Revue de presse photo & nature réalisée par Safari-photo-nature.com

La quasi totalité des infos photo & nature disponibles sur le web

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Home e-Mag photo nature
Actualité magazine photo nature

3 étapes pour photographier les oiseaux en bord de rivière

Envoyer Imprimer PDF

Photographier les oiseaux près des rivières est un exercice très simple, bien plus simple qu’il n’y parait. Si vous suivez les quelques conseils de cet article, je vous assure que vous obtiendrez assez vite d’excellents résultats.

Et non, vous n’aurez pas besoin d’avoir de l’eau de rivière toute marron jusqu’aux fesses ! De toute manière, au moment où j’écris ces lignes, le niveau des rivières est tellement bas que je pourrais les traverser même en tong ! :-)

Il faut savoir que je préconise souvent aux débutants en photo animalière, de choisir un animal à photographier avant toute chose. C’est la première étape d’un long cheminement. Ce choix devra être fait en fonction de nombreux critères, comme votre lieu d’habitation, votre temps disponible ou encore vos préférences animalières.

Tiens, moi, j’aime particulièrement les mammifères carnivores. Ce qui, dans nos campagnes, m’amène forcément au renard, au chat sauvage ou au blaireau. Ça tombe d’ailleurs bien car si j’avais jeté mon dévolu sur le flamand rose, je serais encore à le chercher (j’habite en Bourgogne </div>


	<a href= Lire la suite...

 

3 astuces 1 Bonus pour photographier la faune sans super téléobjectifs

Envoyer Imprimer PDF

Voyez un peu le dilemme face auquel 90 % des photographes se trouvent ! Ils lisent des magazines comportant un grand nombre de photos prises avec des super téléobjectifs. C’est vrai non ? Il y a un sacré paquet d’images d’illustrations prises du 400 mm au 600 mm. Faudrait faire le compte, un jour de très mauvais temps ! :-)

Et oui ! Tout le monde n’a pas les finances la chance de posséder un 500 mm f/4 focale fixe. La vie du photographe animalier est ainsi (mal) faite !

Car une fois le périodique refermé, c’est le retour à la dure réalité. Finit le rêve. Adieu gros cailloux inaccessibles. Il faut se rendre à l’évidence : le plus gros téléobjectif à focale fixe et grande ouverture (j’entends par là au max f/4) que nous possédons quasi tous est au mieux un 300 mm f/4, ou « pire » un 200 mm f/2.8 voire même un 100 mm f/2.8.

Mais au fait, pourquoi ? Oh, la raison est simple. C’est le prix. Désolé, ça n’est pas une porte ouverte que j’enfonce là mais un portail ! Savez-vous qu’un Canon EF 500 mm f/4.0 L IS II USM coute 9 959 € ? Le prix d’une voiture citadine neuve ! Alors oui, quand un objectif photo atteint un tel tarif, on a beau être passionné, la limite est atteinte.

Bonus gratuit : Téléchargez gratuitement la Liste «TOUS les Téléobjectifs à focales fixes» pour avoir toutes les références sous la main !

Et puis il y a aussi une autre raison. C’est celle de la marque que vous utilisez. Si vous êtes chez canon ou nikon, pas de souci, ces deux marques ont bien un 500 mm f/4 dans leurs catalogues respectifs. En revanche, vous ne trouverez pas d’équivalents chez pentax, sony, ni même sigma ou tamron. pentax propose bien un super-téléobjectif (560 mm) mais qui ouvre « seulement » à f/5.6. Idem pour sigma et tamron qui fabriquent un puissant 150-600 mm. Problème, il ouvre à f/6.3. Trop petite ouverture selon moi pour de l’animalier.

Le plus gros télé de chez Pentax. Le DA 560mm f/5.6

Le plus gros télé de chez pentax. Le DA 560mm f/5.6

Vous comprenez donc maintenant pourquoi vous voyez peu de photographes se promenant avec une de ces optiques incroyables sur les épaules !

Professionnel VS amateur

Tiens, j’en profite pour ouvrir une parenthèse. Vous êtes nombreux à penser qu’une des principales différences entre que le photographe amateur et le photographe professionnel concerne le matériel. Et, qu’en gros, l’amateur serait forcément moins bien équipé.

Faux, archi faux. Comme souvent d’ailleurs lorsqu’il s’agit de légendes urbaines ! Je connais pas mal de photographes animaliers amateurs qui ont un parc d’objectifs photos bien plus fourni que le mien !

Que cela signifie-t-il ? Que je ne suis pas un bon photographe ? Heureusement non ! Seulement je fais partie des photographes professionnels qui n’ont pas de super téléobjectif dans leur besace. Hé oui ! Ça n’est pas parce que vous vous décrétez pro qu’un 500 mm tombe du ciel automatiquement. A cela deux raisons :

  1. le coût. Je l’ai écrit plus haut. À près de 10 000 € la bête, vous comprendrez qu’un photographe qui se lance dans le métier peut attendre quelques années avant de s’offrir ce qui est considéré comme le graal.
  2. La marque. Je suis chez pentax et je ne suis pas prêt, je croix, de monter un 500 mm f/4 sur mon K3 !!

Bon, parenthèse refermée, mais on peut en discuter dans les commentaires. :-)

Je viens de vous démontrer brillamment pourquoi vous deviez vous contenter d’un pauvre 100 mm ou 200 mm.  Et bien je vais maintenant vous prouver que ces « pauvres » petits télé sont, contrairement à ce que vous pensez, une chance. Oui. Une chance.

Une vraie chance de pouvoir vous démarquer des autres photographes animaliers. La production photographique du commun des photographes de la faune sauvage est dictée par la volonté d’être toujours plus proche des animaux. Attention, je ne dis pas que c’est mal ! Je recherche aussi ça parfois ! Je dis juste que ça peut manquer d’originalité.

Alors transformez ce que vous pensiez être une contrainte en atout !

Voici comment.

Astuce #1 : photographier les animaux en groupe

Utiliser un type de téléobjectif conditionne immanquablement la place que va prendre l’animal dans l’image. À toutes choses égales, un court télé, disons un 200 mm, fera tenir à l’animal moins de place dans l’image qu’un 500 mm. Logique.

C’est ce qui peut justement vous embêter : constater que le sujet est bien petit dans la scène photographiée. Trop petit même d’après vous.

Et bien l’astuce consiste à ne plus photographier qu’un seul sujet, mais plusieurs en même temps !

Ainsi, la petite taille tenue par l’animal dans l’image sera compensée par la « multiplication » du sujet.

Evidemment, ce type d’exercice photo est plus difficile qu’il n’y parait ! Car si nous sommes souvent frustrés de « subir » les caprices d’un animal qui ne se place jamais comme on voudrait, alors imaginez la frustration avec quatre, cinq, ou six animaux simultanément !

Vous aurez assurément pas mal de déchets, mais le jeu en vaut la chandelle. Oui, du déchet car bien souvent les animaux ne seront pas dans le même plan. Du coup, certains sujets ne seront pas nets, comme sur l’image ci-dessous.

ISO 800 - f/4 - 1/320 - 300mm

ISO 800 – f/4 – 1/320 – 300mm

Reste bien sur à trouver des spots photos qui ont des animaux vivant en bande. Car toutes les espèces ne sont pas sociales et certains individus préfèrent la vie solitaire à la vie en groupe.

Un écureuil sera dans 99 % du temps seul comme le rouge-gorge par exemple. Ce qui n’est pas le cas d’autres passereaux. Avez-vous déjà remarqué comme des mésanges peuvent se déplacer en bande ? Les lapins de garenne ou les blaireaux sont aussi des animaux sociaux. Là, c’est à vous de parfaire vos connaissances naturalistes.

Et les tourterelles aussi sont en groupe ! Euh … il y en a une qui tient la chandelle là non ? :-)

ISO 400 - f/4 - 1/200 - 300mm

ISO 400 – f/4 – 1/200 – 300mm

Vous n’êtes pas non plus obligé de photographier des animaux de la même espèce. J’ai fait une sortie l’autre jour en bord de rivière. Deux espèces d’oiseaux se côtoyaient : des chevaliers guignettes et des bergeronnettes grises. L’occasion ne s’est pas présentée mais c’est une opportunité de plus.

Vous avez aussi le droit de mélanger les classes ! La classe des mammifères et celle des oiseaux. Bon, je vous mets une photo d’exemple ci-dessous pour vous montrer ce qu’il est possible de faire. La photo n’a rien de rare cependant ! (qui saura me dire dans les commentaires quel est l’oiseau qui se trouve sur la photo ? </div>


	<a href= Lire la suite...

 

Podcast 27] Michel d’Oultremont le photographe solitaire

Envoyer Imprimer PDF

Dans cette interview du photographe animalier Michel d’Oultremont vous apprendrez :

  • la gestion d’expédition en solitaire dans un pays nordique
  • comment photographier la chouette laponne
  • comment faire pour connaitre un animal que l’on découvre seulement une fois sur place
  • comment faire pour photographier des rapaces nocturnes comme les hiboux des marais
  • comment se comporter pour ne pas faire fuir un animal
  • reconnaitre le comportement d’un animal qui risque de s’enfuir
  • comment faire pour photographier en basse lumière
  • une astuce pour gagner en vitesse en basse lumière
  • comment réaliser des photos artistiques en lumière déclinante
  • la différence entre le Tétra Lyre et le Grand Tétra
  • comment Michel s’y prend pour composer ses images

La première chose à faire est de visiter sa galerie photo dédiée évidemment à son expédition solitaire en Suède en cliquant ici

© Michel d'Oultremont

© Michel d’Oultremont

Vous pouvez retrouver le superbe site (et donc le travail de Michel) sur son site internet en cliquant ici. Michel a décidé de faire de la photo son métier. C’est courageux quand on sait combien il est difficile de gagner correctement sa vie avec ce job. Alors n’hésitez pas profiter de son talent et de sa gentillesse pour s’attacher ses services dans pas mal de domaine : stages, photos de mariage, reportages, tirages d’art, …

Michel est un habitué du blog puisque c’est maintenant sa troisième apparition. Il est déjà passé sous le grill de mes terribles questions </div>


	<a href= Lire la suite...

 

Comment en finir avec les photos floues – Partie 2

Envoyer Imprimer PDF

Voici donc la deuxième partie pour apprendre à réduire drastiquement le nombre de photos floues. Le premier opus était, souvenez-vous, consacré aux flous de bougé dus au mouvement du photographe.

Aujourd’hui, je continue sur ce thème, sauf que cette fois-ci je ne m’intéresse pas au photographe qui tremblote ! J’aborde le sujet du sujet. Vous l’aurez compris, pas celui qui statique ! Au contraire, celui qui bouge et qui potentiellement, est susceptible de créer du flou.

L’occasion pour pour moi de vous rappeler, qu’il existe deux types de flou de bougé (oui, je sais, je rabâche encore et encore !) :

  • celui généré par le photographe parce, bien souvent, il utilise des longues focales,
  • et celui généré par le sujet en mouvement, ce dont on va parler ici.

Je mets les pieds dans le plat tout de suite en vous expliquant pourquoi le sujet que vous photographiez est flou sur votre écran (et aussi sur papier évidemment). Deux raisons :

  • la première, c’est parce que l’animal bouge trop, trop souvent et surtout trop vite !
  • la deuxième, c’est parce que la vitesse d’obturation (qu’on devrait d’ailleurs plutôt appeler temps d’exposition, mais c’est un autre sujet) n’est pas assez rapide (ou pas assez court si on parle de temps d’exposition).
Une patte d'ours qui semble nette n'est-ce pas ? (photo prise au 1/320 à f/4)

Une patte d’ours qui semble nette n’est-ce pas ? (photo prise au 1/320 à f/4)

Un crop de 100% sur la patte permet de voir que la netteté n'est pas présente. Vitesse trop basse !!

Un crop de 100% sur la patte permet de voir que la netteté n’est pas présente. Vitesse trop basse !!

Vous pourriez presque arrêter de lire l’article maintenant ! Vous savez effectivement pourquoi c’est flou. :-) Bon, ce serait tout de même dommage car, savoir la cause, c’est bien, mais connaitre la façon d’y remédier, c’est mieux ! :-)

Voici donc comment faire pour supprimer totalement le flou de bougé de l’animal sur la photo. Je dis bien totalement car si ça n’est pas le cas, si c’est juste un peu, l’animal sera un peu moins flou, ok, mais flou quand même ! Or, sauf effet artistique voulu et assumé, vous, ce que vous voulez ( et moi aussi) c’est d’avoir l’animal net, archi net !

Quels sont les animaux qui bougent ? Et pourquoi !

Le cas des oiseaux

Question bougeotte, sachez que toute la faune sauvage n’est pas soumise au même régime. Certains animaux sont très bons pour entretenir une réputation de remuer sans discontinuer. Et inversement, d’autres bêtes (dieu que c’est moche ce mot pour désigner les animaux !) sont réputés pour avoir la cool attitude.

Pas besoin d’avoir un doctorat en éthologie (étude du comportement des animaux … et hop, un nouveau mot à placer en soirée :-) ) pour être informé de ceux qui bougent beaucoup, un peu ou pas du tout. Il suffit d’observer (ce qui est la base de la base de la photographie animalière), tranquillement, sans se prendre la tête, tout ce qui se passe autour de vous. Bien sur, ces temps d’observations seront bien plus efficaces si vous êtes bien cachés dans un affût photo facile à faire.

Voici pour ma part, ce que j’en retire de mes nombreuses heures d’observation.

La plupart des oiseaux bougent beaucoup, avec en tête les passereaux. Rouge-gorge, mésanges (toutes), rouge-queue, moineaux domestiques (et friquets … mais un peu moins fréquents les friquets </div>


	<a href= Lire la suite...

 

Podcast 26] Loic Lechelle spécialiste de safari photo

Envoyer Imprimer PDF

Dans cette interview du photographe animalier Loic Lechelle, vous apprendrez :

Vous pouvez retrouver tout le travail de Loïc  Lechelle sur son site internet en cliquant ici.

Loïc n’est pas seulement photographe animalier, il est aussi (et surtout ?) formateur et guide de safari pour l’excellente entreprise Kenyane de safari photo Melting Pot Safari. Autre corde à son arc, Loïc est chef d’entreprise de la société de production audiovisuelle Megapix’ailes

Enfin, je vous invite vraiment tout particulièrement à découvrir son superbe projet de WebDoc Rivières Oubliées. Le premier opus est sur la rivière Horton au Canada. Je l’ai vu, je vous assure qu’outre le concept novateur, le visionnage de ce Web documentaire est un régal !

