indice ISO, plus importante était leur sensibilité à la lumière. Ainsi, pour une ouverture de diaphragme identique, la vitesse d’obturation était plus élevée. Logique non ? Si vous avez un film très sensible qui réagit beaucoup à la lumière qui lui est soumise, il va falloir ouvrir et fermer très vite l’obturateur pour ne pas laisser entrer trop de lumière. C’était une histoire d’émulsion chimique : le film, selon son indice ISO, réagissait plus ou moins à la lumière qui lui était soumise. Les spécialistes pourront compléter dans les commentaires !

Important à savoir également : tout doublement de la valeur ISO, fait doubler la vitesse d’obturation. Autrement dit, si vous travaillez à 200 ISO et à une vitesse de 1/250 sec, alors, à ouverture constante évidement, votre vitesse passera à 1/500 avec une sensibilité à 400 ISO.

Tout serait parfait s’il n’y avait pas une contrepartie (d’ailleurs, avez-vous remarqué qu’en photo, il y a toujours une contrepartie pour chaque réglage ?). Plus le film est sensible à la lumière, plus il génère du bruit, du grain. Et oui, on a rien sans rien : une haute sensibilité va produire une réaction chimique générant des particules supplémentaires, ce qu’on appelle le bruit ou le grain.

Et pour le numérique ?

« Ok, Régis, j’ai bien compris ta démonstration avec les films argentiques, mais qu’en est-il de nos capteurs numériques ? »

Fondamentalement, les films argentiques et les capteurs numériques fonctionnent pareil : ils réagissent tout deux à la lumière qui leur est soumise. Et pour tous les deux, il est possible d’amplifier ou de réduire leur sensibilité à la lumière. En argentique, c’est une histoire d’émulsion chimique, en numérique, c’est une histoire d’amplification.

Plus le signal depuis chacun des millions de pixels du capteur est amplifié, plus ce même capteur sera sensible à la lumière qui lui est soumise.

À nouveau, et là le numérique n’est pas supérieur à l’argentique , une contrepartie est de la … partie  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? En effet, plus le signal lumineux reçu par les pixels est amplifié, plus ce même signal va subir des artefacts. C’est à dire que le signal numérique, à force d’être augmenté artificiellement, produit des parasites, des trucs indésirables. Et on appel ça aussi le bruit ! Ou le grain, comme vous voulez.

blaireau bruit 1 2 585x390 Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Une photo bien bruitée !

Vous voyez donc que le passage de l’argentique au numérique n’a fondamentalement rien changé. Et, pour une fois, les GS (gentils fabricants) ont été sympas avec nous, les GU (gentils utilisateurs) : le doublement de la valeur ISO double également la vitesse comme pour l’argentique. Sympa !

Euh … en fait, quelques petites choses ont quand même changé :

  • une image fortement bruitée demeure plus esthétique en argentique qu’en numérique 
  • en 3 clics on peut changer la sensibilité numérique entre 2 photos alors qu’il fallait attendre la fin de la pellicule en numérique pour changer les ISO !

Quel intérêt à travailler avec des hautes sensibilités ?

C’est vrai ça ! Quel intérêt puisque pour chaque palier supplémentaire ISO utilisé, du bruit est généré ? Et plus la valeur ISO est élevée, voire très élevée, plus le bruit est présent, disgracieux même. Oui, c’est vrai, mais ne pas jouer avec la sensibilité, c’est se priver d’un outil très pratique pour gagner en vitesse d’obturation.

Il y a 2 outils à votre disposition pour augmenter la vitesse. Le premier, celui que vous devez d’abord utiliser pour gagner en vitesse d’obturation, c’est l’ouverture. Ouvrez grand votre diaphragme pour avoir une vitesse rapide. Et si ça n’est pas suffisant, paf ! Vous utilisez la roue de secours, le deuxième outil, qu’est la sensibilité !

Exemple concret : je veux figer le mouvement de mon chaton qui fait le fou. Hop, j’ouvre à f/5.6 et la vitesse résultante est 1/200. Pas assez vu qu’il bouge beaucoup le bougre ! J’ouvre plus donc. F/4 pour voir. Mieux ! Ma vitesse résultante est 1/400 … mais toujours pas assez car je veux vraiment que mon chaton soit figé, net. Il me faut 1/800 de secondes. J’ai décidé ! :-) Problème : mon objectif est physiquement, mécaniquement limité et je ne peux plus ouvrir davantage le diaphragme. F/4 étant sa plus grand ouverture.

Tada !! Je sors ma botte secrète qu’est la sensibilité. Je passe alors de 800 ISO à 1600 ISO et là, c’est magique, ma vitesse de 1/400 à f/4 passe direct à 1/800 (elle double) !! Génial non ? Je peux donc photographier mon chat, ouf.

Sauf que, ce faisant, j’ai, enfin mon capteur a, généré du bruit pour pouvoir doubler ma vitesse. Mais ça vaut le coup non ?

Mais au fait pourquoi vouloir absolument augmenter sa vitesse d’obturation ?

Voici pourquoi vous pourriez avoir besoin d’augmenter la vitesse :

  • pour réduire voire annuler la fâcheuse conséquence de vos mouvements parasites (respiration, tremblements)
  • pour réduire le flou de bougé donnant des images floues (c’est la fâcheuse conséquence)
  • pour ne pas avoir à utiliser un trépied
  • pour figer le mouvement du sujet
  • parce que vous utilisez un objectif à fort grossissement : 300 mm, 400 mm ou 500 mm (chanceux !  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? )

J’espère d’ailleurs que vous connaissez la fameuse règle que tout le monde connait :

Je dois shooter avec une vitesse au moins égale ou supérieur à la valeur de la focale utilisée. Gné ?! J’ai un 300 mm monté sur mon reflex alors, pour éviter tout flou de bougé et annulé les effets de mes mouvements parasites, ma vitesse devra être au moins de 1/320 de secondes.

Votre unique but est d’avoir une vitesse d’obturation élevée.

Si je photographie un sujet statique, comme une fleur par exemple, sous une bonne lumière, je règle la sensibilité à 200 ISO. Cette valeur ne génère aucun bruit et me permet d’obtenir une image dont la netteté n’est pas altérée par le bruit.

Une astuce au passage. Je photographie rarement à 100 ISO, même si mon appareil me le permet. Car entre 100 et 200 ISO le grain généré est négligeable et surtout je perds une valeur de vitesse si je suis à 100 ISO. Je préfère donc rester à 200 ISO, donc doubler ma vitesse (par rapport à 100 ISO) pour lutter contre les conséquences de mon bougé propre.

Par contre, certains sujets bougent un tout petit peu plus qu’une fleur. Comme les passereaux par exemple  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? . Pour de tels oiseaux, une vitesse d’au moins 1/250 pourrait sembler suffisante (rendez- vous compte : on divise 1 seconde en 250 parties et on en garde une seule …). Eh bien non. C’est trop juste. Car nos copains de la mangeoire ont la mauvaise habitude (enfin mauvaise pour nous car pour eux c’est carrément une question de survie !) de faire des micro-mouvements sans arrêt. Ceci donnant bien souvent une image molle, même à 1/250.

mesange 1 585x389 Comment photographier avec des hautes sensibilités ? mesange 100 1 585x317 Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Mésange bleue à la mangeoire prise à 1/250, et son crop à 100 %. Remarquez comme elle manque de piqué. La faute à un micro-mouvement de la bête.

Pas le choix donc que d’aller vers des vitesses plus élevées : 1/400, 1/500, 1/800 … Et, pour atteindre ces valeurs, il faut souvent, en plus de l’ouverture maximale, monter franchement dans les hautes sensibilités. Et ce, même quand la lumière est bonne. Je répète : même quand la lumière est bonne, il ne faut pas hésiter à monter dans les ISO jusqu’à avoir une haute vitesse d’obturation : la seule capable figer parfaitement le sujet mouvant.

4 astuces pour travailler sereinement à hautes sensibilités.

Rassurez-vous, il est heureusement possible de taper dans les hautes sensibilités sans avoir peur. Peur de quoi ? Peur de faire du bruit !  Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Je me suis obligé pendant des années à de pas dépasser les 800 ISO. Limité par les capacités techniques de mon reflex mais aussi parce que je n’avais pas toutes les techniques en main.  Aujourd’hui, j’ai les deux : l’appareil qui va bien et les connaissances techniques. Et je veux vous en faire profiter.  Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Regardez l’image ci-dessous. C’est un jeune lion de l’Auxois shooté au péril de ma vie. Photographier avec un pentax K3 et un 50 mm f/1.8 (c’est dire si j’ai pris des risques !  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? ).

lion 2 585x390 Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Comment la trouvez-vous ma photo ? Elle semble très détaillée non ? Pas de grain, un bon piqué. Elle a dû être photographiée à 200 ISO, pas plus ! En fait pas du tout. J’ai shooté ce lion à 1600 ISO. Voici une capture d’écran des données EXIFS.

2014 12 04 0056 Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

 

 

Alors, comment est-ce possible ? Comment une photo prise à 1600 ISO puisse présenter aussi peu de bruit ? Il n’y a pas de tour de magie, pas de miracle, juste des choses à savoir et à appliquer.

Astuce 1 :

… qui n’est pas vraiment une astuce. C’est un fait. Les fabricants ont fait d’énormes progrès dans la gestion du bruit dans les hautes sensibilités. Si votre reflex est assez récent, il doit être capable de bien présenter au delà de 1000 ISO.

Astuce 2 :

Ça c’est une vraie astuce. Vous devez savoir que le bruit généré par amplification artificielle du signal lumineux est surtout visible (et gênant) dans les zones sous-exposées des photos. Ce qui signifie que le bruit d’une image à 1600 ISO sera plus visible dans les zones sombres. En ayant ça en tête, ne vous privez pas, s’il vous plait de cet outil des ISO. Quand la scène est claire, allez-y franco, poussez la sensibilité sans arrière pensée pour avoir votre vitesse hyper rapide.

Par contre, si l’environnement est sombre (arrière plan de forêt par exemple) alors faites gaffe  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? . La montée en sensibilité risque de générer pas mal de grain disgracieux.

Regardez mon lion des bocages  Comment photographier avec des hautes sensibilités ? . Son pelage clair ne souffre pas de grain gênant. Par contre, sur la surface du fond sombre et unie, le bruit est nettement plus visible … sur un zoom à 100 % ! Alors qu’en revenant sur l’image dans son ensemble, il n’y a rien de gênant.

lion 100sombre 2 585x317 Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Astuce 3 :

Photographiez en RAW. C’est essentiel car alors vous avez une très grande latitude dans le développement numérique. J’avais justement organisé un webinaire sur ce thème et écrit un article sur le post-traitement. Le bruit sera bien plus facilement « effaçable » sous un logiciel ad hoc avec le format RAW.

Il existe de nombreuses solutions pour réduire le bruit dans les photos. Je ne les connais pas toutes, mais pour l’utiliser régulièrement, je vous garantis que DxO OpticsPro fait des merveilles. La version 10, la plus récente, est top. Le traitement peut être assez long, surtout en cas d’export groupé, mais pour une photo de temps en temps, c’est bon.

Sur DxO OP, justement il y a une fonction qui fait tout le boulot automatiquement : Réduction du bruit. Deux choix s’offrent à vous :

  • la réduction standard : ça va vite et c’est satisfaisant
  • la réduction PRIME : bien plus lent mais les résultats sont saisissants.

Regardez sur ce montage la différence entre les deux versions, une retouchée par DxO OP et l’autre non (CROP à 100%)

comparatif reduction bruit Comment photographier avec des hautes sensibilités ?