D’ailleurs, pour les photographes qui ont la fibre aventurière, je vous conseille de jeter un coup d’oeil au prochain voyage qu’organise Loïc dans une des plus sauvages rivières du Canada : cliquez ici !

loic-lechelle

loic_lechelle5

loic_lechelle4

loic_lechelle3

loic_lechelle2

loic_lechelle1

loic_lechelle

Retrouvez ci-dessous la transcription texte de l’interview :

Régis Moscardini : Bonjour Loïc Lechelle.

Loïc Lechelle : Bonjour.

Régis Moscardini : Bienvenue à toi dans cette interview pour Auxois nature. Je te remercie vraiment d’avoir accepté mon invitation.

Loïc Lechelle : C’est avec grand plaisir que je suis ici avec vous.

Régis Moscardini : Question habituelle : est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, te présenter un petit peu plus s’il te plait ?

Loïc Lechelle : Moi, je suis photographe parmi d’autres activités, notamment chef d’entreprise d’une boite de production audiovisuelle.

Régis Moscardini : Qui s’appelle comment ?

Loïc Lechelle : Qui s’appelle Megapixel.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : Dans cette société on fait du documentaire, on fait un peu de projet institutionnel mais dédié au monde de l’outdoor, de la découverte et de la nature. Grâce à cette structure, j’ai pu pas mal voyager et créer des documentaires sans  pour autant y être convié, c’est-à-dire que c’était dans le cadre de projets personnels à la base et grâce à des séjours chez certaines agences de voyage qui avaient besoin d’images, j’ai pu également faire des images pour moi. A force d’accumuler des photos et des vidéos, ça permet de faire des autoproductions qui sont sympas, notamment Les rivières oubliées, c’est un webdoc qu’on vient de terminer, qui est lancé, rivieres-oubliees.com.

Régis Moscardini : Un webdoc, ça veut dire qu’il est à destination d’Internet, pas de la télévision par exemple ?

Loïc Lechelle : Voilà. Il y a deux aspects dans le web documentaire, l’aspect effectivement 100% Internet et l’aspect interactif puisqu’on n’est pas du tout sur des formats classiques comme on pourrait voir à la télévision, comme un 52 minutes.

Régis Moscardini : Où le spectateur est passif ?

Loïc Lechelle : Là on est plutôt dans l’actif, on est sur des épisodes très courts, très interactifs puisque dans les épisodes il y a des zones cliquables et à la fin de chaque épisode qui dure entre 1 et 2 minutes, il y a une multitude d’interactions possibles, du coup on ne s’ennuie jamais dans un webdoc, il y a plein de choses à voir, à revoir, à réécouter. C’est le zapping mais tourné dans le bon sens puisqu’on n’a pas trop le choix de zapper et rezapper pour continuer l’aventure.

Régis Moscardini : C’est intéressant. C’est peut-être le futur format du web, d’Internet  et ne pas rester dans l’aspect passif, attendre que ça se passe.

Loïc Lechelle : C’est tout à fait le cas. On a vraiment l’impression dans les boites de production vidéo que les gens sont de plus en plus exigeants en termes de contenus. Youtube nous fait la joie d’avoir un contenu immense publié par des milliers d’amateurs, millions même, mais également professionnels. Du coup on a vraiment la tendance zapping, encore plus qu’avant. C’est vraiment une tendance durant ces 5 dernières années qui est plutôt exponentielle. Plutôt que d’aller à l’encontre de ça, on a décidé au sein de Megapixel de se lancer dans l’univers du webdoc et on s’est lancé dans l’autoproduction de Rivières oubliées.

Régis Moscardini : Tout de suite on parle de ça et on reviendra ensuite sur ta bio. Mais tu vas dire qu’on ne va pas empêcher le clic du spectateur, on va plutôt l’encourager mais l’encourager dans le bon sens avec un clic qui va le faire rester dans le thème du documentaire qu’il est en train de regarder. C’est valable pour l’animalier pour toi avec Megapixel mais j’imagine que c’est valable aussi pour plein d’autres domaines du documentaire ?

Loïc Lechelle : Oui, tout à fait. Il n’y a aucune limite de sujets. Moi l’animalier, évidemment c’est ce qui me passionne, je peux rebondir là-dessus. J’ai commencé la photo quand j’avais une dizaine d’années et directement sur l’animalier. C’est ma sœur qui avait du matos photo, qui faisait de l’humain, elle était passionnée d’ethnies, elle travaille pour Médecins sans frontières donc elle voyageait beaucoup en afrique.

A force de voir ses photos magnifiques, en noir et blanc, en argentique, j’ai fini par me servir de son matériel et d’investir petit à petit dans le mien, dans de l’occasion. J’ai commencé dans l’argentique, ensuite développé dans des petits labos au collège ce que je faisais dans la nature. A force c’est devenu plus que ma passion, un métier.

Régis Moscardini : Il faut que je revienne vraiment sur un point de ta biographie parce que ça m’intrigue un petit peu quand même, ça me surprend, je trouve ça vraiment chouette, c’est que tu dis que dès l’âge de 10 ans tu as créé une association de protection animalière. Je trouve ça vraiment incroyable si jeune de faire ça. Comment dans la tête d’un petit garçon de 10 ans peut germer une telle idée ?

Loïc Lechelle : J’étais vraiment sensibilisé par les grosses assocs comme WWF

Régis Moscardini : Ou la LPO ?

Loïc Lechelle : Oui. J’adhérais mais je n’avais pas de moyens, je n’osais pas pousser ma mère à payer pour moi des cotisations pour aider les animaux. Dès que j’avais un petit peu de sous, d’argent de poche, j’envoyais une petite enveloppe à WWF, c’était ce genre d’actions qui me rendait content.

Régis Moscardini : Content, mais en même temps un peu frustré j’imagine. Parce que moi je cotise aussi à la LPO, on sait que l’argent est forcément bien utilisé, mais il y a un petit côté frustration parce que finalement on envoie l’argent, on peut quand même cibler son don sur différentes actions de la LPO par exemple mais n’empêche qu’il manque un petit peu de concret. C’est ce qu’il pouvait, j’imagine, te manquer à 10 ans, tu envoies un petit billet mais tu ne sais pas trop ce qu’il va se passer derrière ?

Loïc Lechelle : C’est ça. Je me souviens encore à l’époque de cette passion d’aller arpenter les étangs, les lacs qui étaient autour de chez moi, les forêts et de rencontrer parfois des espèces blessées. J’ai voulu en ramener une, deux, trois chez moi et après je suis allé voir les vétérinaires à plusieurs reprises pour des espèces sauvages blessées. J’ai senti que je gênais.

Régis Moscardini : Clairement. Les vétérinaires ne sont pas du tout formés pour ça.

Loïc Lechelle : Du coup j’ai commencé à me faire une petite salle dans ma cave, dans une extension du garage, ce qui ressemblait à une cave. Donc j’avais ce vivarium d’espèces, soit qui étaient blessées et que je souhaitais remettre sur pattes, soit quelques petits élevages d’orvets ou de phasmes. J’avais cette petite attraction pour les petites espèces sauvages.

Régis Moscardini : Ta mère devait être contente d’avoir ça en bas de chez elle !

Loïc Lechelle : J’ai eu un cumul de 48 spécimens vivants dans cette cave.

Régis Moscardini : Juste une petite parenthèse : c’est quand même interdit d’héberger chez soi même blessés des animaux sauvages. Dans ces cas-là il vaut mieux soit les laisser sur place ou appeler des services compétents. C’est vrai que les vétérinaires, tu l’as dit, sont plutôt gênés par ce genre d’opérations. Après il y a des petites boites comme Athéna par exemple si on habite dans le Nord-est de la France vers Besançon je crois, un site qui peut s’occuper d’animaux blessés. Il n’y en a pas partout.

Loïc Lechelle : C’était vraiment un endroit où il n’y avait rien. C’est pour ça que j’ai créé l’association. Avec l’association, je ne sais pas si j’avais plus le droit mais en tout cas je l’ai crié haut et fort, c’est ici qu’on soigne les animaux blessés. J’ai des gens qui me ramenaient des oiseaux dans des boites, qui s’étaient pris une vitre. Certains oiseaux sont repartis. C’est génial.

Régis Moscardini : Sans aucune compétence vétérinaire, scientifique, de médecine, rien du tout, tu réussissais.

Loïc Lechelle : Dans les bouquins, on apprend plein de choses. Finalement j’ai fait une année vétérinaire à l’issue de ça, à la sortie du lycée mais je n’ai fait qu’un an parce que ce n’était pas assez dans le concret alors que j’avais déjà fait du concret dans ma tendre enfance. Beaucoup trop de théorie.

Régis Moscardini : Tu vivais encore dans tes souvenirs de concret justement et tu voulais directement attaquer par ça.

Loïc Lechelle : Voilà. Hyper frustré. Je suis reparti dans la nature, dans l’apprentissage des sports. C’est ça ma formation complète, c’est la fac de sports. Tout ça pour pouvoir aller en pleine nature, où je voulais quand je voulais avec tous les moyens sportifs possibles puisque du coup très attiré par l’alpinisme et l’escalade pour pouvoir grimper des montagnes et aller chercher toutes ces bêtes de haut plateau, de très haute altitude. Mon rêve, à partir de l’année prochaine, je m’attaque au léopard des neiges.

Régis Moscardini : D’accord. Tu restais quand même dehors finalement, malgré une petite bifurcation de ton parcours, pas trop dans l’animalier mais dans le sportif, tu restais quand même dehors. Est-ce que ça aide d’être en pleine forme comme tu l’es certainement pour pouvoir pratiquer la photo animalière ou finalement ce n’est pas un atout plus que ça ?

Loïc Lechelle : Je dirais que c’est un atout par rapport aux sujets que tu as envie de photographier. Moi aujourd’hui il m’arrive de parler avec certaines personnes qui ont fait des trips en Alaska pour aller photographier les grizzlis. C’était épuisant pour eux parce qu’il y avait quand même pas mal de zones où il faut crapahuter, il faut marcher pendant des heures avec un sac de juste la journée, parce que généralement ils ne partaient pas avec les tentes, etc.

Moi ça m’arrive d’avoir 45 kilos sur le dos et de partir en autonomie complète. Donc ça dépend vraiment de ce qu’on a envie de photographier. Est-ce qu’il y a des lodges autour et est-ce qu’on prend juste le strict minimum pour la journée ou est-ce qu’il faut tout transporter. Là forcément on s’attaque à des espèces encore plus sauvages où le bivouac est obligatoire.

Régis Moscardini : D’accord. Tu l’as très bien dit, si on se contente de faire de l’affût tranquillement pour photographier les petits passereaux de son jardin, évidemment ce n’est pas la peine d’avoir une condition physique de sportif de haut niveau. Mais par contre si on s’attaque à des safaris photo, à des treks photo où il faut beaucoup marcher dans des environnements presque hostiles, là il vaut mieux être bien équipé ?

Loïc Lechelle : C’est sûr. Après on reparle de safaris photo, j’organise fréquemment des safaris au kenya dans des 4×4 où l’effort est vraiment minimisé, il n’y a rien à faire sportivement parlant. J’ai des personnes de tout âge et de toute forme physique. Ça se passe très bien dans ce cas-là. Le Masai Mara est idyllique pour ça et dans tous les cas c’est interdit de sortir du véhicule. Les espèces sont faciles d’accès et on peut faire de la belle photo animalière sans avoir de forme physique. Par contre si on parle de haut plateau comme a pu le faire Vincent Munier par exemple avec ses loups d’Abyssinie, là c’est déjà une forme physique imposée qui est un peu plus poussée.

Régis Moscardini : Bien sûr. Je me souviens d’une interview précédente, de Philippe Bolle, qui est aussi une espèce de globe-trotter photographe animalier qui est allé au Spitzberg. Il me disait que c’était vraiment très bien mais très éprouvant physiquement. Il a plus de 60 ans je crois, Philippe. Il était partagé entre le fait d’avoir vécu une belle expérience de photos mais aussi d’avoir vécu des moments difficiles physiquement. Il faut aussi en tenir compte.

Loïc Lechelle : Après, la forme physique permet d’encaisser les gros changements climatiques. C’est vrai que quand on part dans des régions très froides, le fait d’être en forme physiquement permet d’encaisser plus facilement des variations de température, des coups durs, parce que physiquement on en prend un coup quand on passe un mois par -30, -40. Je ne dis pas qu’il faut être en forme pour pouvoir faire un marathon, ça ne change rien, mais être en belle forme ça permet être en forme dans sa tête aussi et pouvoir encaisser des conditions difficiles.

Régis Moscardini : Pour résumé, ça dépend de la forme physique, on en parle assez rarement finalement de la forme physique pour le photographe animalier, mais pour résumer ça dépend de l’activité, de l’espèce que l’on veut photographier mais que dans tous les cas c’est bien d’avoir une forme minimum pour pouvoir s’adapter à la plupart des projets photographiques que l’on souhaite mener.

Loïc Lechelle : En effet.

Régis Moscardini : Tu as beaucoup voyagé. J’ai lu sur ton site : Canada, Cordillères des Andes, les Rocheuses aux USA-Canada, les Alpes, les Alpes françaises et suisses, Alpes scandinaves, et pourtant tu passes plusieurs semaines par an, voire même plusieurs mois, en afrique au kenya pour photographier la faune de cette région du monde. Pourquoi un tel attachement à ce pays alors que tu en as connu beaucoup d’autres par ailleurs ?

Loïc Lechelle : Ça vient du Roi lion.

Régis Moscardini : Sérieusement ?

Loïc Lechelle : Oui.

Régis Moscardini : Disney est passé par là.

Loïc Lechelle : Oui. A l’époque de mes 10-12 ans, quand je commençais la photo animalière, le Roi lion est l’un des dessins animés qui m’a le plus frappé, même s’il est sorti lorsque j’étais un peu plus jeune, je l’ai regardé et ça m’a imprégné finalement, c’était vraiment cette savane africaine qui est restée pour moi un rêve qui a été réalisé seulement à l’âge de mes 23-24 ans.

Régis Moscardini : Tu es resté plus de 10 ans avec ça en tête.

Loïc Lechelle : Voilà. Du coup quand j’ai mis un pied au kenya, j’en ai mis deux, j’y suis resté puisque j’ai pu rencontrer un peu l’un de mes mentors en photo animalière, Tony Crocetta, qui m’a accueilli et qui m’a permis de faire pas mal de choses avec lui et notamment  le remplacer en tant que prof là-bas sur place, prof de photo, pour orchestrer ses stages photo de Melting Pot safaris, son agence de safaris là-bas.

Régis Moscardini : Une toute petite parenthèse par rapport à Disney, c’est vrai que le Roi lion ça a été le dessin animé jusqu’à il y a pas très longtemps jusqu’à la sortie de la Reine des neiges, alors peut-être que la Reine des neiges va aussi créer des vocations pas en afrique mais peut-être dans le Grand Nord, qui sait, peut-être qu’il y aura un Loïc Lechelle dans 10 ans qui aura vu la Reine des neiges et qui voudra faire dans le Grand Nord comme toi tu as pu le faire en afrique.

Le Roi lion c’est vraiment le dessin animé qui a eu le plus de succès chez Disney, qui a relancé l’activité chez Disney avec cette idée de dessin animé.

Loïc Lechelle : Tout à fait.

Régis Moscardini : Ça t’a marqué, toi, mais ça a marqué aussi une génération comme je pense la Reine des neiges actuellement peut marquer une nouvelle génération de gamins et de gamines.

Loïc Lechelle : C’est fort probable. D’ailleurs je rebondis là-dessus, Frère des ours est un super film pour le Nord Canada qui parle vraiment de tout ce qui se passe là-haut au niveau de l’Alaska et des grizzlis, c’est un film qui est vraiment authentique et qui a plein de choses à transmettre.

Régis Moscardini : Comme quoi la photographie animalière mène vraiment à tout, on parle même de Disney. J’imagine que quand Disney fait ses dessins animés, ils doivent se faire conseiller par des conseillers, des experts des pays dans lesquels ils veulent faire voyager les spectateurs. Certainement que les dessins faits des paysages et tout ça sont respectueux d’un environnement qu’ils veulent recréer.

Loïc Lechelle : Tout à fait. L’équipe de Disney, les dessinateurs sont restés entre 2 et 3 ans, je crois, au kenya-tanzanie.

Régis Moscardini : Pour s’imprégner ?

Loïc Lechelle : Pour s’imprégner, pour dessiner, pour créer les interactions et le scénario en a découlé.  C’était un gros investissement de la part de Disney à l’époque de passer autant de temps sans pour autant de faire de photos et de vidéos, c’était juste des dessinateurs.

Régis Moscardini : C’est sûr que c’est un sujet assez passionnant. On ferme la parenthèse Disney. Ce sont les félins qui t’attirent le plus, moi aussi, je pense pas mal de monde quand même. Juste avant d’aller plus loin dans la question de la photo de ces félins et surtout des safaris photo, pourquoi tu les aimes tant, qu’est-ce qui t’attire chez eux ?

Loïc Lechelle : Je n’en ai pas la moindre idée. Cette attirance, peut-être le Roi lion en est la source, mais les félins en règle générale sont une famille qui est très intelligente finalement. J’ai un chien loup moi personnellement

Régis Moscardini : C’est Denver.

Loïc Lechelle : C’est Denver qui est avec moi tout le temps.

Régis Moscardini : Quel âge il a maintenant ce chien ?

Loïc Lechelle : Il a eu 8 ans et son père est un loup, un loup commun du Québec. Mais dans la famille des félins, c’est cet aspect autonome peut-être, un peu comme on souhaite l’être en pleine nature. Généralement les espèces canines sont plus gérées par un leader.

Alors que du côté félin, il y a des groupes, évidemment il y a souvent des groupes, notamment chez les lions mais il y a énormément d’espèces, de spécimens qui sont autonomes et solitaires. C’est peut-être ce côté-là qui me fascine, dans l’aspect chasse, dans l’aspect savoir se débrouiller, se retrouver aux périodes des amours, et tout ça en restant solitaire complètement pendant toute l’année. C’est fascinant.

Régis Moscardini : Moi j’aime beaucoup aussi les félins. Si on me posait la question pourquoi j’aime ça, je serais un petit peu embêté comme toi. Moi, ce que je sais, c’est que je suis capable de regarder vraiment très longtemps ne serait-ce que mon chat par exemple, c’est évidemment un félin aussi, j’adore le regarder, pas parce que c’est mon chat mais parce que je trouve qu’en règle générale les félins sont beaux à regarder, ils ont une attitude qui est très particulière que n’ont pas les canidés, je trouve, ça devient peut-être du museau, de la gueule, de la pose un petit peu altière parfois. Je trouve qu’ils ont une attitude qui est vraiment très particulière, qu’on ne trouve pas ailleurs. C’est peut-être pour ça que moi aussi je les aime.

Loïc Lechelle : C’est assez complexe comme question, j’avoue que je ne m’attendais pas à ça.

Régis Moscardini : Ce sera la seule question un petit peu embêtante, je te rassure. Je ne pensais pas qu’elle l’était. Je reviens au sujet qui intéresse les auditeurs, je pense, photographier les animaux en général et les félins en particulier lors d’un safari photo en afrique, parce qu’on a compris que tu étais vraiment un spécialiste du sujet. Je vais me mettre dans la peau d’un photographe animalier amateur qui souhaiterait partir dans l’année ou dans les 2 ans qui viennent par exemple faire un safari.

Par quoi je dois commencer concrètement ? J’ai ce projet en tête, même sans parler de matériel. Très terre à terre. Ça commence à germer dans ma tête, j’aimerais bien pouvoir le faire. Qu’est-ce que je dois commencer à faire maintenant ?

Loïc Lechelle : La principale question que je pose aux personnes qui viennent vers moi pour faire de la photo animalière en afrique, déjà il y a un budget à prévoir, c’est sûr. Le kenya ou la tanzanie ou le botswana sont autant de parcs qui sont gérés avec des droits d’accès aux parcs qui sont parfois très coûteux. Donc il y a une enveloppe à prévoir.

Régis Moscardini : Qui peut être sur 10 jours ou une semaine ?

Loïc Lechelle : Généralement c’est 80 euros en moyenne par jour et par personne dans la plupart des parcs africains.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : C’est une moyenne mais si on veut voir du félin ce ne sera pas plus bas. Après il faut avoir le choix du véhicule. Je ne vais pas prêcher pour ma paroisse mais c’est vrai qu’il y a des safaris qui se font pour pas trop cher en minibus où on est entassé, qui ne sont absolument pas prévus pour les photographes.

Parfois on peut être à quatre sur la même ligne derrière de sièges, du coup ceux qui sont au milieu ne peuvent plus vraiment accéder aux fenêtres. Après il y a toujours possibilité de faire des photos à partir de la toiture qui est ouverte mais la photo en plongée ne met jamais en valeur l’animal.

Régis Moscardini : Bien sûr. Ce n’est pas des conditions optimales.

Loïc Lechelle : Après c’est l’endroit qu’il faut choisir. L’avantage du Masai Mara, c’est que les animaux sont accessibles, ça fait 60 ans qu’il y a des voitures de safaristes qui se baladent dans le parc  et le 4×4 fait partie du décor. On n’a vraiment aucun moyen de les déranger en se baladant en 4×4 à 3 mètres du lion.

Régis Moscardini : Pour lui c’est normal, en gros il est né avec.

Loïc Lechelle : Il est né avec, donc ça ne le dérange pas, le bruit du moteur ne le dérange pas. Quand on arrête le moteur, il peut éventuellement lever un œil mais il va nous ignorer complètement. On a comme exemple le rapace au bord de l’autoroute. Si vous essayez de l’attraper

Régis Moscardini : Le fait de passer, il ne va pas bouger. Si on ralentit un peu, si on change un peu le comportement du véhicule normalement, il va bouger.

Loïc Lechelle : C’est ça, c’est exactement la même chose. Ils se sont habitués à voir des 4×4 qui s’arrêtent devant eux, qui parlent autour. Il n’y a pas de notion, il faut se taire, etc. Non. Ça ne leur fait rien du tout.

Régis Moscardini : Evidemment ils sont sauvages ?

Loïc Lechelle : Oui, 100% sauvages. Il y a éventuellement 2-3 interventions vétérinaires sur certains mâles, même certaines femelles, qui peuvent être déployées par le KWS par exemple, qui est l’organisme qui s’occupent de tous les animaux, toutes les espèces sauvages du kenya, le kenya Wildlife Service.

Mais à part ce genre d’interventions qui est nécessaire si on veut préserver les espèces qui sont en voie de disparition, il n’y a aucune interaction avec l’homme. On ne peut pas sortir du véhicule. Si vous sortez, vous êtes une proie.

Régis Moscardini : Ah oui !

Loïc Lechelle : Si vous êtes dans le 4×4

Régis Moscardini : On est une proie, on est un objet qui fait du bruit.

Loïc Lechelle : Vous êtes les 4×4. Alors qu’en tant qu’individu, on est une proie.

Régis Moscardini : Là, c’est plus dangereux.

Loïc Lechelle : Il n’y a pas l’intérêt de sortir. Absolument pas.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Loïc Lechelle : Autant un lion est capable de détecter un Masaï à plus de 3 kilomètres, sans problème. Il va le voir, il va généralement se cacher, fuir ou craindre. Mais le touriste dans son 4×4 à 3 mètres du lion ne va pas faire lever un seul sourcil du lion. Il n’a aucune réaction.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : On a vraiment cette nuance entre le guerrier masaï qui est potentiellement un danger pour le lion si le guerrier doit défendre son village, il n’hésitera pas à tuer le lion. En tant qu’humain blanc, on est une proie. C’est clair et il ne faut pas du tout jouer avec ça.

Régis Moscardini : Bien sûr. J’ai cette idée en tête. Je sais que ça me coûte 80 euros par jour, tu l’as dit, dans les grands parcs. Le parc du Masai Mara est un parc à privilégier par exemple. Ma question c’est : est-ce que je peux organiser tout moi-même c’est-à-dire que je pense que ça pourrait me coûter moins cher, j’aime bien faire les choses moi-même, est-ce que je peux le faire, partir là-bas tout seul ou tu me le déconseilles et si tu me le déconseilles, vers qui je dois aller ?

Loïc Lechelle : Le Masai Mara, je reviens vers ce parc-là en particulier par rapport à la proximité des espèces. Si on veut y mettre un paysage derrière, ce qui est quand même vachement plus beau, il vaudra mieux s’orienter vers la namibie ou le botswana où il y a vraiment des paysages sublimes, splendides mais où les espèces sont beaucoup moins faciles à spotter.

Régis Moscardini : Par contre si on veut faire plus de portraits, des plans un peu plus serrés, là il vaut mieux se tourner vers le Masai Mara, pour les félins ?

Loïc Lechelle : Bien sûr. Ensuite si la personne est seule, l’avantage de se mettre dans un stage photo comme ce que je peux organiser ou d’autres photographes peuvent organiser, l’avantage c’est de pouvoir bénéficier du tarif de groupe en étant seul. Alors si on veut l’organiser tout seul, généralement il va falloir se greffer à un groupe existant, ce qui n’est pas évident pour les agences qui organisent ce genre de séjours puisque généralement si elles ont un couple de deux personnes qui réservent un véhicule, elles ne vont pas imposer une troisième personne lambda à ce véhicule.

Melting Pot safaris ou une autre agence, n’importe quel réceptif local ne fera jamais ce compromis, sauf si en face le couple le dit explicitement en disant, ok on prend un 4×4 pour nous deux mais s’il y a une demande pour une ou deux personnes de plus, à ce moment-là on est ouvert à ça. Effectivement ça peut revenir à moins cher si vous trouvez quatre personnes puisqu’en général à quatre personnes on a rempli le 4×4. Donc quatre personnes, quatre amis qui voudraient partir, là on est sur un tarif optimum. Par contre en tant que personne seule, il vaut mieux se greffer à un stage photo, même si on est expert en photographie.

Ça m’est arrivé de coacher des photographes qui ont autant d’expérience que moi voire plus, mais l’expérience du Masai Mara ils ne l’avaient pas et les échanges ont été juste géniaux. Tout photographe qui échange avec d’autres photographes permet de se surpasser à un moment donné, d’avoir une critique constructive dans les deux sens.

Régis Moscardini : On apprend tout le temps.

Loïc Lechelle : On apprend en permanence. Il n’y a pas de relation de supériorité dans ce genre de stages. Il arrive un moment où effectivement je vais donner des astuces et on va me poser une problématique d’amateur qui va me faire remettre en question mon astuce de pro. Du coup on a retourné la balance de l’apprentissage.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : Je pense qu’un bon prof c’est quelqu’un qui se remet en question à chaque cours.

Régis Moscardini : Moi je n’ai jamais entendu que du bien de Melting Pot safaris. Vous avez vraiment très bonne presse. Qu’est-ce qui fait que j’aurais intérêt à faire un safari photo avec vous ? C’est la connaissance du terrain ? On sent bien toi, Loïc, que tu es un pédagogue dans l’âme, que tu expliques bien les choses. Mais qu’est-ce qui fait que je vais aussi passer un bon moment avec vous ?

Loïc Lechelle : Au-delà de ça, il y a trois choses qui font la réussite d’un safari : c’est le guide, le 4×4 et éventuellement le groupe autour et l’accompagnateur s’il y en a un. Mais le guide fera 100% du safari.

Régis Moscardini : Toi, tu n’es pas guide ?

Loïc Lechelle : Moi, on va dire que je suis guide naturaliste photographique et il y a un chauffeur guide. Ce chauffeur guide c’est un Masaï généralement ou un local qui ne fait que ça, qui se balade dans la nature tout le temps. Et ils ont des regards et une facilité d’analyse du terrain que même avec 10 ou 15 ans d’expérience on n’y arriverait pas.

Régis Moscardini : Lui, il va voir des choses, sentir la chose, sentir que là il y a un potentiel d’observation et il va vous y emmener, c’est ça qui fait la différence ?

Loïc Lechelle : C’est ça. C’est hallucinant leur capacité à analyser les contrastes à des kilomètres. Je me souviens de mon premier safari, il a fait un tour de jumelles autour du 4×4 et il nous a proposé deux choix, l’un des deux choix était : il y a deux jeunes lions en train de jouer à midi.

Midi, en direction du véhicule c’est tout droit. Du coup on regarde, on fait un tour de jumelles, on a regardé, on n’a jamais trouvé, jamais trouvé ce qu’il regardait. On a dit, allez, on y va. Au bout de 10 minutes de 4×4, 10 minutes ça fait quand même quelques kilomètres, on a commencé à pouvoir les apercevoir à la jumelle.

Régis Moscardini : Alors que lui il l’avait du point de départ ?

Loïc Lechelle : Oui, 10 minutes plus tôt.

Régis Moscardini : Ce n’est pas les mêmes jumelles, c’est pour ça ?

Loïc Lechelle : Avec les mêmes jumelles.

Régis Moscardini : C’est incroyable !

Loïc Lechelle : Donc les contrastes qu’il arrive à analyser à des kilomètres. Au-delà de ça, une expérience de comportement, une expérience de terrain qui est inégalable. Aujourd’hui pour résider au Masai Mara pour un blanc, ça coûte 80 euros par jour. Si on commence à avoir la résidence kenyane, on peut tomber à 10 euros ou 5 euros par jour. Les chauffeurs, eux, sont à 1 euro par jour et c’est payé par leur compagnie.