Conclusion

En tant que photographe animalier, votre principal but est d’avoir le sujet principal net sur l’image (sauf effet artistique voulu). Pour cela, shooter à des vitesses élevées est une obligation, surtout en présence de passereaux. Tablez sur au moins 1/800.

Pour atteindre cette vitesse, 2 choses, à faire dans l’ordre :

  • ouvrir au maximum le diagramme et voir la vitesse obtenue. Dans bien des cas, elle ne sera pas suffisante.
  • alors monter d’un cran les ISO, puis d’un autre, jusqu’à obtenir 1/800 (ou plus si l’oiseau est en vol !)

Voilà c’est tout ! Et très franchement, montez … montez !!! 1600, 3200 ISO sont des valeurs courantes maintenant.

Enfin, dans la plupart des cas, le bruit généré à 1600 ISO ou même 3200 est franchement visible sur des crop à 100 %. C’est comme si vous alliez vous plaquer le nez à 2 cm d’un grand tirage ! Ça n’arrive jamais.
Et bien souvent, le grain ressort mieux sur un tirage photo que sur l’écran.

Alors, je vous le dis, encore, osez les ISO !!!

 

 

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Podcast 20] Alain Pons photographe et surtout homme d’image

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Avant de vous faire découvrir le travail du photographe Alain Pons, j’avais envie de vous dévoiler l’envers du décor de mes interviews. Oh, il n’y a rien de très croustillant ! Rien qui mérite en tout cas de figurer sur le blog de Jean-Marc Morandini (j’ai bien écrit Morandini et pas Moscardini ! :-).

L’envers du décor de mes interviews

Voici ce que j’ai appris au cours des nombreuses interviews que j’ai réalisées : poser des questions à un photographe animalier (le fait qu’il soit animalier ne change par ailleurs pas grand chose !), ça se prépare. Je procède toujours de la même façon. Je lance une recherche internet sur le photographe à interviewer et je compile les renseignements que je trouve dans un fichier texte basique.

Je passe aussi pas mal de temps à visionner son travail, c’est à dire ses photos, sa galerie, ses livres (s’il en a), ses vidéos (s’il en a), etc. Déjà parce que j’aime bien ! Et puis pour aussi comprendre son approche artistique. Prenez au hasard Eric Dragesco et Michel d’Oultremont, comparez leurs images et vous verrez qu’on ne peut pas leur poser les mêmes questions ! En tout cas pas toutes.

A la fin de ce petite travail préparatoire (je n’y passe pas non plus des jours entiers  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage ) je commence à rédiger mon questionnaire. J’essaie de tenir une logique dans l’enchainement des questions. Un peu finalement comme Ronan Fournier Christol quand il créer ses documentaires : on ne passe pas du coq à l’âne en une phrase. Il faut un minimum de lien entre les idées, les questions.  Je n’ai pas un nombre obligatoire à atteindre, mais une bonne dizaine de questions me permet en général de remplir les 30 minutes.

Ensuite, dans le feu de l’action, je veux dire pendant l’enregistrement (ah oui au fait, ça n’est pas en direct !  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage ), je coche au fur et à mesure les questions posées. Pour l’anecdote, je m’emmêle souvent les pinceaux ! Il m’arrive de poser deux fois de suite la même question  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage (d’où l’intérêt de cocher !). Le photographe à l’autre bout de la ligne a tôt fait de me rappeler à l’ordre gentiment  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage

Sur la vingtaine d’interviews que j’ai faites, il reste toujours 2 ou 3 questions non posées. Par manque de temps. Sauf deux fois !

La première fût avec les frères Francey. Deux jeunes photographes très talentueux, mais aussi, je pense, un peu intimidés par l’évènement (qui n’en est pas un d’ailleurs !). Leurs réponses étaient assez courtes et je devais assez vite enchainer sur la question suivante. Mon stock de sujets à aborder fut très vite épuisé ! A la fin de l’interview, j’avais zéro questions sous le coude. Une première !

La deuxième fois, c’était tout récemment avec l’interview d’Alain Pons, celle là même que vous allez écouter dans une minute. Et là, ce exactement l’inverse  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage . Je n’ai pas beaucoup coché. Pourquoi ? Parce qu’Alain Pons appartient à la famille des photographes bavards ++  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage Mon interview s’est alors assez vite transformée en une discussion. Une discussion hyper intéressante au cours de laquelle j’ai laissé tranquille ma liste de questions !

Nous avons donc abordé des sujets complètement imprévus. Et c’est ça qui est bien. Vous savez, c’est comme une randonnée. Avant le départ, on regarde la carte IGN 1/25000, on trace son parcours, on le visualise. Ce faisant, on se sécurise le parcours. Comme moi je me sécurise mon interview … Et puis une fois sur le terrain, ça ne se passe bien souvent pas comme prévu. Alors deux cas de figure se présentent :

  • soit on panique et on passe un mauvais moment,
  • soit on se laisse porter par cette petite incertitude ! C’est ce que j’ai choisi de faire avec l’interview d’Alain Pons. J’ai suivi les sinusoïdes de la discussion. Bon, je ne prenais aucun risque puisque j’avais mon filet, mon questionnaire, au cas où.

Tout ça pour vous dire que, lorsque qu’une interview ne se passe pas exactement comme prévu, c’est génial !

Alain Pons, un photographe entier

Vous l’avez maintenant compris, je ne découvre pas mon invité quand il décroche son téléphone. Je connais donc en partie la bio du photographe. S’il est jeune ou … moins jeune ! Pour Alain Pons, je savais de lui qu’il a bien connu l’époque de l’argentique !  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage Et le son de sa voix l’a bien évidemment confirmé. Je crois avoir déjà évoqué avec vous la voix et l’intonation d’un photographe comme Philippe Moës par exemple. C’est important je trouve !

Alain possède un vraie belle voix grave qui illustre bien l’expérience du personnage. On imagine facilement les dizaines de milliers de photos prises rien qu’avec le son de sa voix.

visuel profil [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage

Même son de cloche avec la biographie de son site internet :

« Depuis plus de trente ans je traine mes appareils photo à travers le monde pour en rapporter des images. »

Ce qui est bien avec lui, c’est sa franchise, l’absence de langue de bois dans ses propos. Au moins on sait à quoi s’en tenir ! Ses avis tranchés méritent le détour et j’espère vraiment que vous profiterez de l ‘espace des commentaires pour rebondir sur ses propos. Tiens par exemple, Alain Pons pense que le métier de photographe animalier est carrément mort. Je parle bien du métier en tant que tel, pas de l’activité qui elle se porte très bien.

Je vous assure que cette interview ne vous décevra pas. Ce que partage avec vous Alain Pons ne vous laissera pas indifférent.

Vous apprendrez notamment :

  • Pourquoi Alain Pons considère que le métier de photographe animalier est mort (ce sont ces mots !)
  • Pourquoi le niveau artistique de la grande majorité des photographes animaliers est faible
  • Comment faire pour se construire une véritable culture artistique
  • Pourquoi il est plus facile de photographier les animaux que les modèles dans un studio
  • En quoi son projet « une image sur le mur«  est un concept novateur en photo
  • Le secret d’une de ses plus belles photos (en tout cas pour moi  [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage )

Pour découvrir l’ensemble du travail d’Alain Pons voici son site internet. N’hésitez pas, vraiment, à faire un tour du coté de son nouveau site Une Image sur le Mur  (lien non affilié) pour, pourquoi pas, vous offrir des tirages d’art d’exception.

2014 11 13 0003 585x376 [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimagena 01 portrait alain pons1 585x376 [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage Leo 019 585x386 [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage EPV0340R 585x388 [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage massai tanzanie 585x386 [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage 58169 585x390 [Podcast #20] Alain Pons, photographe et surtout homme dimage

Retrouvez ci-dessous la transcription texte de l’interview :