Régis Moscardini : Donc ils peuvent vivre là-bas en permanence.

Loïc Lechelle : Eux, ils sont dans tous les cas H24, on va dire 10 mois dans l’année. 10 mois dans l’année en 20 ans, c’est suffisant pour connaitre complètement le terrain. La différence entre les guides Melting Pot et les guides qui bossent ailleurs est leur patience envers les photographes puisqu’un photographe versus un safariste classique aura des exigences particulières, un placement du véhicule par rapport à la lumière, à l’attitude, à l’arrière-plan.

Régis Moscardini : Tu veux dire que le guide conducteur du 4×4 va d’emblée presque anticiper la demande et la contrainte imposée par le photographe, venir se mettre de telle façon par rapport au soleil par exemple pour faire des points de vue qui sont plutôt sympathiques.

Loïc Lechelle : Tout à fait. C’est vraiment la formation du guide chez Melting Pot qui est tournée vers ça et c’est en ça que le safari sera réussi puisque si vous allez dans un 4×4 classique, un 4×4 ou un minibus pas cher, vous aurez en arrière-plan très régulièrement pas forcément ce qu’il faut ou justement il va vous emmener sur un spot où la lumière n’est pas exploitable entre 10h et midi, alors qu’entre 10h et midi il y avait plein de choses à faire à l’opposé du parc dans la forêt ou dans d’autres endroits.

Régis Moscardini : Ça, c’est vraiment ce qui fait la différence. C’est vrai que c’est important de savoir ça. Je ne pensais pas que c’était aussi important, le guide conducteur du 4×4.

Loïc Lechelle : Dernière chose quand même : le Masai Mara étant le parc potentiellement le plus visité dans les parcs animaliers africains, il faut éviter au maximum le mois d’août voire même le mois de juillet, par rapport à la migration.

Régis Moscardini : C’est l’époque des grandes vacances occidentales et que là les blancs occidentaux vont beaucoup dans ce parc-là ?

Loïc Lechelle : Oui. C’est juste abominable en termes de foule. Du coup on trouve tous les minibus, tous les 4×4. C’est l’affluence maximale avec potentiellement des crossing de gnous dans les grandes migrations, c’est quelque chose qui est connu et qui passe dans la tête des gens comme le cliché du Masai Mara. La migration des gnous par millions qui traversent la rivière.

Mais on trouve des crossings, des traversées de rivière fin septembre, en octobre également. D’ailleurs on s’aperçoit, probablement avec le réchauffement climatique, d’un décalage. Avant les migrations arrivaient à peu près vers le 20 juin, 25 juin, début juillet. Ces dernières années, ils sont arrivés quasiment 2-3 semaines plus tard. Donc pour assurer de voir une quantité phénoménale de gnous et donc une activité au niveau des chasses de lions et des chasses de crocodiles, cette activité elle est assurée et au calme plutôt en septembre-octobre. Parce qu’on a moins de monde et plus de chances d’apercevoir les migrations.

Régis Moscardini : Si j’enlève juillet et août, tout le reste de l’année est intéressant par rapport à la météo là-bas, par rapport à l’activité animalière ? Ou il y a quand même des moments plus intéressants que d’autres ?

Loïc Lechelle : Il y a deux saisons des pluies qui durent à peu près un mois, on parlera de novembre et également du mois d’avril-mai, à peu près mi-avril jusque fin mai. Ces deux périodes sont à proscrire dans la planification du safari, quoique le Masai Mara sous la pluie c’est quand même splendide. Moi, j’adore cette période et il n’y a personne pour le coup. Par contre le 4×4 est obligatoire, parce que là le minibus, il ne faut pas espérer pouvoir faire du low-cost.

Régis Moscardini : Les animaux sont toujours actifs qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse du soleil, ils sont toujours là, donc il y a quand même des choses à faire aussi ?

Loïc Lechelle : Oui, il n’y a pas de migration de lions. Ils ont besoin de manger, ils ont besoin de s’activer. Ce qui est génial, c’est d’avoir ces contrastes. Il faut savoir que toute l’année il y a des contrastes absolument fabuleux au Masai Mara puisque c’est une région qui bénéficie d’un orage quasiment quotidien.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : Tous les soirs on a un orage qui est dû à l’accumulation de chaleur et de l’eau qui est probablement due à l’accumulation de l’évaporation du lac Victoria qui n’est pas si loin à vol d’oiseau. Du coup on a en permanence des tombées de pluie à cet endroit-là. Ce qui est plutôt génial puisque du coup c’est pour ça que c’est l’endroit le plus vert de la région. Qui dit verdure dit herbivores, qui dit herbivores dit carnivores.

Régis Moscardini : Evidemment. Toute une chaine alimentaire qui se met en route grâce à ces pluies.

Loïc Lechelle : La boucle est bouclée. Tout ça grâce à l’endroit du Masai Mara dans cette afrique. Je dis Masai Mara, mais la tanzanie et le Serengeti pour moi, c’est la même chose, c’est dans le prolongement. On pourra déterminer le Serengeti le Masai Mara sur une carte, il suffit de regarder, il y a juste un trait tiré à la règle qui a fait une séparation entre les deux régions.

Le Serengeti et le Masai Mara, c’est exactement la même chose, le même climat, les mêmes espèces. L’avantage on va dire du Masai Mara dans la partie qu’on exploite avec Melting Pot safaris, c’est cette partie un peu sauvage qui ne s’exploite qu’avec le 4×4 et quand même la possibilité de se balader un peu hors sentiers battus. Je ne vais pas dire que le hors-piste est légal mais on n’en fait quand même un peu plus dans cette partie nord du Masai Mara qui est vraiment mal entretenue par le parc, par les rangers qui entretiennent plus la partie sud, sud-est du Masai Mara qui est plus accessible aux minibus . Du coup la partie nord est un peu plus délestée en termes d’entretien.

Régis Moscardini : D’accord. Ça c’est intéressant à savoir. Combien de temps à l’avance je dois m’y prendre ? Là on est mi juin 2015. Est-ce que si je veux partir en septembre-octobre, c’est encore possible par rapport à vos places ?

Loïc Lechelle : C’est encore possible. Là par exemple il me reste deux places dans mon safari de début octobre. Par contre tous les créneaux un peu libres, par exemple si tu voulais organiser un safari avec trois de tes copains pour faire un véhicule complet, tous les créneaux sont pris quasiment un an à l’avance. Sauf dans les périodes de pluie, c’est justement les vacances pour les guides et les vacances pour les réceptifs locaux.

Donc il y a très peu de lodges qui ouvrent leurs portes pendant les saisons des pluies. Donc c’est plutôt intéressant de planifier longtemps à l’avance, entre 6 et 8 mois minimum.

Régis Moscardini : Pour être certains d’avoir une place. Si je suis tout seul, c’est peut-être plus facile de trouver une place et de m’intégrer dans un groupe déjà constitué. Mais si je suis en groupe, il vaut mieux s’y prendre presqu’un an à l’avance.

Loïc Lechelle : Voilà. Dans mon groupe, ça m’arrive d’avoir des désistements de dernière minute, etc. Si on a envie d’y aller, il faut tenter le coup et il faut dire qu’on est prêt à y aller jusqu’à 3 semaines à l’avance s’il y a un désistement.

Il ne faut surtout pas baisser les bras face à un créneau soi-disant complet puisqu’il a parfois des annulations, parfois des contretemps et notamment dans des groupes qui sont comme mes groupes constitués que de personnes qui sont seules. Moi je prends huit personnes maximum réparties sur deux 4×4 et j’alterne un 4×4 sur deux chaque jour, chaque demi-journée.

Régis Moscardini : En termes de matériel, quelle focale je dois privilégier, grande focale, grand angle pourquoi pas ? Tu as dit que le Masai Mara pour les paysages ce n’était peut-être pas le mieux, mais qu’est-ce que je dois privilégier là-bas ?

Loïc Lechelle : Dans tous les cas, il faut une optique entre 300 et 500 mm. Donc quelqu’un qui se lancerait dans la photo animalière, je lui conseillerais une location ou un achat d’un 120-400 ou d’un 150-600, d’un 50-500, toutes ces gammes de sigma ou tamron qui permettent d’avoir une longue focale avec un autofocus, qui permet déjà de faire de belles photos. J’ai beaucoup de stagiaires qui ont pu faire des sublimes photos avec ce genre de matériel.

Régis Moscardini : Il ne faut pas se dire, j’ai très envie mais si j’y vais avec mon petit 70-300, je vais un peu avoir la honte et tout ça. C’est vrai que c’est peut-être un peu juste pour le 300 mais dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter, tu l’as dit, à louer. J’ai fait un article sur Objectif Location qui propose des services vraiment intéressants. Tu peux louer un objectif sur les 10 jours par exemple pour se faire plaisir et vraiment participer le mieux possible au safari.

Loïc Lechelle : Tout à fait. Il s’avère vraiment qu’une location d’un 500 mm f4 peut se trouver aux alentours de 700-800 euros pour la location de 10-12 jours.

Régis Moscardini : Evidemment c’est un budget qui se rajoute au budget mais ça peut se prévoir également si on s’y prépare pas mal de temps à l’avance, on peut prévoir ça dans le budget.

Loïc Lechelle : Tout à fait. Objectif Location n’en a pas en stock, par contre Objectif Bastille en a et en loue fréquemment.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : Il y en a d’autres aussi. Pour moi, l’investissement d’un 500 mm doit être justifié par une activité qui est au-delà d’une vingtaine de journées par an. Et celui qui fait un safari par an n’a aucun intérêt à acheter. C’est tellement facile de louer, d’avoir la garantie du matériel, d’un matériel entretenu. C’est quand même 1/10 de son prix. Après ça dépend, si on a l’intention de faire dix safaris et qu’on a la trésorerie pour pouvoir se l’acheter, tant mieux.

Mais dans 10 ans, il y aura probablement d’autres objectifs. Par exemple le 200-400 qu’on aura envie de louer une année, puis un 500 une autre année, et un 300 2.8 une autre année. L’avantage de la location, c’est de pouvoir s’adapter à son sujet. Si on doit aller faire les ours polaires, un 800 mm est recommandé. Si on veut aller au Masai Mara, un 300 mm peut suffire. Mais le 70-300 manque un peu de piqué à mon sens.

Régis Moscardini : C’est possible. Ce n’est pas tant la focale qui va être juste, c’est la qualité optique de l’objectif qui va être un petit peu limitée.

Loïc Lechelle : Quand on se paie un safari qui nous coûte 3000 euros

Régis Moscardini : Il ne faut pas faire l’impasse sur la qualité optique de l’objectif.

Loïc Lechelle : Pour moi, c’est intéressant d’essayer de louer une bonne optique ou d’acheter une optique intermédiaire. Un 100-400 par exemple de chez canon ou les sigma qui sont vraiment convenables, les 120-400 ou les 150-600, les dernières générations, qui ont le mérite d’avoir un piqué très convenable pour moins de 2000 euros.

Régis Moscardini : J’imagine que c’est un environnement qui est assez poussiéreux. Est-ce qu’il y a des précautions à prendre pour le reflex et aussi les objectifs, pour ne pas trop l’abimer au changement d’objectif par exemple ? Qu’est-ce que tu conseilles par rapport à ça ?

Loïc Lechelle : Quand on part sur ce genre de séjour je conseille deux boitiers, un boitier qui est une sauvegarde au cas où le premier lâcherait et sur lequel on met dans ce boitier de secours une optique grand angle pour faire des photos paysagères. Et du coup avoir une focale qui fait l’ensemble de nos photos sur l’autre boitier, ce boitier principal qui aurait une tendance quand même à rafaler

Régis Moscardini : Sur les grandes focales.

Loïc Lechelle : Voilà. Des petites rafales, un 7D par exemple, même un D3S d’occasion pour les Nikonistes, même D2S. Les vieux boitiers sport sont vraiment des bijoux. On trouve des boitiers qui sont à 1000 euros, qui ont 5-6 ans et qui ont des rafales de dix images par seconde. Ça c’est l’idéal pour moi pour faire de la photo animalière quand on débute la photo animalière.

Moi, il s’avère que je ne fais plus de rafales puisque maintenant je sais ce que je veux, je n’ai plus l’intention de faire la scène d’exception de l’animal en train de courir, je sais ce que je veux, je vais faire beaucoup plus de vidéos que de photos en réalité. Pour moi, c’est un détail cette rafale. Par contre

Régis Moscardini : Les gens qui ont envie d’optimiser leur voyage, qui n’ont pas envie de rater la photo, c’est vrai que la rafale ça peut être intéressant.

Loïc Lechelle : La rafale est intéressante effectivement pour avoir l’attitude, le geste, l’instant le plus exaltant de la série, la rafale est quand même bien appréciée.

Régis Moscardini : Je voulais justement te demander, tu en as parlé par rapport à la rafale, ça peut être une astuce, est-ce qu’il y a d’autres astuces pour essayer de faire des photos qui sortent un petit peu du lot ? Si on est quatre, même peut-être plus si on ne prend pas l’option Melting Pot safaris mais les minibus, on sera plus nombreux, est-ce qu’il y a des astuces pour ne pas avoir des photos qui ressemblent trop aux photos de safari de groupe très classiques, très bateaux ?

Qu’est-ce que tu conseillerais rapidement à tes stagiaires pour faire des photos qui sortent un peu de l’ordinaire, qui ne soient pas comme celles de monsieur tout-le-monde qui fait du safari ?

Loïc Lechelle : En général je dis aux gens d’arrêter de faire des photos pour faire d’autres photos. Le principe même d’être baigné au cœur de cette immensité d’espèces sauvages dont on rêve tous de photographier, le problème c’est qu’on en oublie de regarder, d’observer. Donc mon premier conseil, c’est de se servir des jumelles et de ses propres yeux pour observer et de s’imbiber de l’ambiance.

Régis Moscardini : Ça me fait penser, toute proportion gardée évidemment, ça me fait un petit peu penser à quelqu’un qui serait à un concert et qui va passer son concert à filmer le concert avec son téléphone portable par exemple. C’est-à-dire que c’est avoir un souvenir pour un souvenir mais finalement il n’a pas profité de l’ambiance, de la scène et des choses comme ça. C’est un peu pareil pour le safari. Il faut un petit peu oublier l’appareil pour s’imprégner de l’ambiance et de l’atmosphère.

Loïc Lechelle : C’est exactement ce qui s’est passé, j’ai un stagiaire qui avait fait une série photo, il avait dû en faire 1000 en 1h30, ce n’était que les mêmes photos, que les mêmes photos. On a regardé les photos des autres, on échange beaucoup, on fait de la critique image entre deux safaris le midi et le soir, mais il n’avait pas vu qu’il y avait telle espèce à 100 mètres à gauche de l’espèce qu’il avait photographiée, je ne sais plus quelle espèce, ça devait être des gnous et il y avait un léopard.

On a tous dit qu’il y avait un léopard mais il était tellement obnubilé par sa photo qu’il voulait faire, qu’il avait imaginée, je pense que c’était du filet de gnous, il a passé son heure dans son œilleton à faire abstraction complète de tout ce qui se passait autour. C’est là qu’on rate des choses. Il aurait juste arrêté 5 minutes pour faire une pause, boire un coup, discuter ou pas avec nous, peu importe, il n’y a pas forcément besoin d’échanger pour voir ce qui se passe, juste ouvrir ses yeux.

J’ai l’impression que c’est tellement du gâteau de faire du safari photo au kenya et de photographier tout ce que l’on veut en peu de temps, c’est du gâteau, mais on en oublie la chose essentielle, c’est s’imprégner, comme ce qu’on fait quand on est en affût à faire le brame du cerf ou à faire une approche classique qui est complexe, on va dire, vraiment c’est complexe. Un cerf en France, c’est dix fois plus complexe qu’un lion au kenya, cent fois plus complexe. Du coup on a envie de faire des photos, je le comprends, j’essaie de laisser faire les 2 ou 3 premiers jours et après je leur dis, arrêtez de faire des photos.

Ça reste un refrain que je dis sans cesse pour que les gens observent ce qui se passe autour, ressentir l’ambiance savane, on voit les lions se délecter face au prochain repas ou le stress que peuvent avoir les proies. Tout ça, ça se ressent. Pour ça il faut ouvrir les yeux.

Régis Moscardini : Je pense, ça je peux comprendre comme sentiment, je pense que les gens ont peur de ne pas revivre la scène.  C’est-à-dire qu’ils se disent, là ce que je vis c’est formidable, c’est ce que je voulais depuis des années, je le vis maintenant, il ne faut pas que je la loupe donc j’y vais. Finalement la scène elle sera revécue, peut-être pas pile la même mais sous une autre forme avec d’autres espèces.

C’est vrai que ce n’est pas facile de faire abstraction de ça et d’oublier le fait qu’on reverra la scène, peut-être pas de la même façon mais ce n’est pas très grave. Ce n’est pas facile.

Loïc Lechelle : J’en suis conscient. C’est pour ça que les 2-3 premiers jours ça devient un petit jeu de savoir qui fera la meilleure photo du jour, qui sera élue par l’ensemble des safaristes. On compare au ratio du nombre de photos. Généralement on s’aperçoit vraiment que ceux qui ont fait les plus belles photos, c’est ceux qui ont fait le moins de photos. C’est super intéressant de faire ce comparatif qui est observer avant de photographier. Une ambiance, une composition, ça se pense, ça ne s’improvise pas.

Si on improvise, c’est qu’on a déjà pensé à ce qu’on pourrait où placer l’animal dans son environnement. C’est là qu’une photo est jolie. Je pense que toutes les photos de portraits d’expressions ont déjà été faites. Donc une fois qu’on l’a faite il faut essayer de composer avec la suite, c’est-à-dire l’interaction, la composition avec la lumière, la feuille, l’arbre, l’environnement tout simplement.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Loïc Lechelle : C’est cette recherche qui est intéressante. J’essaie en stage ou même pour moi-même, à chaque fois d’essayer de pousser le photographe à aller plus loin dans sa démarche et de savoir ce qu’il veut au final. Est-ce que c’est ramener un souvenir ? Si oui, fais 20.000 souvenirs en 10 jours, qu’il ne regardera jamais.

Régis Moscardini : Mais est-ce qu’il aura vraiment profité de son séjour, ce n’est pas dit.

Loïc Lechelle : Ce n’est pas dit du tout. Je suis à l’écoute de ce que les gens attendent et j’essaie de les pousser dans cette direction de profiter pleinement de cet environnement qui est magique. Profiter ce n’est pas au travers de l’œilleton, ce n’est pas au travers de l’ordinateur, c’est à part entière avec ses yeux et de temps à autre savoir déclencher au bon moment. Du coup, il y a toute la phase exercice aussi qu’on s’amuse à faire bien sûr.

Mais au-delà des exercices, quand il y a un moment où il faut faire pause, où la lumière elle est trop dure, à ce moment-là on arrête, on observe, on est capable de profiter de 2 heures de safari sans l’appareil photo  entre 11h et 13h. Parce que les photos ne seront pas exploitables, les attitudes sont beaucoup moins belles que le matin à la fraiche, les animaux sont affalés. Donc il n’y a plus cet intérêt. Par contre il y a une ambiance et cette ambiance on ne peut pas la capter en photo mais on peut la ressentir. On peut arriver au repas et être pleinement satisfait des dernières heures

Régis Moscardini : Même s’il n’y a pas de photos à la clé. Ça me fait un peu penser à ce que me disait Fabien Gréban par rapport à ces stagiaires. Il me disait qu’il y a deux types de stagiaires : il y a ceux qui veulent apprendre la photographie c’est-à-dire être réceptif aux conseils, qu’est-ce que je peux faire pour flouter par exemple, qu’est-ce que je peux faire pour faire un filet, donc vraiment l’apprentissage de la photographie et puis il y a ceux qui viennent pour ramener des photographies et qui n’écoutent pas beaucoup les conseils, qui n’en veulent peut-être même pas d’ailleurs, qui ne font que passer leur temps à photographier parce qu’ils veulent photographier le chat sauvage parce que Fabien les aura emmenés sur un site de chats sauvages par exemple. Il y a deux types de stagiaires. C’est sûr qu’il faut s’adapter aussi à ce type de personnes.

Loïc Lechelle : Oui, tout à fait. C’est ce que j’essaie de reporter sur d’autres safaris. La namibie que j’organise l’année prochaine au mois d’avril, qui sera en 4×4 également, qui sera justement plus dans la composition puisque les espèces sont beaucoup moins nombreuses, beaucoup plus difficiles à trouver, à spotter. Par contre les paysages sont sublimes. Là on va vraiment essayer de travailler la composition.

Le troisième stage que je propose c’est la rivière Horton, la rivière qu’on a filmé pour le web documentaire Les rivières oubliées, j’organise également ce séjour sur la rivière en canoë en autonomie complète pendant 24 jours à la recherche des grizzlis, des loups, des couguars, des caribous et j’en passe.

Régis Moscardini : Là, c’est la photo aventure.

Loïc Lechelle : C’est vrai.

Régis Moscardini : Très sincèrement tu m’as bien convaincu pour pouvoir faire ce genre de voyage safari photo. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? J e vais sur le site de Melting Pot safari, je vous appelle, je vous envoie un mail ? Comment ça se passe concrètement ?

Loïc Lechelle : Tous les séjours sont sur Let’s Go Travel, l’agence de voyages française qui revend le safari kenyan pour Melting Pot safaris. Melting Pot safaris est une agence locale qui vous accueille, donc il suffit de les appeler, d’envoyer un mail effectivement et ils vous trouveront des places ou ils vous dévoileront des créneaux qui sont disponibles. En stage photo chez Melting Pot, il y a Matthieu Pujol aussi qui organise des safaris là-bas, deux à trois par an.

Moi, j’en suis à une à deux fois par an pour Melting Pot. Il y a pas mal de stages disponibles pour ceux qui veulent faire du stage photo. Mais encore une fois un stage photo n’est pas forcément dans le but d’apprendre en tant que tel, bien que dans tous les cas on va apprendre, on apprend toujours, mais c’est la solution quand on est seul. Pour moi, la solution la moins onéreuse quand on est seul, c’est de se greffer à un stage, même si on n’a pas l’envie de dire qu’on va en stage, ce n’est pas très grave.

Moi, je suis allé pour la première fois chez Melting Pot safari en stage photo chez Tony Crocetta, c’était Tony qui l’organisait. Même si je pensais que je n’avais pas le besoin d’apprendre la photo animalière puisque je pratiquais depuis plus de 15 ans, j’ai appris le personnage, j’ai appris comment lui voyait la photo, comment il l’envisageait, pourquoi le lion allait faire ça à tel moment.

C’est ça qui est intéressant, c’est que le guide masaï, il peut nous dire des choses qui sont purement et simplement des explications éthologiques mais par contre Tony va expliquer ce que l’éthologie peut nous apporter dans la photographie et c’est ça qu’il m’a transmis à cette époque et que maintenant je transmets à mon tour, c’est que dans un stage photo même si on est professionnel, puisque j’étais déjà professionnel à l’époque, j’ai appris énormément avec lui. Je ne regrette absolument d’avoir fait un stage pour mon premier safari photo et non un safari entre copains.

Régis Moscardini : J’imagine que cet état d’esprit, ce concept de comprendre pourquoi tel ou tel animal va faire tel ou tel mouvement, ou avoir tel comportement, ça peut être largement transposable dans nos contrées à nous. C’est-à-dire que Tony Crocetta ou toi-même, vous allez expliquer le pourquoi d’un tel comportement chez un félin. Mais d’avoir cet état d’esprit, de comprendre ça, ça peut être largement transposable à nos espèces à nous dans nos pays tempérés. Ça peut être utile aussi pour le photographe animalier amateur qui fait sa sortie du samedi matin.

Loïc Lechelle : Oui, il n’y a pas vraiment de différence. Une fois qu’on est sur une même famille, les comportements sont grosso modo les mêmes. Un chat c’est un chat. Un tigre c’est un chat.

Régis Moscardini : C’est un gros chat.

Loïc Lechelle : Mais la méthode de chasse, etc., ça reste quand même assez régulier.

Régis Moscardini : Les proies sont juste plus petites ou plus grosses suivant l’espèce mais finalement les attitudes, les techniques

Loïc Lechelle : J’ai effectivement une photo d’une lionne en train de se tapir dans une petite rigole naturelle. La même photo du léopard qui est en train de se planquer derrière un buisson. Et la même sur un guépard dans les broussailles en train d’attendre. C’est exactement les mêmes attitudes.

Régis Moscardini : Je vais encore parler de mon chat. Sur mon terrain, je fais exprès de ne pas tondre 20 m² de pelouse, ça fait une espèce de mini-savane, si tu veux. Je vois souvent mon chat tapi là-dedans qui attend ce qui se passe, qui s’amuse. C’est les mêmes comportements. C’est vrai que ça peut être transposable.

Loïc Lechelle : Après, il y a toujours des petites variantes, des petites méthodes. Le lion chasse en groupe. Le guépard peut chasser en groupe. Le léopard absolument pas. On voit aussi certains comportements qui s’adaptent à l’environnement, qui s’adaptent à la famille puisque la lionne qui chasse en groupe, elle chasse en groupe parce qu’elle a l’habitude de chasser en groupe.

C’est ça qui est plutôt génial, c’est de voir un peu leur comportement ensemble, de voir une mère avec ses deux filles par exemple  en train de chasser et de voir la différence avec trois mères qui chassent ensemble dans une autre scène de chasse. On a des attitudes différentes qui sont des attitudes instinctives mais adaptées. Elles se connaissent, on sent qu’elles se connaissent, elles ont une méthode à trois parfois qui peut différer si c’est trois individus d’une famille ou trois individus d’une autre famille.

Régis Moscardini : Je reviens à ce que tu disais tout à l’heure, ce genre de comportement et d’attitude ne peuvent être observables et compréhensibles par un photographe que si justement il pose son appareil et qu’il regarde naturellement comme n’importe quel passionné de nature.

Loïc Lechelle : Oui. En plus de ça, les gros félins du Masi Mara sont connus. C’est-à-dire qu’ils ont tous des noms.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Loïc Lechelle : Du coup, on sait que tel lion vient de copuler avec telle lionne, on sait qu’elle va partir dans tel secteur parce que l’année dernière elle a planqué ses petits pendant un mois à tel endroit. On sait le comportement de chaque femelle, de chaque mâle. C’est les feux de l’amour. Mais quelque part les feux de l’amour du Masai Mara, c’est vrai, on sait que chaque félin a son nom, que ce qui va se passer c’est plus ou moins planifié.

Parce qu’on sait que tel lion s’entend bien avec tel lion, là il est en train d’attaquer tel secteur, ça va déranger telle autre famille, il faut faire attention. On se rend compte qu’il y a des comportements de défense qui sont des réactions qu’on aurait pu prédire. C’est plutôt génial. C’est des espèces qui sont sauvages mais territoriales, étant donné ce territoire. Les guides qui sont, eux, toujours tous en contact, les guides de chaque compagnie de safari s’envoient des textos en disant, il y a un léopard dans tel secteur, on l’a vu ce matin. 

Donc on a l’avantage de la pleine saison, le seul avantage du mois de juillet ou du mois d’août, si on a envie d’aller voir un léopard, on sait qu’il a été observé le matin même à tel endroit, on peut y aller. Après ça ne garantit rien mais ça facilite finalement l’accès à l’espèce. Après, c’est sûr que c’est à prendre ou à laisser. Moi je suis partisan de rechercher moi-même les espèces. C’est pour ça que la rivière Horton, je l’organise l’année prochaine, c’est moi le guide et le seul guide de cette expédition.

Il y a un comportement à avoir face aux grizzlis. On n’est pas en protection d’un 4×4. On est nous-mêmes face à la nature. J’adore cette recherche de spécimens d’un animal qui n’a jamais connu l’homme probablement, qui n’a jamais vu l’homme.

Régis Moscardini : Ah oui !

Loïc Lechelle : C’est l’avantage de cette rivière-là. Cette rivière, elle a été choisie parce qu’elle est explorée par une vingtaine de personnes par an. C’est très peu pour une rivière canadienne. C’est la rivière la moins fréquentée du Canada. Du coup on s’aperçoit que s’il y a eu entre 200 et 400 personnes qui ont exploré cette rivière dans l’histoire de l’humanité, c’est le maximum. On s’aperçoit du comportement, les caribous sont quasiment venus manger dans ma main. C’est du jamais vu.

Régis Moscardini : En gros, c’est soit les animaux sont tellement habitués à voir des humains, en tout cas les véhicules dans lesquels il y a des humains que finalement c’est intégré dans l’environnement, on peut les approcher très proches, soit à l’inverse ces animaux n’ont jamais vu d’humains qu’ils peuvent avoir un comportement où ils peuvent aller assez proche là aussi. Mais finalement quand c’est un petit peu entre les deux

Loïc Lechelle : C’est le pire.

Régis Moscardini : C’est le pire des cas. Comme chez nous ici en France, on est là, on les embête depuis la nuit des temps, c’est le pire des cas.

Loïc Lechelle : Je suis revenu de cette rivière Horton l’année dernière au mois de septembre, je suis parti au brame du cerf. Un seul déclenchement en mode silencieux a fait fuir le cerf qui était à 15 mètres de moi. On était en zone frontalière avec une zone de chasse autorisée, on sent le stress de l’animal. C’est impossible d’avoir un comportement similaire avec ce que j’avais vécu 3 semaines avant au Canada.