Régis Moscardini : Bonjour Alain Pons. Bienvenue à toi.
Alain Pons : Bonjour.
Régis Moscardini : Je te remercie d’avoir accepté de te prêter au jeu de l’interview.
Alain Pons : Oui.
Régis Moscardini : Alors peux-tu en quelques mots, s’il te plait, te présenter pour que nos auditeurs puissent te connaitre un petit peu mieux ?
Alain Pons : Alors voilà, je suis donc Alain Pons, je travaille dans le domaine et graphique et photographique depuis 45 ans, ce n’est pas tout jeune parce que je suis un vieux bonhomme de ce domaine. Et je continue aujourd’hui malgré une retraite tranquille et paisible, je continue à faire des photos, je continue à voyager, à accompagner des photographes en voyage, je continue à faire du graphisme et de la création graphique, tout simplement parce que je ne sais rien faire d’autre, et puis que ça me plait et que je ne prends la place de personne en le faisant, donc je continue.
Régis Moscardini : Très bien. Donc ça veut dire que tu es à la retraite de manière administrative, officiellement
Alain Pons : Absolument.
Régis Moscardini : Mais ton activité, finalement tu ne t’es pas arrêté du jour au lendemain, tu continues toujours à faire ce que tu fais.
Alain Pons : Je continue à faire mon travail, je continue à me faire plaisir, voilà. J’ai fait l’Ecole des Arts Déco et en sortant de là, j’ai fait de la photo naturellement parce que ça me plaisait et parce que c’était un complément direct à mon travail de graphiste.
Régis Moscardini : D’accord.
Alain Pons : Et quand j’ai monté ma propre entreprise, j’ai donc tout naturellement continué à mener deux activités qui m’étaient chères, celle de la photo et celle de la nature.
Régis Moscardini : Par rapport à ton activité professionnelle, je parcours ta galerie, notamment celle sur les safaris que tu as faits, et on trouve évidemment des images d’animaux, mais aussi des paysages et des portraits. Tu fais donc de véritables reportages photos. Et donc le reportage photo demande un vrai savoir-faire, j’imagine, car ce n’est pas seulement une succession de photos. Quels sont les grands principes pour toi à respecter dans cet exercice-là, du reportage ?
Alain Pons : Dans un cadre de reportage, on est contraint, enfin tout est en train de changer, à l’époque le reportage devait renvoyer aux lecteurs de la presse pour laquelle le reportage était fait, devait renvoyer l’image de ce que l’on avait vécu, et devait renvoyer exactement tous les éléments qui étaient les éléments, enfin qui le sont toujours, mais qui étaient des éléments forts qui constituaient la principale qualité du pays, soit par sa faune, soit par des paysages exceptionnels, soit par des rencontres qui étaient faites avec des gens. Et c’est vrai que des rencontres, de toute façon c’était tout à fait nécessaire, compte-tenu du fait que sans les rencontres on avait à cette époque-là assez peu la possibilité d’entrer en contact avec la nature.
Régis Moscardini : Tu es aussi graphiste et éditeur, tu l’as dit, en plus d’être photographe
Alain Pons : Tout à fait.
Régis Moscardini : Est-ce que c’est par passion de l’image et de la création, que tu es graphiste et que tu édites des publications ?
Alain Pons : Absolument.
Régis Moscardini : Ou est-ce que c’est plutôt par nécessité ?
Alain Pons : Mais moi je suis un dingue d’images, j’ai vécu dans l’image toute ma vie, j’ai fait en sorte de continuer à la présenter. Mais pour te donner une idée, j’ai créé quand même énormément d’images pour énormément d’entreprises auxquelles tu peux ajouter les noms de nature&Découverte, de Guy Degrenne, de Cap Gemini entre autres, simplement pour donner quelques informations, j’ai travaillé pour les plus grands laboratoires pharmaceutiques, toujours dans la recherche d’images et de leur identité. A partir de là, la photographie que je faisais sur le terrain qui était de la photographie animalière m’a permis d’aller à la rencontre d’un certain nombre d’éditeurs, et d’éditer moi-même aussi un certain nombre de photographes, et de rester dans cet univers-là jusqu’à il y a quelques années encore.
Régis Moscardini : Tu l’as dit, ça fait longtemps, 45 ans que tu es photographe.
Alain Pons : 45 ans, parce que j’ai 67 ans
Régis Moscardini : Dans le domaine de l’image. J’aimerais avoir ton avis là-dessus. Est-ce que tu penses qu’on vit en ce moment une époque un peu privilégiée avec le numérique ou à l’inverse en gros c’était mieux avant ?
Alain Pons : Non, c’est le contraire.
Régis Moscardini : Qu’est-ce que tu en penses, toi ?
Alain Pons : Je ne pense pas que c’était mieux avant parce qu’on galérait de la même manière mais je pense qu’aujourd’hui on vit dans une technologie et dans un mensonge superposés. La technologie c’est qu’on est arrivé au numérique et qu’on est arrivé dans un contexte technique qui offre extraordinairement d’avantages aux photographes, ou d’extraordinaires possibilités aux photographes. Mais on vit dans un mensonge total, c’est que les marques n’ont eu de cesse de faire croire aux photographes amateurs que parce qu’ils allaient avoir du numérique entre les mains, ils allaient travailler comme des professionnels. C’est le marketing exclusivement.
Régis Moscardini : D’accord.
Alain Pons : Et moi, ce que je déplore, je ne suis pas un passéiste c’est-à-dire que je trouve qu’il faut qu’on avance et que les technologies apportent de plus en plus à ceux qui les utilisent. Mais il y a quelque chose qui me gêne profondément, c’est que les marques n’ont eu de cesse en même temps, en parallèle que de dire aux photographes amateurs que grâce aux nouveaux matériels dont ils allaient s’équiper, ils allaient devenir des photographes hors pair. Or, on a, que je sache en 45 ans, je n’ai jamais vu de matériel faire ses propres photos, il y a toujours un mec derrière pour faire le travail. Et c’est ça qui me parait perdu dans la cause, c’est que malheureusement on laisse croire à des jeunes, ou même à des moins jeunes, qu’ils vont devenir des artistes ou des créateurs à partir du moment où ils vont avoir telle ou telle marque de matériel. Alors que l’appareil photo, ce n’est pas du tout, du tout, enfin ce n’est pas lui qui fait le travail.
Régis Moscardini : Bien sûr.
Alain Pons : Derrière, il y a un photographe qui a un œil, qui a une intelligence et une formation, et qui va appuyer sur un déclencheur ou ne pas appuyer sur un déclencheur. Et le problème il est là, il est que tant qu’on aura de cesse que de penser que c’est le matériel photo, et que plus il est sophistiqué, meilleur il est, ce sera faux.
Régis Moscardini : Et le contrepoids de tout ça, en tout cas de ce marketing-là, est-ce qu’il ne peut pas être rapporté par les magazines justement qui ont un rôle à jouer dans la mise en garde de ce mensonge marketing ?
Alain Pons : Non, parce que les magazines bénéficient de ce marketing
Régis Moscardini : Par la publicité ?
Alain Pons : Bien sûr. Un magazine ne va pas cracher dans la soupe, c’est impossible. Le problème, c’est que, aujourd’hui, la profession de photographe animalier j’entends, je ne parle pas des autres, mais les autres ça ne va pas mieux non plus, mais la profession de photographe animalier est une profession qui est morte.
Régis Moscardini : Ah carrément ?
Alain Pons : Mais vraiment morte, ah oui carrément. Il y a aujourd’hui, il y a approximativement 15 ans il y avait à peu près, on va dire en France, 100-150 photographes qui gagnaient leur vie correctement avec la photo. Aujourd’hui il y en a 2.
Régis Moscardini : Ça veut dire que quand tu parles de photographe animalier en tant que métier c’est par la vente exclusive de leurs images ?
Alain Pons : Bien sûr.
Régis Moscardini : Alors que ces mêmes photographes animaliers vendent leurs images aussi mais pour gagner leur vie, ils sont obligés de faire d’autres activités à côté qui peuvent être les stages par exemple ou d’autres choses comme ça ?
Alain Pons : Non, pas du tout, non, pas du tout. Le problème est que les revues, parce que là il y a eu aussi un vaste univers qui s’est créé et qui est assez lamentable avec les fameuses photos libres de droit.
Régis Moscardini : Les microstocks ?
Alain Pons : Voilà, exactement. Ce qui fait qu’on laisse croire à des photographes qu’ils vont gagner beaucoup d’argent sur la quantité, or la quantité n’a jamais fait gagner de l’argent à un photographe sauf quand il est bon, quand il est vraiment très bon. Et ça encore, on discute les prix là-dessus. Un photographe gagne sa vie avec des images, il gagne sa vie quand on lui fait une double page, une couverture, la seule chose qui va marquer l’esprit des lecteurs. Mais quand on achète des photos à 1,50 euro, et encore pour les plus chères, voire à 70 centimes d’euro pour d’autres, c’est un scandale, c’est un scandale. Alors évidemment il y a énormément de photographes amateurs qui pensent qu’ils vont pouvoir joindre le côté professionnel en ne vendant plus leurs photos mais en les publiant, c’est-à-dire qu’ils s’imaginent qu’ils vont gagner de l’argent plus tard parce qu’en publiant ils vont être reconnus. Ce qui est totalement faux. Mais on est dans un univers qui est un univers fou, complètement fou.
Régis Moscardini : C’est tellement libéralisé que ça en crée des problèmes. D’ailleurs …
Alain Pons : Mais moi je vois tous les photographes que je connais, aussi bien les anciens que les jeunes, qui sont de vrais photographes, tu prends Vincent Munier par exemple que j’ai connu, il avait 12 ans Vincent Munier, qui sont des photographes de très haute qualité, un garçon comme lui arrive à s’en sortir parce qu’il fait un travail qui est un travail tout à fait personnel, Cyril Auzou est un photographe qui fait tout à fait personnel, ce sont des gens qui arrivent à s’en sortir. Moi j’arrive à me débrouiller aussi parce que je suis dans un univers de pure créativité, j’ai des photos qui se sont vendues chez Yellow Corner. Donc je veux dire par là, si tu veux, c’est avec ces photos que je vis, ce n’est pas avec les photos de la presse, aujourd’hui la presse ne me demande plus rien. Si, de temps en temps on me demande une photo parce qu’ils savent que j’ai travaillé dans le contexte du noir et blanc, que j’ai des photos qui sont un peu étonnantes dans le domaine animal, etc. Mais aujourd’hui les photographes qui sont des vrais photographes de nature ou animalier et qui gagnent bien leur vie avec leur métier, il n’y en a plus.
Régis Moscardini : Alors peut-être un conseil qu’on pourrait donner à ceux qui veulent percer dans ce métier et c’est bien qu’il y en ait parce que c’est important qu’il y ait des jeunes qui veulent y aller, c’est quoi, c’est de se trouver une identité, un univers particulier, c’est de ne pas faire comme tout le monde, c’est quoi en fait le conseil à donner pour ceux qui écoutent ton discours aient quand même la motivation d’aller un peu plus loin ?
Alain Pons : Le problème, il est qu’il faut inventer quelque chose. Mais les photos qui sont aujourd’hui utilisées sont tellement mauvaises, mais c’est tellement lamentable parce qu’il n’y a rien, parce qu’en fait à notre époque on avait de la chance, à cette époque-là il fallait 10 ans pour devenir photographe professionnel minimum, aujourd’hui il faut 6 mois.
Régis Moscardini : Oui.
Alain Pons : Pourquoi ? Parce qu’un photographe qui va même faire une photo avec son iphone, même si la lumière n’est pas bonne, elle va être nette, elle va être impeccable. Et il va croire que parce que le matériel est de tout premier niveau, il va croire qu’il va pouvoir réaliser ses images comme il a en nombre, ce qui est totalement faux.
Régis Moscardini : Alors un mot à retenir de tout ce que tu dis là, c’est créativité, c’est de vraiment être créatif, créatif dans tous les sens du terme, pour percer ?
Alain Pons : Mais exactement. Pour moi, il est essentiel, il est essentiel qu’un photographe est une culture en photographie. Si tu prends par exemple, moi je l’ai fait c’est pour ça que je peux te le dire, parce que j’ai donné des conférences, etc., si tu prends une salle et que tu interroges les gens qui sont des photographes dans cette salle, que tu leur demandes quels sont ceux qui dans les derniers 6 mois ou dans les derniers 3 mois sont allés voir une exposition ou de peinture ou de photo ou de sculpture, qu’ils lèvent la main, tu vas t’apercevoir que sur une salle de 1.000 personnes, tu en as 3 qui vont lever la main.
Régis Moscardini : Oui.
Alain Pons : Et ça c’est catastrophique. C’est-à-dire qu’il n’y a plus chez ces gens-là de culture photographique, ils ne savent pas qui est qui, ils ne connaissent pas leurs pairs, ils ne savent même pas quels sont les grands photographes qui les ont précédés, ils ne savent même pas qui sont les grands reporters qui les ont précédés. Et ça, je trouve ça terrible. Et en plus de ça, comme ils n’ont aucune culture artistique, ils ne peuvent pas savoir où ils se situent. Ils se sont payé un safari, ils ont photographié un combat de lions dans un endroit à un moment donné, à midi ils ont fait des photos, etc., ils reviennent, ils pensent qu’ils sont professionnels. Mais non. Ils ont simplement eu la chance d’assister à un combat de lions dans un contexte particulier. Point. Mais je t’assure, c’est pour ça que je te parlais de ce test que j’ai fait à propos de la culture des gens dans le domaine photographique, c’est catastrophique. Quand tu vas dans d’autres domaines, dans d’autres secteurs de la photo, tu t’aperçois que le niveau de la photo animalière est quand même paradoxalement bas.
Régis Moscardini : Tu veux dire que techniquement, artistiquement, de manière créative, la photo animalière est plus basse
Alain Pons : Elle est très pauvre, elle est extrêmement pauvre.
Régis Moscardini : Par rapport à d’autres domaines comme la rue, l’architecture ou d’autres choses ?
Alain Pons : Oui, tout à fait.
Régis Moscardini : Et tu attribues ça à un manque de culture photographique au sens large ?
Alain Pons : Oui, voilà. Parce que le problème est simple. Quand tu photographies un animal, c’est lui qui fait tout le boulot.
Régis Moscardini : Oui.
Alain Pons : C’est-à-dire que toi, tu es là simplement pour l’enregistrer.
Régis Moscardini : D’accord.
Alain Pons : Or, si tu te contentes de ça, tu vas avoir une photo qui va être noyée au milieu d’un million d’images identiques.
Régis Moscardini : Je suis photographe de mode, j’ai un modèle en face de moi, si je me contente du comportement du modèle, je n’irai pas très, très loin ?
Alain Pons : Ah, ça c’est clair ! Mais non seulement tu ne vas pas aller très loin, mais tu vas te faire dégager très vite, très très vite. Et là je peux t’assurer qu’ils ne font pas de cadeaux. Alors que dans le domaine animalier, tu fais une photo, tu la fous sur un forum, tu la montres, ah c’est beau, c’est un chevreuil, c’est sympa, la lumière est pas mal. Mais il n’y a rien dedans.
Régis Moscardini : C’est super intéressant ce que tu dis, vraiment ça remet les choses à leur place parce que moi, très longtemps je pensais que justement, étant photographe animalier, je me disais, c’est dur parce que l’animal, la nature elle est capricieuse, elle n’est jamais là où il faut, il y a ce côté difficile là, mais c’est vrai que par contre c’est l’animal qui fait tout le boulot. Et je me disais à l’inverse qu’un photographe de mode, c’est plus simple, on peut demander au modèle de sourire, on peut lui demander de se baisser tranquillement. Bon, voilà. Mais finalement ce serait presque l’inverse ?
Alain Pons : Si tu ne sais pas photographier, tu n’as aucune chance.
Régis Moscardini : C’est vrai.
Alain Pons : Même avec le plus beau sourire que le modèle va te faire, tu n’as aucune chance.
Régis Moscardini : Quoi faire pour avoir une bonne culture photographique ? S’acheter des livres ?
Alain Pons : Il faut un, voilà, tu as déjà répondu à une première question, il faut bouquiner un maximum
Régis Moscardini : Et pas que la photo animalière ?
Alain Pons : Et pas que de la photo animalière. Il faut aller voir des expositions de peinture, il faut aller voir des manifestations qui sont des manifestations culturelles au cours desquelles tu vas pouvoir voir comment les gens travaillent dans le domaine de la décoration, etc. Plus tu vas pouvoir nourrir ton esprit de toutes ces images, de toute cette conceptualité, mieux tu vas réussir ce que tu vas entreprendre. C’est aussi simple que ça.
Régis Moscardini : D’accord.
Alain Pons : Mais je peux t’assurer que si tu fais un sondage auprès des photographes que tu vas interroger, demande leur simplement quelles sont leurs références sur le plan pictural, aussi bien dans le domaine de la photo, tu vas leur demander de te citer 3 ou 4 grands photographes dans le domaine dans lequel tu vas les interroger, dans le domaine animalier par exemple, tu n’en as pas un, tu vas voir ce que je te dis, qui va te donner des informations sur tel ou tel photographe. Mais est-ce que tu te rends compte que j’ai eu la chance dans ma vie de rencontrer Robert Doisneau et de vivre avec lui en amitié pendant quelques mois avant qu’il décède. J’ai eu la chance de côtoyer Jean-loup Sieff qui était un extraordinaire photographe de mode. J’ai eu la chance de rencontrer des photographes de cet ordre-là. J’ai eu la chance de rencontrer Salvador Dali. J’ai eu la chance de rencontrer des gens de cet acabit-là.
Régis Moscardini : D’accord.
Alain Pons : Mais tu n’imagines pas ce que ces gens sont précieux dans un parcours.
Régis Moscardini : Alors évidemment on n’aura pas tous la chance de rencontrer des gens comme tu l’as fait mais …
Alain Pons : Bien sûr.
Régis Moscardini : Mais on peut les rencontrer de manière …
Alain Pons : On peut rencontrer leur travail.
Régis Moscardini : Leur travail exactement. D’accord.
Alain Pons : Mais absolument. Moi j’ai eu cette chance parce que ça s’est produit de cette manière-là mais j’ai passé ma vie, il faut dire que j’ai fait des études pour ça, mais j’ai passé ma vie à aller voir des expositions, à bouquiner, à lire des livres, à regarder qui était qui, pourquoi celui-là on parlait de lui, etc., etc. Et je me suis rendu compte que c’était d’une richesse exceptionnelle.
Régis Moscardini : Alors je résume, il faut donc pour être un bon photographe animalier ou un très bon, il faut, évidemment il y a l’aspect technique et matériel, ça on ne peut pas y couper mais ce n’est pas ce qui prime
Alain Pons : Ce n’est pas une obligation.
Régis Moscardini : Mais ça compte un petit peu ?
Alain Pons : Ça compte.
Régis Moscardini : Ça compte.
Alain Pons : Ça compte un peu mais ce n’est pas l’essence de ce travail.
Régis Moscardini : Et ensuite il faut avoir des connaissances naturalistes évidemment
Alain Pons : Ah bah oui !
Régis Moscardini : Et en plus des connaissances et de la culture artistique, et c’est souvent là où le bât blesse.
Alain Pons : Complètement.
Régis Moscardini : Est-ce un avantage pour toi de maitriser toute la chaine de l’image, de la prise de vue jusqu’à l’édition en passant par le graphisme, la mise en page ?
Alain Pons : Non. Ce n’est pas indispensable.
Régis Moscardini : Ce n’est pas indispensable ?
Alain Pons : Non. C’est un avantage en revanche, tu l’as dit, c’est un avantage tout simplement parce que ça permet de pouvoir s’aider soi-même et d’aider les autres en même temps.
Régis Moscardini : Oui.
Alain Pons : Mais c’est en plus un choix que j’ai fait il y a très longtemps.
Régis Moscardini : Je voulais te demander si ça ne nuisait pas à ton travail purement de photographe, de production photographique ?
Alain Pons : Au contraire.
Régis Moscardini : Au contraire, d’accord.
Alain Pons : Mon travail de graphiste me permet, comment dirais-je, d’être sélectif. Quand tu rencontres une girafe dans la nature, je prends l’exemple d’une girafe parce que c’est ce qui me vient à l’esprit, c’est d’une banalité effrayante, la girafe c’est un animal très difficile à photographier, que tu peux photographier verticalement ou horizontalement mais plutôt verticalement. Or, c’est vrai que ce n’est pas franchement le pied de te créer avec une photo verticale. Ce qui est important, ce n’est pas la girafe en soi, c’est que le résultat que tu vas obtenir soit à la hauteur de ce que tu as voulu faire. C’est-à-dire que la girafe n’est qu’un élément qui va te permettre d’accéder à un niveau artistique que, lui, tu auras cherché.
Régis Moscardini : Oui, je comprends. C’est-à-dire qu’il faut quand même avoir en amont une certaine idée de ce que l’on veut faire ?
Alain Pons : Moi, le fait d’accompagner des voyages parce que ça fait quand même 30 ans, non pas 30 ans, ça fait depuis 1985 que j’accompagne des voyages, j’ai même créé une entreprise qui était dédiée aux voyages photographiques et qui a été la première en France et même en Europe à ne faire que ça, à ne faire que ça. Donc on l’a fait à un moment donné, j’en suis parti mais je continue à accompagner des gens qui veulent photographier. Mais quand je vois les gens, la manière dont ils arrivent, je dirais que j’essaie de le remettre dans le chemin essentiel de la photographie, c’est-à-dire que j’essaie de ne pas faire correspondre le nombre d’animaux qu’ils vont voir avec le nombre ou la quantité d’argent qu’ils ont dépensé pour venir dans ce voyage, j’essaie de leur apprendre la vie des animaux qu’ils vont rencontrer, j’essaie de leur montrer les animaux, de quelle manière on les observe, de quelle manière on les suit, de quelle manière on anticipe, de quelle manière on raconte leur histoire, de quelle manière on vit avec eux, etc., etc. Mais je peux t’assurer que les gens quand ils sont dans ces voyages-là, s’il y en a que tu veux interroger il n’y a pas de souci, mais ce sont des gens qui sont totalement transformés sur la manière de photographier.
Régis Moscardini : Tu ne les emmènes pas avec toi, tu ne les fais pas payer pour être avec toi pour avoir des photos de girafe par exemple, c’est toute une démarche beaucoup plus large que ça ?
Alain Pons : Ah, mais complètement. Mais ça ne m’intéresserait pas de les emmener pour autre chose que ça. Moi, ce qui m’intéresse, c’est que ces gens-là soient passionnés de nature, passionnés de photo et qu’ils veulent construire une image qui va raconter le moment qu’ils ont vécu avec l’animal.
Régis Moscardini : Et ça c’est plus difficile que d’appuyer sur le déclencheur ?
Alain Pons : Ah, mais bien entendu. Alors, j’en ai bien sûr qui appuient sur le déclencheur, je ne vais pas les condamner non plus, mais le problème c’est que ce n’est pas le but. J’essaie de leur expliquer que ce n’est pas ça le but, le but ce n’est pas de tirer une rafale sur un animal qui est en train de courir, encore que s’il est en train de courir, là il y a des excuses. Mais sur un animal qui est statique, tu prends l’exemple d’un léopard qui est allongé sur une branche d’arbre, il est là, tu as 2 heures devant toi pendant lesquelles tu vas pouvoir faire des photos.
Régis Moscardini : Bien sûr.
Alain Pons : Tu ne vas pas quand même arriver et commencer à mitrailler, et j’en ai vu, j’en ai vu, j’en ai entendu.
Régis Moscardini : Ils ont le doigt un petit peu lourd, c’est pour ça.
Alain Pons : Il y en a qui ont le doigt un petit peu lourd, oui, ça c’est clair.
Régis Moscardini : Je voudrais à présent évoquer avec toi, Alain, le projet, qui n’est plus un projet je pense, parce que maintenant il est quand même bien avancé, c’est « Une image sur le mur ».
Alain Pons : Absolument.
Régis Moscardini : Alors c’est quoi exactement « Une image sur le mur », s’il te plait, est-ce que tu peux nous expliquer ?
Alain Pons : « Une image sur le mur », si tu veux, ça va se développer, pour le moment c’est encore un peu de boulot
Régis Moscardini : C’est nouveau mais c’est joli !
Alain Pons : Oui, voilà. Mais c’est un concept, c’est de mettre à disposition d’une clientèle potentielle des images pour la décoration de la maison, c’est-à-dire que l’on peut mettre aussi bien des photos en noir et blanc qu’en couleurs que conçues que réalisées, pour les gens qui sont passionnés par la nature et qui ne savent pas photographier ou qui préfèrent acheter les photos des autres, etc. Donc le but est celui-ci.
Régis Moscardini : J’invite ceux qui nous écoutent à y aller, c’est uneimagesurlemur.com tout simplement, rien déjà pour la beauté du site. Alors c’est vrai c’est un site commercial au sens où on achète
Alain Pons : Absolument.
Régis Moscardini : Des photos, mais le site est très joli, très bien fait, et en plus les photos que tu proposes sont très belles, et je crois que ce qui te distingue d’autres tireurs de photos, c’est vraiment, c’est quoi, c’est la qualité, c’est les dimensions, c’est les formats ?
Alain Pons : Mais c’est une qualité hors pair. En fait, moi je n’ai pas l’intention de vendre des photos juste pour vendre une quantité photographique, je partage un art avec des gens qui sont sensibles à ce que je fais. Quand je dis je partage un art, c’est-à-dire que, c’est peut-être prétentieux ce que je vais te dire, mais je m’identifie si tu veux à toute la gente artistique. C’est-à-dire que je considère que les photos, quand je les travaille, moi quand je travaille des photos, je ne me contente pas d’appuyer sur le bouton sur Photoshop qui va me permettre de les mettre en noir et blanc, ça ne m’intéresse pas.
gis Moscardini : C’est une vraie démarche artistique.
Alain Pons : Absolument, moi je passe une semaine quand je travaille une photo.
Régis Moscardini : Comme un artiste peintre va passer une semaine voire plus sur sa peinture ?
Alain Pons : Complètement. Il m’est arrivé d’arrêter de travailler sur une photo et d’y revenir après deux, trois semaines parce que je l’avais en tête et que je voulais voir absolument ce que j’avais en tête, et puis de ne pas réussir, de la laisser de côté et puis de revenir après, etc., parce que je ne veux pas que la photo soit simplement un cliché, un instantané fait à un moment donné, à l’instant t, ça ne m’intéresse pas.
Régis Moscardini : Alors j’imagine, je sais bien que ça les vaut mais on est tellement habitué à voir des tarifs low cost sur plein de tireurs d’images, c’est toujours moins cher et en plus grande quantité, toi c’est tout l’inverse ?
Alain Pons : Oui.
Régis Moscardini : C’est 140 euros pour un contre-collage de 30 cm sur 45, c’est vrai que ça peut paraitre surprenant un tel tarif mais finalement quand on t’écoute, ce n’est pas si surprenant que ça ?
Alain Pons : Voilà. Le problème est qu’effectivement c’est là où il y a une ambigüité. C’est que je n’ai pas le contact avec tous ceux qui veulent acheter une photo pour leur expliquer ça. Moi, je veux que ces gens-là quand ils vont avoir fait la démarche d’acheter une image, ils aient le plaisir de la regarder et de lire l’histoire de cette photo en la regardant, en se disant à un moment donné,jusqu’à ce qu’ils se disent à un moment donné, je ne regrette pas d’avoir mis cet argent dans une image.
Régis Moscardini : Et il faut voir ça comme un tableau d’artiste peintre
Alain Pons : Bien sûr.
Régis Moscardini : J’ai été faire une exposition il n’y a pas très longtemps, en bas de chez moi, j’ai la chance d’avoir une galerie où il y a régulièrement une exposition, il y a des expositions faites sur la photo des peintres locaux, et le tarif c’est ça, on n’est pas loin des 500 euros pour du 60 par 90 par exemple, mais ça fait partie de la culture de la peinture.
Alain Pons : Tout à fait.
Régis Moscardini : En photo on n’est pas dans cette optique-là et un tel tarif peut surprendre, et en fait non.
Alain Pons : Voilà, là je suis d’accord avec toi, c’est simplement parce que le tirage qu’ils vont avoir ne ressemblent en rien à un tirage lambda, c’est un tirage de très grande qualité, toutes les photos sont signées, numérotées, et il n’y a pas 50.000 photos qui vont se balader dans la nature.
Régis Moscardini : C’est ça. Alors là j’invite vraiment encore une fois les auditeurs, les lecteurs à aller voir le site, ne serait-ce que pour le site, mais en plus pour voir quand même le concept qui mérite le détour. Pour finir une question traditionnelle, j’aimerais que tu fasses s’il te plait, alors tu as dû prendre des milliers et des milliers de photos dans ta vie de photographe, mais j’espère que tu t’en rappelleras en tout cas de celle dont je vais te parler maintenant. Je voudrais que tu fasses le making of d’une de tes photos, alors j’ai choisi une photo de groupe de Massaïs dans le parc du N’Gorongoro en contre-jour d’un coucher de soleil. Elle est vraiment magnifique.
Alain Pons : Ah oui, d’accord.
Régis Moscardini : Donc ce n’est pas un animal, on n’est pas dans l’animalier, on est quand même dans la nature, dans le reportage du safari, on est quand même là-dedans finalement. Est-ce que tu revois cette image-là ? J’aimerais, s’il te plait, que tu nous expliques un petit peu les conditions de prises de vue, qu’est-ce qui t’a amené à avoir ce résultat-là qui, en plus d’être graphique, raconte quelque chose, c’est vraiment une superbe image.
Alain Pons : Ce sont simplement des Massaïs qui ont dû à ce moment-là, c’est dans l’aire de conservation du N’Gorongoro en tanzanie, ce n’est pas dans le cratère, c’est du côté de la partie des plaines et forêts, enfin ce que l’on appelle les savanes arbustives, c’est-à-dire qu’il y a des arbres comme tu peux le voir, et ces Massaïs-là ce sont des Massaïs, des jeunes, qui se sont réunis certainement à ce moment-là parce qu’ils ont dû à un moment donné préparer leur départ pour emmener leurs troupeaux, et il s’est trouvé que moi je suis passé à ce moment-là, on s’est arrêté parce que je pense, il me semble que c’était ça, la voiture a dû s’arrêter pour une personne qui avait besoin d’aller aux toilettes, et puis ces gens-là étaient un petit peu plus loin, j’ai sorti mon appareil photo parce que j’ai trouvé que ce contraste avec les Massaïs et ce soleil levant était absolument extraordinaire.
Régis Moscardini : Alors le résultat est super. Ce n’est pas un groupe que tu suivais en fait ? C’est vraiment l’opportunité ?
Alain Pons : Pas du tout. C’est le hasard le plus absolu. Et en plus ce que j’ai fait, c’est qu’ensuite pour la qualité du noir, parce que je ne voulais pas que les Massaïs se détachent de ce décor par la couleur, j’ai travaillé un petit peu de telle manière à ce que le noir soit renforcé.
Régis Moscardini : On le voit. D’ailleurs le noir est vraiment très sombre, très noir, très profond et il y a de petits traits de dorés qui rappellent une peinture justement, c’es très très beau.
Alain Pons : Mais c’est ça qui m’a intéressé si tu veux, c’est qu’en fait quand j’ai vu que cette image-là, moi je n’étais pas très favorable au fait de, comment dirais-je, de fixer et de centraliser les Massaïs dans la photo mais ça s’est trouvé comme ça, il a fallu que je fasse très très vite parce qu’il fallait qu’on rejoigne un endroit, bon bref, toutes les contraintes matérielles qui peuvent exister, j’en ai fait 2 ou 3 de cette série-là, c’est vrai que celle-là est celle qui m’a le plus intéressé.
Régis Moscardini : Alors juste techniquement parce que ça intéresse quand même pas mal de gens qui nous écoute, techniquement comment faire pour procéder, pour avoir ce résultat-là, techniquement qu’est-ce qu’il faut faire avec son appareil ?
Alain Pons : Techniquement ce n’est pas sorcier parce que le lever du soleil était en train de se produire, le soleil était quand même assez haut, et habituellement quand tu fais une photo comme ça tu es obligé de surexposer un petit peu pour que la couleur soit assez bonne, mais là je n’ai pas eu besoin parce que le contraste était fort, le contraste était très fort.
Régis Moscardini : D’accord.
Alain Pons : Ce qui fait que moi j’ai fait ma prise de mesure sur le paysage, le paysage bien entendu il s’étendait de part et d’autres de la photo, j’ai fait ma prise de mesure sur le paysage que j’ai bloquée et je suis allé photographier les Massaïs. Alors à l’époque, c’était quand même de l’argentique mais on pouvait le faire.
Régis Moscardini : Donc mesure de lumière sur le paysage
Alain Pons : Sur la couleur en fait.
Régis Moscardini : Sur la couleur environnante et mise au point sur les Massaïs.
Alain Pons : Voilà. Oui, parce que de toute façon les Massaïs avec la couleur et le contre-jour qu’il y avait, les Massaïs allaient devenir automatiquement noirs, plus noirs.
Régis Moscardini : Bien sûr. C’était le but de la manœuvre.
Alain Pons : Oui, tout à fait.
Régis Moscardini : D’accord. Très bien. Je te remercie beaucoup, Alain Pons, c’était très intéressant.
Alain Pons : Pas de problème. Je suis très heureux de t’avoir rencontré et d’avoir pu te parler de choses que l’on aime l’un et l’autre.