Le caribou, j’étais en bleu et jaune, je n’étais pas en tenue de camouflage, j’étais en bleu et jaune, le caribou vient en se disant, c’est quoi ce personnage, il ne bouge pas, il n’avance pas, il n’est pas en mode chasse, donc il se rapproche. A un moment donné je fais une photo, il est encore plus curieux, il se rapproche, il s’éloigne, il se rapproche, il s’éloigne et après chacun retourne à ses pénates. C’est génial de pouvoir avoir ce ressenti-là.

Régis Moscardini : Si on reste en France, on peut rester en France, il y a aussi de très belles photos à faire dans notre pays.

Loïc Lechelle : Oui.

Régis Moscardini : Mais on ne connaitra jamais cet échange finalement, ce rapport entre l’homme et l’animal. Ici, chez nous ce n’est pas possible.

Loïc Lechelle : Malheureusement on est sur un territoire qui est bondé de chasseurs qui sont plus ou moins

Régis Moscardini : Respectueux.

Loïc Lechelle : Forcément les chasseurs, mais pas que les chasseurs, les bergers

Régis Moscardini : Finalement l’activité humaine en général, que ce soit un promeneur en famille qui fait du bruit, qui sent la clope, que ce soit un vététiste ou un motard, évidemment l’activité humaine est dérangeante pour la faune.

Loïc Lechelle : C’est sûr. C’est ça que j’essaie de chercher à transmettre finalement, c’est plutôt vers des expéditions lointaines et sportives que je suis attiré, je suis en train de terminer un diplôme de guide polaire qui me permet légalement d’emmener des gens en totale autonomie sur cette rivière, sachant que j’ai passé pas mal de diplômes dans ma vie pour l’encadrement sportif. Mais pour cette rivière-là, il faut un diplôme spécifique pour l’encadrement de cette activité en canoë dans ces régions-là.

Régis Moscardini : C’est quand exactement ?

Loïc Lechelle : C’est en août de l’année prochaine. A partir du 20 août l’année prochaine.

Régis Moscardini : Combien de places disponibles ?

Loïc Lechelle : Cinq places disponibles, non il n’y a plus que trois places disponibles parce que j’ai déjà deux inscrits. Là on est sur 24 jours de rivière avec pour projet de pagayer un jour sur deux, un jour de crapahutage autour du campement et d’affût si quelqu’un veut faire un affût et un jour de pagayage où on s’arrête à la demande pour faire des photos de paysages ou d’animaux qui sont sur le bas-côté de la rivière. Les grizzlis sont tout simplement dans des endroits magiques.

J’espère pouvoir illustrer mes propos avec quelques photos en dessous de ce podcast mais c’est juste génial, je vous invite à regarder Les rivières oubliées pour voir les couleurs de cette rivière, qui est limpide au début, on se croirait dans les gorges du Verdon mixées avec des couleurs canadiennes, puis on arrive dans un autre territoire. Il y a vraiment quatre paysages différents pendant cette traversée de 320 kilomètres de rivière en tout en canoë.

Quatre paysages. Au début on a ces canyons qui sont complètement magiques et somptueux, on arrive dans la toundra, la taïga, puis les collines fumantes et tout ça dans une période où l’automne est en train de s’installer. On a des couleurs, rouge, jaune.

Régis Moscardini : Ça doit être magnifique surtout à cette période-là. Ça doit être fabuleux. Là pour le coup je pense qu’il faut avoir une bonne condition. Tu l’as dit, c’est un projet de photographies aventure. Ça ne s’improvise pas.

Loïc Lechelle : Au niveau de la condition, ce n’est pas une rivière qui est difficile, il faut savoir pagayer un petit peu mais encore que là ce n’est pas une donnée primordiale. Pour moi, c’est pouvoir encaisser 24 jours loin de chez soi, loin du confort, on est dans des tentes pendant 24 jours, il peut faire froid, il peut faire humide. C’est plus dans la condition mentale que ça se joue que dans la condition physique. Il n’y a pas vraiment de prérequis physique pour venir dans ce séjour.

Régis Moscardini : D’accord.

Loïc Lechelle : Cette rivière complètement majestueuse est pour moi l’un des plus beaux endroits que j’ai pu faire. C’est authentique, loin de tout, on se sent vraiment perdu et c’est ça qui est intéressant. Il y a peu de tourisme et ce peu de tourisme est vraiment synchronisé avec notre séjour. C’est-à-dire que la première chose qu’on demande quand on réserve la plage horaire de l’hydravion, est-ce qu’il y a d’autres séjours de prévus cette année, etc. Là il n’y en a pas. Il n’y aura personne en même temps que nous sur la rivière. Personne. C’est pour moi la quintessence de la photo animalière aventure.

Régis Moscardini : Bien sûr. Je te remercie beaucoup Loïc, ça fait plus d’une heure qu’on est ensemble, je n’ai pas vu le temps passé, j’ai appris plein de choses. C’est ce que je dis à chaque fois, mais c’est vrai à chaque fois. Je suis sûr que les auditeurs aussi auront appris plein de choses. J’invite vraiment à ceux qui nous écoutent à aller en dessous du podcast et de cliquer sur les liens pour aller voir un petit peu ton travail. Et Melting Pot safaris par exemple. Merci beaucoup Loïc.

Loïc Lechelle : De rien. Avec grand plaisir. J’espère qu’Auxois nature comptera de nouveaux followers par la suite et je transmets également à mon réseau l’adresse url de ce super site.

Régis Moscardini : C’est super. Merci beaucoup.

Lire la suite...
 

Comment en finir avec les photos floues – partie 1

Envoyer Imprimer PDF

Dans l’article d’aujourd’hui je vais vous aider à diminuer le nombre de photos floues. Car une photo manquant de netteté est évidemment à bannir ! Vous savez, lorsque je trie mes photos à l’issue d’une séance sur le terrain, la netteté, avec l’attitude et la composition et l’exposition est un des critères d’élimination. Je veux dire par là que si une image est bien exposée, bien composée, montre un beau comportement animal, mais n’est pas assez nette (surtout sur les yeux), hop, classement vertical (je supprime quoi).
Je ne transige pas avec ça. Ça n’est pas un petit coup d’accentuation de la netteté localisée qui arrangera quoi que ce soit. Si dès la prise de vue la netteté est manquante, c’est mort !

Mais il ne suffit pas juste d’être intraitable sur ce point, encore faut-il savoir pourquoi une image est floue. Parce que si je me contente de supprimer ces photos, sans comprendre pourquoi elles le sont, c’est problématique. Je ne pourrais pas progresser et surtout j’aurais constamment trop d’images avec ce défaut rédhibitoire.

La vraie question est donc celle-ci : pourquoi mes images sont-elles trop souvent floues et comment y remédier ?

Pour compléter, allez lire la partie 2 de cette série : gérer le flou dû au mouvement des animaux

Pourquoi vos images sont-elles floues ?

Il y a trois principales causes expliquant le flou d’une image :

  • une mise au point faite au mauvais endroit
  • des mouvements de l’animal trop rapides en regard de la vitesse d’obturation
  • des mouvements du photographe trop prononcés au moment de la prise de vue.

Je vais dans cet article m’intéresser à ce dernier point. Ce qu’on appelle communément le flou de bougé. Le flou dû aux mouvements parasites du reflex (et donc directement du photographe).

Et oui, messieurs, mesdames, c’est que je vous accuse, vous, de provoquer du flou de bougé ! :-) Car si votre image est floue alors que la mise au point semble être faite au bon endroit et que l’animal était quasiment immobile, c’est que c’est de votre seule faute ! :-)

Pas de panique. Ne partez pas en criant que la photo animalière ne voudra jamais de vous. Laissez vous encore une chance de devenir le prochain Bastien Riu (ou le prochain Michel d’Oultremont)

Rassurez-vous, comme il est facile de savoir d’où vient une image floue, il est simple aussi de remédier au problème.

Faisons un test

Je crois que les débutants ont assez peu conscience d’une chose capitale : dès lors qu’un photographe utilise une longue focale montée sur son reflex (un gros zoom), la scène visualisée dans l’oeilleton tremble beaucoup.

Avez-vous déjà regardé dans des jumelles ? J’espère que oui, car sinon, je vous conseille d’arrêter tout de suite de lire cet article et de vous consacrer dès maintenant aux techniques de base de la photo animalière </div>


	<a href= Lire la suite...

 

Podcast 25] Natacha Noël illustratrice animalière

Envoyer Imprimer PDF

Dans cette interview de l’illustratrice animalière Natacha Noël, vous apprendrez :

  • comment Natacha Noël a fait pour progresser dans l’illustration
  • la différence entre l’illustration et le dessin
  • s’il est possible ou non de vivre de l’illustration
  • combien de temps met Natacha pour faire un dessin
  • quelle est une des différences fondamentales entre la photo et le dessin
  • comment faire pour trouver son style en photo et en dessin
  • comment Natacha gère les règles de composition
  • quel matériel utilise Natacha Noël
  • comment Natacha gère les droits d’auteur des photos qu’elle utilise
  • quel est l’animal qui est le plus difficile à dessiner

Vous pouvez retrouver tout le travail de Natacha Noël sur son site internet en cliquant ici.

Natacha-NOEL

bodari

bufle_natacha

fou_web

king

 

play-with-me

puffin_web

Natacha Noël a ceci de commun avec les photographes animaliers c’est qu’elle a appris sur le terrain. Mis à part quelques cours, elle a appris toute seule dès 2011. Le noir et blanc est son dada et Natacha s’applique à obtenir un rendu ultra réaliste. Sa source d’inspiration vient de ses voyages et des photographies de son compagnon le photographe animalier Alexandre Boudet.  Natacha aime pouvoir retranscrire les textures complexes des plumes et des poils des animaux qu’elle rencontre.

Retrouvez ici l’artiste mentionné au cours de l’interview :

Retrouvez ci-dessous la transcription texte de l’interview :

Régis Moscardini : Bonjour Natacha Noël.

Natacha Noël : Bonjour Régis.

Régis Moscardini : Je te remercie vraiment d’avoir accepté ma demande d’interview d’autant que, on va longuement en discuter ensemble, tu n’es pas photographe animalière. Est-ce que tu peux en quelques mots, s’il te plait, nous en apprendre un peu plus sur toi ?

Natacha Noël : Bien sûr. Moi, en fait je fais du dessin animalier. Comment c’est venu ? Je n’ai jamais fait d’école des beaux-arts, par contre j’ai toujours été attirée par le dessin. Quand j’ai rencontré Alexandre, lui m’a initié un petit peu à la photographie animalière.

Régis Moscardini : Alexandre, c’est Alexandre Boudet, photographe animalier professionnel depuis 4 ou 5 ans. Je l’ai interviewé il y a quelques temps sur le site. On peut retrouver l’interview sur le blog. C’est ton compagnon, c’est lui qui t’a initiée à cette activité-là ?

Natacha Noël : Exactement. C’est lui qui m’a initiée à la photographie animalière, à la découverte vraiment de la nature par ce biais. Le problème, c’est que la photo et moi, ce n’est pas une très grande histoire d’amour. Même si j’ai toujours beaucoup aimé la photo, le truc c’est que la photo animalière demande des conditions particulières, et je suis un peu chat noir avec les animaux. Ce qui fait qu’à chaque fois qu’on sortait en forêt par exemple pour voir des chevreuils ou voir des animaux, on ne voyait jamais rien.

Régis Moscardini : Donc Alexandre ne veut plus que tu viennes avec lui, j’imagine, parce que si tu fais fuir toutes les bêtes que lui convoite, ça va être problématique ?

Natacha Noël : Non, parce que lui arrivait toujours à trouver des choses, etc. Lui aime beaucoup sortir, ce n’est pas le souci. C’est par contre moi qui en avais un petit marre de compter le nombre de fourmis, le temps que mettait un escargot à traverser un certain espace, etc. Au bout d’un moment je lui ai dit, c’est gentil, j’aime bien mais on va arrêter là, je préfère rester à la maison plutôt que d’avoir froid tout le temps.

Régis Moscardini : D’accord. Tu l’as dit, tu es illustratrice. La première question qui me vient en tête, est-ce que c’est ton activité principale à temps plein ou simplement une passion et tu as un métier à côté ?

Natacha Noël : C’est une passion. J’ai un métier à côté. Je suis formatrice. En fait le dessin j’ai commencé il y a grosso modo 4 ans.

Régis Moscardini : Tu le dis, tu as toujours été attirée par le dessin mais je ne crois pas qu’il suffise d’être attiré par le dessin pour réaliser des dessins comme tu le fais vraiment d’un très haut niveau. Tu l’as dit, tu n’as pas fait d’études mais n’empêche que tu as surement suivi des formations. Comment tu t’es formée en fait ?

Natacha Noël : Quand il y a 4 ans j’ai décidé  que je voulais faire du dessin plutôt que de la photo animalière, c’est venu d’une part parce qu’à l’époque j’étais en contact sur Facebook avec Marcello Pettineo qui est quelqu’un que j’admire beaucoup, que j’aimais énormément son travail, quand j’ai vu ses planches naturalistes, j’ai dit je veux faire la même chose. Donc je me suis renseignée, j’ai pris des cours de dessin, au moins un petit peu les bases.

Régis Moscardini : Comment ? En présentiel, dans une école ou sur Internet ? Comment tu as fait ?

Natacha Noël : Alexandre avait dans ses contacts quelqu’un qui donnait des cours de dessin. Je l’ai contacté. Je suis allée le voir. On a discuté un petit peu. En fait je n’avais strictement aucune base en dessin. J’avais besoin d’avoir un petit peu les bases. Il m’a donné des cours pendant 6 mois à raison d’une fois par semaine grosso modo. Au bout de 6 mois, lui n’avait pas les compétences pour m’emmener là où je voulais aller.

Régis Moscardini : Dans l’animalier particulièrement ?

Natacha Noël : Dans l’animalier particulièrement. Donc ce que j’ai fait, c’est que j’ai acheté des livres et j’ai travaillé à partir des livres. Là, j’ai vraiment progressé à ce niveau-là et je me suis vraiment attardé sur tout ce qui est travail de texture parce que c’était ce qui m’intéressait.

Régis Moscardini : Est-ce qu’on peut dire que tu as quand même un don à la base ? Moi, je crois que si je prends 6 mois de cours à raison d’une fois par semaine, je serai très loin de ce que tu fais actuellement. Donc tu as quand même des prédispositions dans ce domaine-là, non ?

Natacha Noël : Je te dis, j’ai toujours aimé le dessin, j’ai toujours un peu griffonné mais c’était toujours un petit peu tordu, ce n’était pas toujours très réaliste. Ce qui m’a vraiment aidé, c’est finalement tous les livres que j’ai achetés.

Il y en a eu beaucoup en anglais aussi parce que les Anglo-Saxons et les Américains sont très forts là-dedans. Je suis partie de là pour réussir à trouver comment on faisait, comment on réussissait à avoir des belles textures, etc. ça a été pas mal de test, à l’époque je travaillais en tant que graphiste avec Alexandre, je travaillais à la maison, j’avais un petit peu plus de temps pour moi, j’y passais facilement 3-4 heures par jour à dessiner. Le dessin, le secret c’est ça, c’est-à-dire que certes on peut avoir des dispositions mais à la base il faut surtout travailler.

Quand on débute, il faut travailler parce que sinon la main n’arrive pas à faire les bons gestes tout le temps. Si tu prends un dessin que tu commences, tu commences un jour, tu en fais une demi-heure, tu reprends 10 jours ou 15 jours après, tu ne sais plus forcément quel geste tu dois accomplir. Au tout début quand on fait du dessin, au final il faut en faire au minium une demi-heure ou une heure tous les jours pour créer les connexions nécessaires dans le cerveau pour que ça devienne automatique.

Régis Moscardini : C’est vrai que je ne m’imaginais pas ça du tout pour le dessin. Moi j’ai fait des études de sport, je le suis moins maintenant, mais j’ai quand même été plutôt sportif quand j’étais plus jeune. J’ai toujours appris ça dans mes cours. On parle de schème moteur. Quand tu parles de connexions dans le cerveau, c’est exactement ça pour le sport, créer des automatismes. Ça existe aussi pour le dessin, je ne m’imaginais pas ça du tout. On peut parler de gamme ?

Natacha Noël : Exactement, c’est le même principe. Que ce soit pour la musique par exemple, on passe son temps à faire des gammes pour réussir justement à avoir ces automatismes et à ne pas à être en train de réfléchir où est-ce qu’on doit poser les doigts sur une guitare, sur un piano, etc. pour faire une note. Pour le dessin c’est exactement le même principe.

Régis Moscardini : Rien ne résiste à l’entrainement, que ce soit du dessin, de la peinture ou autre chose, c’est l’entrainement qui fait qu’on progresse.

Natacha Noël : Exactement. Au début c’est ça, après c’est au fur à mesure, c’est-à-dire qu’on va avoir besoin de support pour essayer de trouver les bonnes structures, les bonnes choses.

Régis Moscardini : Une petite question, peut-être un peu bête : tu préfères qu’on dise que tu es illustratrice ou dessinatrice ? C’est quoi le vrai terme pour ta passion, pour ce que tu fais actuellement ?

Natacha Noël : Moi, je me qualifie de dessinatrice, pas illustratrice.

Régis Moscardini : Quelle est la différence entre les deux, s’il y en a une d’ailleurs ?

Natacha Noël : L’illustration, ça va être finalement plus pour agrémenter des livres, pour agrémenter des articles, etc. Moi, je n’en ai jamais fait, c’est pour ça que je reste sur dessinatrice. Après, peut-être plus tard ça pourra évoluer.

Régis Moscardini : Ce qui différencie les deux termes, c’est peut-être le but ? C’est-à-dire que l’illustration va être destinée à illustrer un texte, illustrer un magazine, compléter quelque chose. Alors que le dessin, il se suffit à lui-même. C’est un peu ça l’idée. On sait que c’est difficile de vivre de la photographie animalière, d’ailleurs Alexandre Boudet, ton conjoint, ne vit pas de sa vente de photos d’animaux mais sa principale source de revenus c’est son travail pour la pub et les industriels, en photo aussi. Est-ce que c’est aussi compliqué pour un illustrateur de vivre de son activité ou il y a plus de débouchés que pour la photo animalière ?

Natacha Noël : Je ne pense pas forcément qu’il y ait plus de débouchés. En France, les illustrateurs ou les dessinateurs vont plus travailler pour des sociétés, des choses comme ça, plutôt que faire du dessin animalier. Dans le même cas que la photo animalière, il y en a énormément qui font ça par passion. mine de rien, c’est quand même un domaine qui est artistique. Les domaines artistiques, à l’heure actuelle, pour réussir à en vivre, c’est extrêmement compliqué. Il faut réussir à se démarquer, à faire ses preuves, à se faire connaitre, à bien évaluer le prix de ce qu’on fait aussi.

Régis Moscardini : Il y a une vraie petite démarche commerciale, même si on parle de passion, d’artistique, de choses pas forcément très concrètes et très cartésiennes, il y a quand même quelque chose derrière de commercial pour pouvoir essayer d’en vivre ?

Natacha Noël : Il y a forcément quelque chose de commercial, mais moi je ne suis pas dans la démarche commerciale où c’est moi qui vais aller chercher le client. C’est-à-dire que moi je vais plus attendre qu’aller démarcher.

Régis Moscardini : Parce que tu as quand même ton métier derrière qui assure le revenu ?

Natacha Noël : Oui, tout à fait. En plus, par rapport à ce que je fais, actuellement je n’ai pas encore trouvé totalement ma patte, on va dire.

Régis Moscardini : Ton style qui va te démarquer ?

Natacha Noël : Exactement.

Régis Moscardini : Ce que tu fais ressemble encore un petit peu trop à ce que peuvent faire certains autres ?

Natacha Noël : Tout à fait.

Régis Moscardini : D’accord.

Natacha Noël : Pour le moment, je n’ai pas encore mon style. Le jour où je trouverai mon style, ça sera encore différent. Mais à l’heure actuelle, un dessin comme je les ai faits, toute la série des ours que j’ai faite, chaque dessin m’a pris entre 15 et 30 heures de travail. Donc après c’est compliqué parce que, pour le vendre, je vais difficilement vendre ça 300 euros. 30 heures, 300 euros, ça veut dire être payé 3 euros de l’heure, qui travaille pour 3 euros de l’heure ?

Régis Moscardini : C’est vrai.

Natacha Noël : Ce qui fait qu’il faut réussir, pour ceux qui le veulent réussir à en vivre, à évaluer à peu près correctement son travail, quel prix on serait prêt à mettre dans une œuvre sachant que le jour on vend un original, cet original on n’a pas de copie, ce n’est pas comme la photo. C’est la différence avec la photo. C’est-à-dire qu’une photo, on peut vendre une photo ce n’est pas un souci, mais cette photo on peut la vendre à plusieurs personnes.

Ça dépend de la taille, ça dépend de ce qu’on veut en faire, quelle utilisation on veut en faire, etc. Mais chaque photographe garde ses fichiers d’origine et ces fichiers-là ne sont pas vendus en règle générale ou alors avec des droits d’auteur. Tandis que pour un illustrateur ou un dessinateur, le jour où il vend son original, l’original il est vendu.

Régis Moscardini : Tu te sépares vraiment de ton bien ?

Natacha Noël : Oui, totalement. Après, effectivement on peut vendre des copies, etc. mais les copies elles vont être obligatoirement beaucoup moins chères qu’on original.

Régis Moscardini : Est-ce que ça ne pourrait pas être comme pour un photographe animalier, c’est-à-dire vendre quelques photos, pour toi vendre quelques dessins, mais à côté de ça proposer des stages par exemple ou proposer tes services pour des entreprises ou des magazines, ça peut être ça l’activité principale pour une illustratrice ou un illustrateur ?

Natacha Noël : Pour les entreprises, même les particuliers, proposer des stages, effectivement un dessinateur peut le faire. Moi, je ne me sens pas à l’heure actuelle légitime pour donner des cours. J’ai ma technique à moi, c’est un peu particulier. Même si ça pourrait en intéresser certains, je ne me sens pas légitime pour le moment pour proposer des cours ou des stages.

Régis Moscardini : D’accord. Tu parlais de style, tu n’as pas encore trouvé ton style à toi, ton style en tout cas est trop générique. Ça m’intéresse parce qu’en photographie aussi on cherche souvent à se démarquer des autres pour ne pas faire comme tout le monde, même si on aime bien quand même s’inspirer de ce que font les autres, mais en rajoutant sa petite touche particulière. Justement tu fais un travail particulier pour trouver ton style ou tu te dis que ça viendra tout seul, ou tu te nourris de ce que font d’autres illustrateurs. Comment tu comptes un jour trouver ton style ? Tu as une démarche particulière pour ça ?

Natacha Noël : Déjà c’est beaucoup aller voir ce que font les autres parce qu’au final on ne réinvente jamais rien. Jamais personne n’a inventé quoi que ce soit. C’est-à-dire que ce soit en photo où effectivement quelqu’un va trouver son style en se disant, je vais mettre l’animal très loin dans la photo et ça va être un joli paysage, ça peut être du travail en noir et blanc, etc. mais au final il n’y a jamais personne qui invente réellement quoi que ce soit.

En dessin c’est pareil, il y en a tellement qui travaille que du coup tout a déjà été fait. Après, l’idée c’est de réussir à trouver soit en termes de mélange de style soit en termes d’utilisation des couleurs, des choses comme ça. Marcello, lui, a un style qui est bien particulier, ses planches on les reconnait de suite.

Régis Moscardini : Il y a une couleur, je ne sais pas comment dire, c’est un petit peu jaune, il y a plusieurs dessins dans un seul dessin, des inscriptions dessus, des petites écritures. C’est vrai qu’on reconnait son style tout de suite. C’est ce que tu voudrais toi pour qu’on te dise un jour, j’ai vu ce dessin, je sais que c’est Natacha Noël ?

Natacha Noël : Voilà, exactement. Ça de toute façon, il faut tous qu’on y arrive. C’est-à-dire que ce que je fais actuellement, je passe par différentes phases. Pour l’instant moi je suis toute jeune dans le dessin, donc je suis en train de tester par rapport à ce que je vois, ce qui me plait des autres. A un moment donné il y a tout qui va se mixer. Parce que c’est bien de chercher, on peut toujours chercher la bonne idée, mais la bonne idée à force de la chercher, on ne la trouve jamais.

Régis Moscardini : Bien sûr.

Natacha Noël : A un moment donné, il va y avoir le déclic en se disant, tiens ça, ça peut-être sympa et ça ne s’est pas forcément vu. Mes ours, peut-être qu’en France on ne les voit pas trop ce style-là, c’est-à-dire juste l’animal avec son blanc et avec une ombre pour le sol. Mais en revanche que ce soit aux Etats-Unis ou en Angleterre, ce sont des choses qui se sont déjà vues. C’est du déjà vu.

Après, je ne vais pas aller copier Marcello. J’ai des idées, donc il faut que je prenne le temps de travailler dessus parce que de voir comment ça peut se mêler, etc. Mais c’est vrai que pour le moment je suis encore dans cette phase où je tâtonne pour essayer de voir ce que je peux faire.

Régis Moscardini : C’est intéressant. Je pense que la démarche peut être la même pour un photographe qui souhaite aussi se démarquer, de faire quelque chose de plus personnel. Il ne faut pas être trop pressé comme tu le dis très bien, il faut mixer les différents genres qu’on peut s’approprier et un jour on va trouver le truc, le petit déclic. Il faut partir un petit peu là-dessus.

Tu as parlé de Marcello Pettineo. Nous, en photographie animalière, on a notre star, c’est Vincent Munier. C’est lui, c’est Marcello Pettineo pour l’illustration ? C’est la star, c’est celui qui sort un petit peu du lot ?

Natacha Noël : Moi, tous les artistes animaliers je ne les connais pas, j’en connais quelques-uns parce que je ne fréquente pas trop le milieu artistes animaliers.  Après je le connais un tout petit peu mais du fait d’avoir quasiment qu’un cercle de connaissances de photographes animaliers, j’évolue plus dans ce milieu-là que dans le milieu artistes animaliers. Marcello, lui, a une démarche réellement de se faire connaitre. Le qualifier de star, je n’en sais rien.

Régis Moscardini : Le terme n’était peut-être pas très bien choisi. C’était juste pour dire est-ce qu’il y a un artiste qui va un peu tirer, je parle de Vincent Munier parce que je pense que c’est celui pour la photographie animalière qui va vraiment démocratiser, il est paru dans Paris Match, il passe à la télé sur des grandes chaines à des heures de grande écoute, donc c’est lui qui va un petit peu faire parler de la photographie animalière au grand public. Est-ce qu’il y en a un qui a un petit peu ce rôle-là pour l’illustration ?

Natacha Noël : Je n’en sais rien. Moi j’en connais principalement deux : Marcello va faire du crayon

Régis Moscardini : Ce que tu fais, toi ?

Natacha Noël : Ce que je fais, moi. Après, je sais qu’en peinture il y a également Christophe Drochon qui lui participe au jury du Salon des artistes animaliers qui se déroule à Bry-sur-Marne tous les ans. Lui est vraiment connu dans le milieu.

Régis Moscardini : Ceux qui font de la photo ont forcément entendu parler des principales règles de composition, je parle de la règle des tiers, des lignes directrices. Est-ce que toi aussi quand tu fais un dessin tu fais attention à  ces choses-là, à ces grands principes de composition pour notamment guider le regard du spectateur, est-ce que tu fais attention à ça ?

Natacha Noël : On est obligé de faire attention à ça parce que faire un dessin qui est tout au milieu, ça ne donne pas forcément la bonne dynamique. Moi je fonctionne principalement suivant les images que je prends, j’essaie de voir ce qui peut être le plus sympa pour la composition, ce qui va rendre ça très intéressant. Mais on est obligé. Dans tout métier de l’image, on est obligé de faire attention à la composition.

Régis Moscardini : Evidemment. Pour ton travail, est-ce qu’il te suffit d’un papier, d’un crayon et d’une gomme et puis c’est parti ? Est-ce qu’il y a un petit peu de vrai ou j’ai tout faux et il y a vraiment toute une panoplie de matériels que je n’imagine même pas ?

Natacha Noël : C’est vrai et faux en même temps. Moi, j’ai plein de crayons, plein de crayons différents parce que ça me permet d’avoir des noirs différents, des choses comme ça.

Régis Moscardini : Une petite remarque : pour le noir, il ne suffit pas d’appuyer ou de moins appuyer ? Tu utilises des crayons différents, différentes nuances de gris, de noir ?

Natacha Noël : C’est ça. En fait on a différentes duretés de crayons. Quelque chose qui va être très dur va faire un trait qui est très pâle. Quelque chose qui est beaucoup plus gras va permettre d’avoir un noir qui est très intense. C’est d’ailleurs pour ça qu’à l’heure actuelle je me suis dirigée vers des crayons carbone, qui sont des crayons moitié graphite moitié fusain, pour avoir des noirs qui soient très denses.