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Madagascar le dernier film inédit de Ronan Fournier-Christol

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Ça fait très longtemps que je n’ai pas testé de DVD sur le blog ! Le dernier en date est celui de Ronan Fournier-Christol et son désormais célèbre « les Secrets de photographes animalier ». Deux nouveaux opus sont même sortis depuis. Les fans sont ravis !

Je réveille donc cette catégorie du blog avec le test d’un nouveau DVD : Madagascar – Les trésors verts de l’île rouge, un film de … ah tiens ! de Ronan Fournier-Christol ! Promis, j’ai pas fait exprès … euh si en fait  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Pourquoi à nouveau ce cinéaste spécialisé en films et documentaires animaliers ? Parce que j’aime son travail. Nous avons été très nombreux à avoir adoré « les Secrets de photographes animalier » (qui au passage a notamment remporté le prix spécial du jury au festival du film nature de Namur). Je ne m’avancerais pas trop en affirmant que des passions sont nées grâce à cette trilogie.

Même si celle-ci à fait découvrir Ronan Fournier-Christol au grand public, il n’en demeure pas moins qu’il a produit et écrit d’autres documentaires animaliers :

  • Le banquet des loutres (Prix du jeune Public et Coup de coeur du Jury du Festival nature et Environnement de Grenoble 2011)
  • Pantanal, le dernier sanctuaire du jaguar
  • Madagascar, les trésors verts de l’ile rouge Madagascar, séléctionné aux festivals animaliers de Namur et de Ménigoute

Je vous invite à vous rendre sur le site internet de la société de production Songes de Moaï pour découvrir en détail tout ça.

C’est la toute dernière production que j’ai voulu vous faire connaitre, Madagascar, les trésors verts de l’ile rouge. Me demandez pas trop pourquoi ! Peut-être parce que je ne suis jamais allé à Madagascar (dans le Pantanal non plus d’ailleurs !  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol ). Peut-être aussi parce que mes deux séjours sur l’ile de la Réunion, proche, m’ont donnés envie de découvrir la 5ème plus grande île du monde.

affiche madagascar petite Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Toujours est-il que j’y suis allé franco  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol . J’ai contacté Ronan Fournier-Christol : « bonjour, je suis Régis Moscardini, photographe animalier, je tiens le blog auxoisnature.com, blablablabla … je voudrais faire une critique de votre dernier DVD. Pouvez-vous m’envoyer un exemplaire ? ». Trois jours plus tard, j’insérais la galette dans le lecteur, carnet de note et stylo à la main. Et je découvrais, comme vous maintenant, les détails du documentaire sur la jaquette :

  • Genre : Documentaire animalier
  • Durée : 1 h 44 (2 x 52mn)
  • Audio : français
  • Production : Songes de Moaï
  • Réalisation : Ronan FOURNIER-CHRISTOL
  • Musique : Yannis DUMOUTIERS
  • Avec la participation de Jonah RATSIMBAZAFY, Directeur Exécutif du Groupe d’Etude et de Recherches sur les Primates de Madagascar (GERP).
  • Résumé :

Ce film dévoile un paradis écologique d’une richesse inouïe, un patrimoine naturel merveilleux, à protéger de toute urgence.
Madagascar, la 5e plus grande île du monde, est une véritable Arche de Noé. En effet, elle abrite une faune dont 80% des espèces sont uniques au monde. Ici, des oiseaux multicolores, des reptiles surprenants et de facétieux lémuriens se partagent des biotopes remarquablement variés. Des savanes d’altitude jusqu’aux forêts luxuriantes de la côte Est, en passant par les forteresses minérales des Tsingys, c’est un sanctuaire à la beauté fascinante. 
La caméra de Ronan Fournier-Christol a réussi à s’immiscer auprès des animaux en toute tranquillité, afin de nous offrir des instants de vie authentiques, émouvants et inoubliables.

  • Et enfin la bande annonce :

Le test du documentaire

Le scénario

On pourrait penser que pour créer un documentaire il suffit de lancer une succession d’images d’animaux, de paysages (jolis si possible) avec une musique (jolie aussi), du texte et une voix. C’est faux ! Ronan Fournier-Christol a écrit là une vraie histoire, avec un scénario et des vrais personnages qui existent.

Un scénario certes plus ou moins imposé par la nature, des personnages certes pas toujours très coopératifs mais il y a une histoire. Avec un début, un milieu et une fin. Une histoire entrecoupée d’anecdotes , d’aventures et d’émotions.

Nous sommes je crois en France, assez mal éduqués à l’image. Je suis en tant qu’instit bien placé pour dire que le décryptage audio-visuel est très rare dans les classes de primaire. Comprendre le mécanisme d’une vidéo, d’un documentaire, d’un film nous est difficile. Disons que nous sommes plus dans le rôle du spectateur passif et moins dans celui du spectateur actif et décripteur !

Pourquoi je vous dis ça ? Et bien parce ce que si je suis resté 2 x 52 minutes scotché devant mon écran d’ordinateur, ça n’était pas seulement dû à la beauté des paysages et des animaux du documentaire. Non. Aussi et surtout parce ce que ce documentaire là a un vrai sens narratif.

On ne s’en rend pas compte mais pour passer d’un animal à un autre, d’un paysage à un autre,  il y a toujours un lien, un enchainement. Ça rend le film très fluide. Un peu comme une composition de photo : on ne se rend pas compte que notre regard est guidé par des lignes directrices. Là c’est pareil : notre attention est guidée par des enchaînements travaillés que nous ne percevons pas.

Et puis il y a des petites histoires dans l’histoire. Comme celle de ce caméléon un peu maladroit cherchant à conquérir une femelle ! Ça n’est  pas du Alfred Hitchcock évidemment mais il y a une part de suspens. Ça rajoute aussi de l’intérêt.

cameleon Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Je ne vais pas transformer ce test en une séance de décortication image par image, mais il me semble important de vous montrer 3 exemples d’enchaînements :

  • un passage explique l’effet du ruissellement de l’eau sur l’érosion des sols. Pour la scène suivante, nous naviguons sur cette même eau au travers d’un fleuve,
  • découvrir une nouvelle espèce se fait en plusieurs étapes : plans larges pour situer le milieu de vie, plus près pour bien situer l’action, puis des gros plans afin de connaitre l’animal,
  • on passe un petit moment au sol avec des rapaces de l’île et, en une fraction de seconde, on est dans le ciel. Pas seul. Avec ces mêmes rapaces. L’occasion d’admirer l’île vue du ciel. Ça parait simplissime dit comme ça. Mais c’est indispensable.

Le documentaire n’est fait que d’enchainements destinés à faciliter la compréhension et relancer constamment l’intérêt du spectateur. Voilà pourquoi, croyez-moi, vous ne vous ennuierez pas une seconde en regardant Madagascar, les trésors verts de l’ile rouge.

Le message

Choc dans les dix dernières minutes : le spectateur vient de passer 1h30 à contempler la beauté de la faune et de la flore malgache. Malgré les quelques piques de rappel sur les menaces au cours du film, on se prête à croire que tout va bien. En effet, on ne voit pas de traces d’urbanisation.

Mais d’un coup,  avec le témoignage de Jonah Ratsimbazafy, le documentaire passe du statut de beauté merveilleuse à celui de beauté menacée.

Avec les conséquences du travail des orpailleurs, la déforestation des forêts d’eucalyptus, la gestion de l’invasion des criquets et surtout la culture sur brulis. Toutes ces activités humaines menaçant certaines de très nombreuses espèces animales. 

Ronan Fournier-Christol propose plus que le simple constat du « tout va mal« . Une analyse certes rapide mais nécessaire est avancée : la population malgache est surtout victime de sa pauvreté. Le discours de Jonah Ratsimbafay est sans concession. Il est aussi porteur d’espoir et réussi la prouesse, malgré la dureté du constat, de donner une vraie raison d’espérer.

baobab Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Le décor

Evidemment, Ronan Fournier-Christol n’a pas posé ses caméra sur l’île de Madagascar par hasard ! Le simple fait d’évoquer ce nom nous emmène déjà dans des paysages somptueux.

Cela va sans dire : le milieu dans lequel est tourné le documentaire est prodigieux. Je vous l’ai dit, j’ai eu la chance d’aller par deux fois à la Réunion. J’ai retrouvé par moments des similitudes entre les deux iles : des décors et des scènes incroyables.

Ceci étant, il ne suffit pas de photographier un bel endroit pour en faire une belle photo ! (ouf, sinon bon nombre de blogs, dont le mien, auraient du souci à se faire  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol ). Le cinéaste, en plus de maitriser le 7ème art, doit dominer le 8ème ! (quoi ??!! vous ne connaissez pas par coeur la classification des arts ?  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol Allez, pour votre culture G, c’est cadeau  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol  :

  • 1er art : l’architecture ;
  • 2e art : la sculpture ;
  • 3e art : les « arts visuels », qui regroupent la peinture et le dessin ;
  • 4e art : la musique ;
  • 5e art : la littérature, qui inclut la poésie ;
  • 6e art : les « arts de la scène », qui regroupent le théâtre, la danse, le mime et le cirque ;
  • 7e art : le cinéma ;
  • 8e art : la photographie  (c’est nous !)
  • 9e art : la bande dessinée (source Wikipédia)

Les photos, au sens de plan fixe, sont très belles. Je me souviens avoir été bouche bée en découvrant certaines images : des couchers de soleil, le mimétisme de certains insectes, l’attitude des mammifères, … bref, Ronan Fournier-Christol a l’oeil du photographe nature.

maki catta Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Et puis, pour ceux qui aiment les animaux (tout le monde ici en fait  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol ) , il est absolument impossible de rester insensible devant les portraits dressés. Tout est passé en revue : les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les mammifères qui ont la part belle dans ce documentaire.

La musique

Alors là … j’en ai encore les poils tout hérissés ! C’est le compositeur Yannis Dumoutiers qui est l’auteur de la magnifique musique du documentaire. Je suis d’une nature curieuse et j’ai lancé une recherche internet pour en savoir plus sur cet artiste.

Figurez-vous que M. Dumoutiers n’est pas un lapereau de 3 semaines  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol . Il travaille à l’habillage musicale pour des publicités de grandes marques et aussi pour des jingles d’émissions de télévision. Bref, c’est un vrai pro virtuose de l’association des images et de la musique.

Loin d’être omniprésente, la musique colle parfaitement et concourt à l’ambiance prenante.

marojejy Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Je revois encore les scènes suivantes qui n’ont très franchement rien à envier à certains films de cinéma :

  • le survol des hauts plateaux de l’ile en compagnie des rapaces comme pour se mettre à la place des oiseaux,
  • l’immersion sous l’eau avec les images accompagnées par la musique de Yannis Dumoutiers. Elles vous plongent dans une ambiance incroyable. On a envie de pousser le son à fond !
  • le passage décrivant les hauts plateaux désolés et secs, presque sans vie apparente est aussi superbe. Le retour de la musique (je vous l’ai dit, elle n’est pas présente en permanence pour mieux l’apprécier) renforce cette impression de désolation et de dureté,
  • et dans la même scène, le réalisateur nous montre la présence d’une oasis contrastant avec les proches hauts plateaux désertiques. La musique devient alors plus joyeuse, entrainante, et le sourire revient très vite sur les lèvres.

Je vous assure que ce compositeur est un magicien !

Des apports naturalistes

Je suis un grand fana des informations naturalistes du type records, incroyables mais vrai. Vous savez les trucs du genre « le venin de ce scorpion pourrait tuer 10 hommes adultes« . A tel point que j’emprunte souvent des livres du genre dans le rayon nature … et enfant de la bibliothèque  !  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

epilemurs Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Avec ce DVD j’ai été servi (et je ne vous dévoile pas tout !) :

  • vous apprendrez pourquoi les lémuriens ont pu évoluer tranquillement , et bien plus que nulle part ailleurs
  • pourquoi certaines espèces de lémurien passent beaucoup de temps à se faire des papouilles
  • quel animal est capable d’ingurgiter des doses de cyanure qui tuerait n’importe quel humain !
  • pourquoi un lémurien pratique la géophagie (et surtout pas moi !)
  • pour quelle raison le fossa est une énigme pour les scientifiques
  • et bien d’autres …

Ma conclusion

J’ai aimé :

  • pouvoir regarder d’une traite les 2 x 52 minutes sans voir le temps passer et sans m’être jamais ennuyé
  • la musique de Yannis Dumoutier. J’en ai longuement parlé dans le test. J’en remets une couche : formidable.
  • la beauté des images. Qu’elles soient de paysages ou d’animaux. Quasiment chaque plan, chaque scène est une photo à encadrer.
  • les textes lus. En plus de son talent de cinéaste, Ronan Fournier-Christol possède celui de l’écriture. Les phrases sont percutantes, amusantes, sans êtres intrusives. Et la voix du narrateur est très agréable.
  • le message d’espoir pour préserver la faune et la flore malgache malgré la situation critique

J’ai moins aimé :

  • Aux changements de sites de l’île, présenter une petite incrustation carte avec un joli point rouge « vous êtes ici » permettrait de mieux se situer (bon en même temps je fais parti des gens qui ont un planisphère accroché au mur de leur salon !)
  • J’aurais bien voulu visionner quelques scènes du tournage. J’aime bien les making off. J’aime bien découvrir les trucs des réalisateurs. Et donc, j’aurais apprécié que Ronan Fournier-Christol évoque pour nous quelques anecdotes de tournage.

sifaka soyeux 2 Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Comment obtenir le film ?

La première façon, qui fonctionne à 100% est de vous rendre directement sur la page de présentation du site de Ronan Fournier-Christol en cliquant ici. Cerise sur le gâteau, (j’ai failli écrire feuille d’eucalyptus sur la branche !  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol ) une version Blu-ray est disponible et je vous la conseille fortement pour en prendre encore plus plein la vue.

La deuxième façon, beaucoup plus aléatoire, est de tenter votre chance en participant au petit jeu-concours que je mets en place. C’est maintenant une habitude sur le blog, tous les livres et DVD que je teste pour vous sont mis en jeu ! D’une parce que ça me fait plaisir et de deux parce que ça vous fait plaisir non ? :-)

Alors si vous êtes joueur, c’est très simple : répondez (bien) à ces 2 questions dans les commentaires. Si vous êtes plusieurs à répondre juste, alors je tirerai au sort le commentaire gagnant avec le site randomizer.org.

  • Question 1 : en quelle année a été fondée la société de production audiovisuelle Songes de Moaï ?
  • Question 2 : quelle est la seule femme photographe ayant participé au tournage de « Les secrets des photographes animaliers n°3″ ?

Le tirage au sort aura lieu le lundi 10 novembre à 12h00.

TRÈS IMPORTANT : si vous ne voyez pas apparaître votre commentaire … c’est normal ! Rassurez-vous, il est bien enregistré dans la base de données mais pour éviter que vous ne vous copiez les uns sur les autres … je ne le fais pas apparaître tout de suite. Hé hé hé, que croyez-vous, vous avez à faire à un instituteur rodé aux meilleurs techniques de pompages icon smile Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

Nicole Goudreau

Bonne chance et bon courage !

*** EDIT du lundi 10 novembre ***

J’ai effectué ce lundi 1à novembre à 12h00 le tirage au sort via le site internet Randomizer. Vous avez été 37 à poster un commentaire. J’ai donc demandé au site de me tirer au hasard un nombre compris en 1 et 37. Car chaque commentaire posté a un numéro attribué.

Et … l’heureux gagnant du DVD  Madagascar, les trésors verts de l’ile rouge est …… le numéro 31. C’est donc  Nicole Goudreau qui remporte le magnifique documentaire de Ronan Fournier-Christol. Bravo !  Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

2014 11 10 1422 Madagascar : le dernier film inédit de Ronan Fournier Christol

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3 règles de composition à adopter

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Ah … la composition en photographie animalière … c’est peut-être la dernière roue du carrosse dans le processus d’apprentissage ! Avouez que vous préférez passer plus de temps à peaufiner votre technique, vos réglages, votre approche, votre affût que de réfléchir à la composition de votre prochaine photo !

Et pourtant … La problématique du placement du sujet dans le cadre est une des clés d’une photo réussie. Il n’y a pas que ça évidemment puisque la lumière, l’attitude du sujet, l’exposition concourent aussi à la réussite d’une photographie. Alors désolé de vous rajouter une contrainte supplémentaire, mais la composition est très très importante.

D’ailleurs, ça vous évoque quoi vous ce terme de composition ? Si je vous pose la question « que signifie pour vous le mot composition en photographie ? » J’aimerais bien vous avoir sous la main tiens pour connaitre vos réponses … que j’imagine toutes différentes  3 règles de composition à adopter

Je vous donne la mienne, comme ça à la volée :

« la composition est la façon dont le photographe agence les différents éléments constituants une scène ».

Voilà pour moi. Passons à la définition de Wikipédia (que je n’ai pas lue auparavant promis !) :

« la composition picturale est l’art de composer une image en fonction de formes et de couleurs dans le but de donner un équilibre global à l’image par le choix des masses de couleurs et des lignes directrices. »

Vous voyez que je ne l’avais pas lue !  3 règles de composition à adopter Wikipédia (en tout cas son rédacteur pour cet article) ajoute la dimension de la couleur. Pas bête.

Bon, pour faire simple, la composition est  :

« comment, vous, photographe, allez placer le sujet principal dans l’image et surtout comment, vous allez vous débrouiller pour que le regard du spectateur se dirige en une fraction de seconde vers le sujet principal ».

Et pour parvenir à ça, rien n’est dû au hasard. N’écoutez pas ceux qui vous disent : « oh pour moi la composition c’est simple, je laisse parler ma créativité, mon émotion du moment qui me guide dans mes choix ». Je considère cela comme du blabla. Il faut prendre le problème à l’envers ! L’émotion doit surtout être créée chez le spectateur. C’est tout le rôle de la composition que d’aider celui qui regarde une photo à être ému.

Voici pour l’introduction, un peu longue, c’est vrai ! Allez, je vous livre maintenant 3 conseils pour vous aider à mieux composer vos photos. Elles fonctionnent à tous les coups !

Composition 1 : laisser de l’espace (beaucoup d’espace)

Voici une composition qui n’est pas la plus utilisée par les photographes animaliers. Et encore moins par les débutants ! On est tous passé par là : s’approcher, s’approcher et encore s’approcher. Jusqu’à faire un méga portrait qui tue. C’est bien aussi mais la photo animalière n’est pas que ça.

N’oubliez que vous prenez des animaux sauvages qui vivent dans un environnement particulier : leur environnement. Alors quoi de plus logique finalement que de tenter d’intégrer cet environnement dans la scène ? (au passage j’avais écris un article justement sur comment photographier les animaux dans leur environnement)

Attention tout de même à ne pas tomber dans le piège de la photo naturaliste. Au passage, je n’ai rien contre la photo naturaliste. Elle est utile au scientifique par exemple. Mais ce que je souhaite moi et vous en tant que photographe animalier c’est de montrer la beauté de l’animal au plus grand nombre.

L’idée ici sera donc d’intégrer l’environnement tout en gardant une photo esthétique. Comment faire ?

  • Première chose, ne surtout pas centrer le sujet. D’autant que dans cette composition là, l’animal tiendra une petite place dans la scène. Choisissez plutôt de le placer près des bords de l’image. Cela donne un vrai sens à l’espace de vie de l’animal. En le centrant, vous l’enfermez en quelque sorte. En l’excentrant, vous lui re-donner son espace vital !
  • Deuxième chose, le sujet devra être identifiable au premier coup d’oeil. Encore une fois, il y a de fortes chances pour qu’il tienne moins de 10 % de l’image. C’est peu, très peu ! Et pourtant, le spectateur ne doit pas avoir à le chercher … sinon, il ira voir la photo du voisin d’à coté.

oiseau 1 3 règles de composition à adopter

Pour cela, rien de tel qu’un bon vieux clair-obscur. Il suffit d’un petit contre-jour bien senti pour que l’animal soit très sombre afin qu’il ressorte dans son environnement qui lui sera plus clair ! Ça fonctionne à tous les coups.

Pour y parvenir, faites la mesure d’exposition sur une partie lumineuse de la scène, mémorisez là avec la touche idoine puis faites la mise au point sur l’animal. Déclenchez. Effet garanti.

N’hésitez pas à tenter des compositions surprenantes, à prendre partie, quitte à ne pas plaire à tout le monde. Pourquoi ne pas essayer de laisser une très grande partie dans l’ombre pour juste faire ressortir l’ombre chinoise du sujet comme dans la photo ci-dessous (saurez-vous deviner de quel bébé il s’agit ?… très difficile à approcher d’ailleurs. Je me méfie beaucoup sa queue  3 règles de composition à adopter )

clair obscur 1 1 e1414450335435 3 règles de composition à adopter

Composition 2 : utiliser les lignes directrices

Voilà une manière de composer qui n’est pas évidente du tout, en tout cas avec les animaux sauvages. Il me semble qu’il est plus « facile » d’utiliser des lignes directrices en macro, en paysage, parce qu’à priori, le photographe a le temps de peaufiner son cadrage. Alors que dans la photographie de la faune sauvage type mammifères ou oiseaux, il faut faire preuve d’une grande réactivité … ou alors, le photographe doit avoir pensé, imaginé l’image au préalable.

Mais au fait, c’est quoi les lignes directrices ? Je me lance à nouveau dans une définition toute personnelle  3 règles de composition à adopter :

C’est l’utilisation des lignes présentes naturellement dans la scène afin de guider le regard du spectateur vers le sujet. Ces lignes peuvent être … ce que vous voulez ! Un chemin, une haie, une branche d’arbre, une tige, un tronc, une rivière, tout ce qui est suffisamment long et continu pour que le regard suive cette aide graphique.

Je fais une petite parenthèse. Quand on apprend aux enfants à compter en calcul mental, un exercice que demande souvent l’enseignant est : « comment tu as fait dans ta tête pour trouver la réponse? » Et l’élève de répondre «Bah … euh … j’ai compté !! » « Oui, d’accord ! Mais tu as fait quoi avec les nombres dans ta tête pour trouver 25 ? » « Bah … euh … J’ai fait 3 x 10 – 5 » On appelle ça le « métalangage » c’est à dire qu’en gros on demande à l’élève de prendre du recul sur ce qu’il fait.

A présent, regardez la photo ci-dessous et répondez à cette même question de métalangage : « comment avez-vous fait pour que votre oeil se pose très vite sur le sujet ? » Réponse « j’ai suivi (vraisemblablement sans m’en rendre compte) la ligne directrice formée par la tige pour arriver jusqu’à l’insecte ». Exercez-vous de temps à autre à ce type d’exercice de prise de recul sur votre lecture d’images. Peu importe d’ailleurs quelle soit la votre ou non. Je ferme la parenthèse.

libellule 3 règles de composition à adopter

Pour mieux comprendre la ligne directrice, on peut la comparer à un message subliminal. On ne se rend pas compte qu’il est là, et pourtant il influence notre compréhension. Pareil pour la ligne directrice (bien utilisée !) : on ne se rend pas franchement compte de son rôle et pourtant elle influence notre compréhension de la scène.

L’utilisation des lignes directrices, je le disais plus haut, est plus pratique en macro. L’exemple typique est d’aller placer l’insecte en bout de tige de fleur, celle-ci traversant par exemple le cadre en diagonal. Il me semble qu’en animalier, c’est plus difficile à mettre en oeuvre. Le photographe ne peut souvent pas se déplacer pour intégrer une ligne directrice. A moins de le prévoir en avance au moment du placement de l’affût. Ce peut être aussi l’endroit où vous placerez l’appât de nourriture (graines pour les oiseaux ou noisettes pour les écureuils).

Une ligne directrice super basique et très très simple à utiliser est l’oiseau sur un perchoir près de la mangeoire. Regardez la photo ci-dessus, l’oeil est téléguidé par la branche.

Et pour le fun, je me suis amusé avec mon ami Marsupilami (vous aviez trouvé ?). Saurez-vous me dire dans les commentaires quel est l’élément qui guide votre oeil vers le sujet ?

ligne directrice 1 1 e1414450570962 3 règles de composition à adopter

Composition 3 : sortir un élément du cadre

Vous rappelez-vous du point Composition 1 ? Et bien vous le prenez et vous faites tout l’inverse !  3 règles de composition à adopter Dans certains cas, rares, je vous l’accorde, il se peut que vous vous trouviez suffisamment proche du sujet pour pouvoir effectuer un très gros plan de sa tête. Une manière de se démarquer des compositions habituelles est de sortir une partie de la tête de l’animal du cadre.

Nous voyons souvent cette technique sur des portraits humains où le haut de la tête est coupée par exemple (ceci étant une image bien entendu !). Parfois une moitié de visage sort carrément du cadre.

Pour les animaux, il peut-être intéressant de faire ça.

Mais quel est l’intérêt de sortir sciemment une partie de la tête du sujet ? Ça peut donner au spectateur un sentiment de plus grande proximité avec l’animal. Logique. Ce n’est pas tout. Faire un portrait serré animalier (quand je parle de portrait serré, je veux dire par là que la tête prend la plus grande place dans l’image) donne souvent une photo typée naturaliste. Sans grande émotion. C’est près, c’est net, c’est même impressionnant, mais c’est sans saveur. Sans force ! Ça plaira au plus grand nombre mais  moyennement.

Pour sortir de ce piège, un très bon moyen est de couper la tête  3 règles de composition à adopter . Ce faisant, vous prenez un risque évident. Certains de vos proches pourront vous dire « bah, pourquoi tu lui as coupé la tête en deux à ce pauvre renard ? ». Mais d’autres seront scotchés. Ils ressentiront votre émotion du moment, celle que vous avez voulu partager. Ils sentiront la proximité que vous avez vécue. Ça plaira à moins de monde mais beaucoup plus !

En même temps que vous lisiez les lignes précédentes, vous deviez probablement vous demander comment obtenir un tel résultat. Je vous comprends bien ! Rares sont les moments où vous êtes tellement proche du sujet que vous pouvez vous permettre une telle composition. A titre personnel, j’ai pu faire cela avec des lapins de garenne, avec des blaireaux et des renards. Mais ces moments là ne sont pas fréquents.

La première façon, la plus logique, est de faire le nécessaire pour être proche « physiquement » de l’animal. L’affût est la solution la plus simple. Un affût, même simple (une toile de camouflage tendue entre deux branches) installer sur plusieurs jours peut permettre une bonne proximité.

Mais placer un affut n’est pas suffisant ! Il faut l’utiliser … quotidiennement. Avec les mêmes habits, le même matériel, aux mêmes horaires, avec les mêmes habitudes de travail. Une forme de confiance pourra (peut-être) s’installer chez les animaux. Ils auront alors un comportement plus naturel et se risqueront à s’avancer plus près du photographe. C’est ce qu’explique très bien le photographe Laurent Geslin dans son interview sur les animaux sauvages photographiés en ville.

Ensuite, le matériel a aussi son importance. Un 400 mm est un minimum … ! Si vous êtes avec un capteur APS-C, votre 300 mm grimpera à 420 mm. On peut donc avoir une focale suffisante pour un tarif acceptable. Le 70-300 mm APO sigma doit être dans les 400 €, et, comme je vous l’ai dit, couplé avec un reflex capteur APS-C, ça vous fait un 420 mm. Pas mal pour tenter le portrait qui sort du cadre.

Evidemment, une plus grande focale augmentera vos chances de succès. Mais à quel prix. Le prix en euros déjà, bien souvent inaccessible pour les petits budgets. Et le prix en grammes, pardon en kilos. Car les grandes focales sont aussi lourdes et encombrantes.
Donc comme nous devons être une majorité à ne pas pouvoir entrer dans la prestigieuse famille des 500 mm et plus, on se contentera du 300 mm  3 règles de composition à adopter

Profitons aussi des gros avantages du numérique. Notamment celui de pouvoir zoomer dans l’image sur ordinateur. Il n’y a aucune honte à recadrer une image pour obtenir la composition souhaitée. On peut même y aller franco pour autant que le nombre de pixels le permet ! Mon précédent reflex avait 6 MP, l’actuel en a 24. C’est à dire que je peux zoomer numériquement 3 fois avant d’atteindre la définition de mon ancien reflex. J’ai une très grosse marge. Je peux donc sortir une partie des portraits animaliers du cadre.

Voyez sur cet exemple. La photo originale est un plan serré. J’étais avec mon 70-300 mm à 250 mm. A l’époque de cette prise de vue, je n’avais pas osé sortir des règles et donc du cadre. Avec un peu d’audace j’aurais pu aller à fond de 300 mm et tenter une composition originale. Comme dans la 2ème photo recadrée.

lapin garenne 1 3 règles de composition à adopter

lapin garenne 2 3 règles de composition à adopter

J’espère que ces 3 types de compositions vous aideront à développer votre créativité ! Et vous, quelles sont vos astuces pour obtenir une composition originale ?

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Fabien Gréban sort son premier livre Blanc Sauvage

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Dans la vie d’un photographe animalier, il y a des étapes à franchir. Elles sont nombreuses. Certaines sont difficiles, d’autres non. Pêle-mêle, vous avez par exemple le premier tirage grand format que l’on s’offre, ou la première rencontre marquée avec un animal, ou encore la pose d’un premier affût. Celles-ci sont à la portée de tous, ce sont juste des exemples parmi beaucoup d’autres.

Et puis, parmi ces étapes, quelqu’unes figures dans le haut du pavé. Je pourrais même parler de panthéon du photographe animalier. Vous savez, ces moments vers lesquels on tend tous. Ces moments bien enfoui dans notre petit cerveau de photographe qu’on n’ose jamais écrire tellement ils nous paraissent inaccessibles.

Sauf que … pour quelques photographes animaliers cette inaccessibilité est plus … accessible ! Allez savoir pourquoi ! Le talent ? Sans aucun doute. Le travail ? Bien sûr. Le matériel ? Ça compte. La persévérance ? Beaucoup. La chance ? Un peu.
Voilà certainement quelques une des raisons qui font que des photographes parviennent à franchir des étapes que beaucoup d’autres n’atteindront jamais. La publication d’un livre de belles photos en est une. Et pas la moindre.

J’avoue que, si à la fin de ma carrière de photographe animalier je n’ai pas publié de livre, quel qu’il soit, j’aurais raté quelque chose. Quand bien même je passerais au 20h00 de TF1, je n’aurais pas accédé à cette étape :-).

Le premier livre de Fabien Gréban

Fabien Gréban, un photographe que j’admire et pour lequel j’ai beaucoup de respect, sort son premier livre. Le voilà donc, comme d’autres grands avant lui, dans le cercle fermé des photographes animaliers décorés de la Légion du livre publié :-).

Je suis donc très heureux de vous présenter, presque en avant première mais pas tout à fait, son magnifique ouvrage.

Et ce qui est génial, c’est que je vous l’offre ! Pour tenter de gagner le livre de Fabien Gréban, vous devrez dans l’espace des commentaires répondre (correctement !) à deux questions. Et comme vraisemblablement vous serez plusieurs à trouver la bonne réponse, j’effectuerai un tirage au sort avec le site randomizer.org pour déterminer celui ou celle qui remportera le livre. Ah ! étourdi que je suis, j’allais oublier : le livre est dédicacé par l’auteur ! (et je peux vous certifier que la dédicace est authentique … il l’a faite sous mes yeux  Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage )

fabien greban blanc sauvage8 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

Au fait qui est Fabien Gréban ? C’est photographe animalier et de nature (sans blague !  Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage ). Ces principales expositions sont :

  • le Festival nature Namur Belgique
  • le Festival de la Salamandre Suisse (2012 et 2014)
  • le Festival international de la photo animalière de Montier-en-Der France (2012 et 2014)

Il a aussi remporté des concours photo prestigieux et a été publié dans les plus grands magazines :

  • 1er prix faune au concours Image&Neige en 2012
  • 1er prix au concours international des marais de Séné 2012
  • plusieurs publications dans le magazine Nat’ images
  • publication dans le mensuel Image & nature
  • publication dans le prestigieux BBC wildlife magazine

Et puis, consécration parmi les consécrations … il a été interviewé par … moi ici même ! :-). Je vous encourage donc à écouter l’interview du photographe animalier Fabien Gréban.

fabien greban blanc sauvage1 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

Blanc Sauvage par Fabien Gréban

En fait le vrai titre est Blanc Sauvage - Un hiver dans le massif du Jura aux éditions du Belvédère

Extrait de la 4ème de couverture.

Le photographe animalier Fabien Gréban vous emmène dans le massif du Jura, à la rencontre de la vie sauvage en hiver. Chaussez les raquettes et laissez-vous guider par les empreintes du renard dans la poudreuse. Vous croiserez l’hermine, qui jouera à cache-cache avec vous apparaissant de ci de là, parfois curieuse, souvent craintive. […] Tout au long de l’hiver, Fabien Gréban parcourt les sommets, les forêts et les combes à la recherche des ambiances et lumières propices à l’évasion.

Trouver l’idée d’un livre, son fil conducteur, peut-être un véritable casse-tête. J’imagine que pour Fabien, ce ne fut pas le cas. Il aime l’hiver. Il aime sa terre d’adoption le Jura.  Loin, très loin de moi l’idée de penser qu’il suffit de réunir ces deux conditions pour réussir ses photos et un livre.

Au contraire. Celui qui s’essaye à la photo animalière l’hiver connait l’extrême difficulté de l’exercice. Le froid qui fait mal, la neige qui gêne, le vent qui glace, le sens des animaux exacerbé, l’animal à respecter coûte que coûte font que photographier les animaux à cette saison est une véritable épreuve.

Quant au Jura … et bien c’est une montagne ! Ni plus ni moins. Son point culminant est à 1700 m. Le massif jurassien est caractérisé par un climat rude de type semi-continental à montagnard, malgré son altitude modeste et sa position géographique (c’est pas moi qui le dit c’est Wikipédia  Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage ). Pourquoi j’insiste la-dessus ? Parce qu’en plus de l’hiver, Fabien se rajoute une autre difficulté : celle de pratiquer son métier dans un environnement dur et complexe. Ça monte beaucoup, ça descend beaucoup, ça demande une connaissance du terrain accrue et ça vous place les animaux sauvages encore plus difficiles d’accès.

fabien greban blanc sauvage4 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

En sachant cela, je ne peux être qu’admiratif de la très grande qualité du livre de Fabien. Toutes les images sont belles. Mais pas seulement. Elles sont prenantes. Elles nous invitent même à des réflexions de toutes sortes : «comment fait ce chevreuil pour survivre ? Quelle énergie le renard doit dépenser à chaque pas dans la poudreuse ! Fabien était vraiment sur place pour photographier dans un tel blizzard ? » et tant d’autres encore.

Des beaux livres de photographie animalière, je commence à en avoir vu passer un certain nombre. Il y en a pour tous les goûts : uniquement des photos et sans texte, des photos et un peu de texte, des photos et beaucoup de texte. Des textes techniques, des textes poétiques, des textes naturalistes.

fabien greban blanc sauvage3 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

Blanc Sauvage s’inscrit dans les ouvrages donnant une grande part aux photos. Les textes étant au service des images. Pas facile comme exercice car, j’imagine, il s’agit de trouver le bon équilibre entre ne pas trop en dire et en écrire assez ! Sur ce coup-là, Fabien s’en est très bien sorti. Il donne pour les photos qui le demandent une ou deux phrases avec les détails nécessaires pour mieux comprendre – et apprécier – le contexte.
Sans se prendre pour un guide naturaliste (qu’il n’est pas) le livre présente quelques caractéristiques des animaux rencontrés. Simple, efficace et utile.

Fabien Gréban s’était fixé un objectif :

«réaliser des images qui mettent en valeur l’environnement et la vie sauvages, tout en incitant au rêve et au dépaysement » (extrait de la 4ème de couverture).

Fabien, je te le dis, tu as atteint haut la main ton objectif ! Chacune des photos du livre fait découvrir au lecteur la beauté et la rudesse de la vie sauvage jurassienne l’hiver. Et mieux encore, tu as réussi ce que recherche tout photographe animalier : sublimer la nature pour mieux la respecter.

Je suis sûr d’une chose : en refermant le livre Blanc Sauvage – Un hiver dans le massif du Jura, le lecteur prendra alors conscience de son confort exceptionnel. Que nos petits soucis d’hiver ne sont pas importants en regard du mode de survie permanente des animaux sauvages.

fabien greban blanc sauvage6 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

Est-ce que j’ai aimé ce livre ? OUI !! Est-ce que je vous le recommande ? OUI !!

J’ai aimé :

  • les photos d’une beauté à couper le souffle
  • les textes utilisés à bon escient : comprendre sans aucun jargon technique le contexte de prise de vue, mieux connaitre les espèces découvertes dans le livre
  • la mise en page sobre et moderne : les photos sont mises en valeur et rien ne vient les perturber
  • le choix de placer une seule photo par page : pas de montage-collage hasardeux pour mettre plusieurs photos sur une page
  • la qualité de l’impression : rien à redire, c’est du chouette boulot fait de la part de l’imprimeur.

J’ai moins aimé :

  • Je pratique la photo animalière donc j’aime bien connaitre les données EXIFS des photos : quelle ouverture, quelle vitesse, quelle sensibilité … Hors de question évidemment de placer ces informations sous chaque photo ! Mais un index en fin de livre indiquant les informations de prise de vue aurait été un plus.

fabien greban blanc sauvage5 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

fabien greban blanc sauvage7 1 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

Où acheter le livre ?

Le livre coûte 26 €. Vous pouvez l’acheter à la FNAC et dans les meilleures librairies.

Mais je vous recommande chaudement de vous le procurer par correspondance directement auprès de Fabien. Il vous le dédicacera ! Ça donne une toute autre valeur à l’ouvrage. Rendez-vous donc directement sur son site internet pour avoir toutes les informations nécessaires :
http://faune-jura.com/

Tentez de gagner le livre Blanc Sauvage

Ultra simple : répondez (bien) à ces 2 questions dans les commentaires. Si vous êtes plusieurs à répondre juste, alors je tirerai au sort le commentaire gagnant avec le site randomizer.org.

  • Question 1 : combien d’images comporte dans le site internet de Fabien la galerie « les plumes du Jura » ?
  • Question 2 : quel est le titre du billet posté par Fabien dans son blog le 29 juin 2014 ?

Le tirage au sort aura lieu le lundi 27 octobre à 12h00.

TRÈS IMPORTANT : si vous ne voyez pas apparaître votre commentaire … c’est normal ! Rassurez-vous, il est bien enregistré dans la base de données mais pour éviter que vous ne vous copiez les uns sur les autres … je ne le fais pas apparaître tout de suite. Hé hé hé, que croyez-vous, vous avez à faire à un instituteur rodé aux meilleurs techniques de pompages  Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

Bonne chance et bon courage !

*** EDIT du lundi 27 octobre ***

J’ai effectué ce lundi 27 octobre à 12h00 le tirage au sort via le site internet Randomizer. Vous avez été 114 à poster un commentaire. J’ai donc demandé au site de me tirer au hasard un nombre compris en 1 et 114. Car chaque commentaire posté a un numéro attribué.

Et … l’heureux gagnant du livre Blanc Sauvage est …… le numéro 100. C’est donc  Loula qui remporte le magnifique livre de Fabien Gréban. Bravo !  Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

2014 10 27 1410 Fabien Gréban sort son premier livre : Blanc Sauvage

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