Régis Moscardini : Donc ton style peut être amené aussi par le matériel que tu utilises. Par rapport au papier, j’avais fait une interview d’un photographe, Patrice Mariolan, qui me disait qu’il passait beaucoup de temps à choisir le papier, qu’il faisait plein d’essais pour choisir le papier de ses photographies. Toi c’est pareil, le papier sur lequel tu dessines est très important pour le rendu mais aussi pour le toucher au moment du dessin ? Comment ça se passe ?

Natacha Noël : En dessin, on a plusieurs types de papier. On a des papiers très grainés donc avec un gros grain qui donne une texture très particulière, on a des papiers très lisses voire du bristol.

Régis Moscardini : Qu’est-ce que tu préfères, toi ?

Natacha Noël : Pas le bristol parce que le bristol est très lisse, du coup c’est un petit peu compliqué, mais je préfère des papiers très lisses. Parce que je suis sur un dessin qui est réaliste, je ne dis pas hyper réaliste parce que j’en suis loin encore. Du coup pour réussir à rendre la texture notamment des poils, il faut que chaque coup de crayon puisse marquer correctement le poil. Donc moi je suis sur du papier lisse.

Régis Moscardini : D’accord. Il ne faut pas que le coup de crayon très précis pour marquer un petit coup de poil par exemple puisse être perturbé, gêné par un grain de papier ?

Natacha Noël : Exactement.

Régis Moscardini : Tu travailles directement en prise avec la nature, c’est-à-dire que tu es sur le terrain avec ta planche ou tu fais tes dessins chez toi à partir de photos ? Comment tu fonctionnes ?

Natacha Noël : Ça, c’est mon grand regret. Pour le moment je travaille à partir de photos.

Régis Moscardini : De plusieurs photos ou d’une seule ?

Natacha Noël : Généralement d’une seule.

Régis Moscardini : D’accord. Tu choisis une photo. Au final j’aimerais avoir ce type d’attitude-là par exemple ?

Natacha Noël : Voilà. Je choisis l’attitude de l’animal, je choisis la position, j’essaie de faire en sorte que ce soit quelque chose qui ne soit pas forcément vu tout le temps. Après je travaille à partir de cette photo. Maintenant c’est vrai que ça fait partie de mes projets aussi de pouvoir travailler à partir de croquis qui seraient pris dans la nature pour pouvoir les refaire tranquillement à la maison.

Régis Moscardini : Tu dis que c’est un regret parce que c’est plus difficile, ça demande plus de temps, c’est une technique que tu ne maitrises pas encore la base de croquis ?

Natacha Noël : La base de croquis, je ne le maitrise pas encore. Du coup il faut vraiment que je travaille dessus parce que ce n’est pas encore tout à fait ça. Là, ça fait partie de mes projets. Je me suis donné un an, 2 ans pour travailler sur le style, sur le croquis, sur des choses comme ça. C’est-à-dire pour les mois à venir je ne prépare pas d’exposition. Si j’ai la chance de participer à des expositions, ce sera avec la série qui est déjà prête sur les ours.

Mais pour l’instant je ne prépare pas de nouvelles expositions pour pouvoir justement trouver quelque chose qui me permette d’évoluer et qui permette aussi de contenter des spectateurs en se disant, oui ce n’est pas forcément que des ours qu’elle sait faire également.

Régis Moscardini : Il te faut un gros travail de mémoire si tu veux travailler à partir de croquis, parce que finalement tes croquis c’est la source brute, pas forcément très détaillée. Mais si tu veux faire un dessin réaliste après coup chez toi, il faut vraiment que tu es une mémoire de l’instant, de l’animal, très développée pour être sûre que ça rende bien, que ce soit assez réaliste ?

Natacha Noël : Je ne l’ai pas encore testé. Je ne pense pas qu’il y ait forcément la mémoire qui intervienne dedans, c’est-à-dire que pour moi, le croquis c’est surtout prendre par exemple la position de l’animal, c’est la position générale du corps, où sont placés les différents membres, muscles, etc. si on a besoin de les voir. Ensuite mon idée c’est de me dire, je prends mes croquis et après à la maison je vais bien trouver une photo, au moins une photo de l’animal, simplement pour pouvoir vérifier

Régis Moscardini : Les proportions, les choses comme ça ?

Natacha Noël : Pas tant les proportions. C’est surtout au niveau des textures, des choses comme ça, l’orientation des poils parce que si on se plante sur l’orientation des poils, forcément l’animal va avoir un air très bizarre. Donc je suis plus sur cette démarche-là.

Régis Moscardini : Une question par rapport aux droits d’auteuRégis Moscardini : est-ce que tu peux prendre une photo, n’importe laquelle sur le Net, peu importe à qui elle appartient, et en faire un dessin ? Ou tu es tenue d’acheter la photographie, d’acheter les droits d’auteur pour pouvoir l’illustrer ? Quelles sont les règles dans ce domaine-là ?

Natacha Noël : Les règles, c’est qu’on n’a pas le droit d’utiliser sans l’accord de l’auteur une photographie pour en refaire un dessin ou une peinture. La législation prévoit que normalement on est censé changer 4 ou 5 éléments par rapport à la photo d’origine pour en faire sa propre œuvre. C’est-à-dire que comme pour tout droit d’auteur, à partir du moment où tu interprètes la photo, cette photo une fois interprétée dans ton dessin normalement t’appartient.

Mais ça reste un petit peu délicat. Moi, ce que je fais, c’est que pour le moment je fonctionne avec mon cercle d’amis en leur demandant, est-ce que vous auriez ça, est-ce que je peux l’utiliser. Donc je n’achète pas les photos.

Régis Moscardini : Mais tu as l’accord des auteurs des photographies.

Natacha Noël : J’ai toujours l’accord.

Régis Moscardini : C’est important de souligner ça parce que j’imagine que dans ceux qui nous écoutent il y en a aussi qui s’adonnent à cette passion de l’illustration à n’importe quel niveau, et c’est important d’avoir ça en tête.

Natacha Noël : C’est important. Je me souviens d’une discussion que j’avais eu sur Facebook avec quelqu’un notamment, un grand dessinateur anglo-saxon si je me souviens bien, qui avait justement utilisé des photos pour faire un dessin, le propriétaire de la photo lui avait fait un procès parce qu’il n’avait pas demandé l’autorisation et que ce dessin-là lui l’avait vendu derrière.

Régis Moscardini : Donc ça peut aller jusque-là ?

Natacha Noël : Oui. Il y en a qui peuvent aller jusque-là parce que sinon imagine, tu prends n’importe quel photographe qui a fait une photo et qui n’arrive pas à la vendre, quelqu’un en fait un dessin derrière et il la vend, mettons, 2.000 euros. Forcément l’auteur de la photo il y a mis son âme, il a fait sa propre composition, etc., s’il retrouve sa photo copiée-collée en dessin, certes il y a le travail du dessin derrière mais la base de création c’est quand même le photographe qui l’a faite au début.

Régis Moscardini : Evidemment. Tu parlais de 10-15-20 heures pour faire un dessin. Moi j’ai une question qui me vient tout de suite en tête. Quand je fais une photo, il y a beaucoup de travail en amont, de repérage, de connaissances naturalistes et tout ça. Mais ma photo une fois que j’ai appuyé sur le déclencheur, on va dire que c’est fini, il y a un peu de travail derrière d’amélioration du fichier raw par un petit développement photo.

Mais moi je ne vais pas très loin là-dedans, ce n’est pas encore trop mon style. Toi, quand est-ce que tu considères que ton dessin est terminé ou tu considères que ce n’est jamais fini, il y a toujours une petite touche à refaire ?

Natacha Noël : Généralement, quand j’arrive à la fin d’un dessin, je ne le retouche plus après.

Régis Moscardini : Justement ma question, c’est qu’est-ce qui te dis, c’est bon, j’ai fini, là j’arrête ?

Natacha Noël : En fait tu as toujours un jeu de couleurs, un jeu de lumière, de la texture, etc. Moi, je procède par zone c’est-à-dire qu’un dessin je vais commencer, s’il est en format portrait, tout en haut à gauche pour éviter, comme je suis droitière, de salir le reste.

Régis Moscardini : C’est intéressant, c’est un truc tout bête, on ne s’imagine pas ce genre de choses, mais effectivement ça parait logique. Si on est droitier, on commence en haut à gauche pour ne pas baver avec sa paume de main sur tout le dessin.

Natacha Noël : Exactement. Si tu étales tous les coups de crayon que tu as faits parce que tu as commencé en bas, le problème c’est que ton dessin va être complètement inutilisable par la suite. C’est dommage. Donc moi je commence par là. Une fois que je suis satisfaite de cette zone-là, je passe à autre chose. Je fais quelques arrangements à la fin, c’est-à-dire que je vais atténuer un petit peu, je vais rajouter un ou deux coups de crayon mais en règle générale, une zone est finie, elle est finie.

Donc ce que j’expliquais à beaucoup de gens qui sont venus me voir en exposition, ils me disaient, vous ne vous rendez pas compte, 30 heures c’est énorme. Je leur disais, mais vous êtes photographes animaliers, vous passez combien de temps à faire votre repérage, etc. avant d’appuyer sur le bouton pour avoir la photo que vous vouliez. Grosso modo effectivement, moi, je mets du temps pour un dessin, mais pour une photo pour beaucoup c’est la même chose.

Régis Moscardini : C’est vrai. Mais ce n’est pas tout à fait le même rapport au temps, c’est-à-dire que c’est un travail de préparation pour un photographe animalier et toi, tu es dans l’action tout le temps. C’est un peu comme si nous, on déclenchait pendant 30 heures. Le rapport au temps est un peu différent.

Natacha Noël : Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi, parce que sur un dessin effectivement tu as 30 heures d’action parce que 30 heures de coups de crayon. Mais je dirais que le temps de préparation à la base, c’est juste de sortir une feuille de papier, de voir comment tu vas placer ton sujet dans la feuille de papier et puis terminé. Grosso modo ça prend entre 10 minutes et ½ heure si tu y passes énormément de temps.

Après c’est du dessin, c’est de l’action. Mais vous en tant que photographes animaliers, il faut que vous alliez faire du repérage, vous pouvez faire des kilomètres et des kilomètres, il faut installer le matériel, il faut vérifier que la lumière est bonne, il faut attendre que l’animal arrive, etc. Donc au final on est plus ou moins sur le même temps de préparation pour un résultat final.

Régis Moscardini : C’est vrai. Alors est-ce qu’il y a un animal qui est réputé être difficile à illustrer, par son pelage, sa forme, son attitude ? Est-ce que les carnivores prédateurs sont censés être plus difficiles par rapport à leurs dents par exemple ou moins difficiles que des herbivores ? Qu’est-ce que tu peux me dire par rapport à ça ? Est-ce que les écailles sont plus dures que les poils, des choses comme ça ?

Natacha Noël : Ça va vraiment dépendre de la sensibilité de chacun. Moi je sais que je préfère faire des animaux à poils, parce que j’aime bien la texture. C’est une texture qui, pour moi à l’heure actuelle, est plus facile qu’effectivement faire des écailles ou des plumes. Les écailles, je n’ai jamais testé. Les oiseaux, j’ai fait. J’en ai fait, j’en ai encore fait un dernièrement. Pour moi les oiseaux sont très compliqués, non pas tant à cause de leur texture, mais principalement parce que comme je suis comme sur du dessin réaliste, j’ai toujours peur d’oublier une plume et que j’ai tous les ornithos qui me tombent dessus, ça ce n’est pas bon.

J’ai une grande angoisse à faire de l’oiseau. Mais ça dépend vraiment de chacun, il y en a qui vont préférer travailler sur des poissons, il y en a qui vont préférer travailler sur des animaux à poils, à poils longs, il y en a d’autres à poils courts, d’autres des oiseaux, etc., c’est vraiment très différent. Mais je pense que s’il y a un animal qui nous plait, la difficulté est vite surmontée, c’est-à-dire qu’il suffit juste de travailler un petit peu pour voir comment faire cette texture-là, ensuite ça va tout seul parce que c’est assez répétitif au final. Après c’est faire attention à la lumière pour pouvoir rendre l’effet entre guillemets 3D des animaux.

Régis Moscardini : C’est marrant parce que tu me parles souvent de texture. Moi avant de t’écouter je pensais plutôt aux proportions. Quand je m’amuse un tout petit peu à faire du dessin, sur n’importe quoi, ce sont surtout les proportions qui me posent problème. Je me dis que la tête est beaucoup trop grosse par rapport au corps. Et toi, non, c’est plutôt le problème de la texture qui te prend beaucoup de temps.

Natacha Noël : C’est la texture parce que c’est finalement là-dessus que tu passes le plus de temps. Moi sur un dessin, une fois que mon esquisse est faite, c’est-à-dire que je commence par faire l’esquisse générale du dessin, où sont les oreilles, où sont les yeux, le museau, etc. Là, j’ai déjà mes proportions. Je ne vais pas commencer à travailler une oreille et à me dire, je verrai après pour le reste du dessin. Ce n’est pas gérable.

Régis Moscardini : Ma dernière question, Natacha, une question plus personnelle : quel est ton animal favori, celui pour lequel tu as une attirance particulière, pas forcément celui que tu préfères dessiner, quel est celui pour lequel tu as un petit truc en plus ?

Natacha Noël : Depuis toute petite, le panda. C’est un gros nounours noir et blanc.

Régis Moscardini : C’est bien un truc de fille, ça !

Natacha Noël : Ah oui ! C’est totalement un truc de fille, je crois que ça me tient depuis que je suis toute petite. Depuis l’âge de mes 5-6 ans, j’ai toujours été attirée par le panda. Après vient tout ce qui est tigre, léopard, etc. J’aime beaucoup les félins. J’espère un jour pouvoir faire une belle série sur les félins parce que c’est vraiment quelque chose qui m’attire. Le panda aussi. Mais j’ai plein de sujets que j’aimerais bien faire en dessin.

Régis Moscardini : Une petit pub pour le zoo de Beauval qui est le seul zoo en France, peut-être en Europe je ne sais pas, qui a deux pandas.

Natacha Noël : Oui.

Régis Moscardini : Il y a eu pas mal d’actualités par rapport à ça quand ils sont arrivés en France. On peut voir deux pandas en France dans le zoo de Beauval, vers Troyes. Je n’y suis jamais allé mais je pense que j’irai un jour pour les voir.

Natacha Noël : Nous, on y est déjà allés plusieurs fois, pas pour voir les pandas, à l’époque ils n’étaient pas encore arrivés mais je me dis que de toute façon on va y aller bientôt parce que j’aimerais faire certains animaux qui sont présents dans les zoos. On ne peut pas forcément aller les voir dans leur pays. Je pense notamment au panda roux, c’est un animal que j’aime beaucoup également.

Régis Moscardini : Tu aimes bien les gros nounours en peluche ?

Natacha Noël : Oui, j’aime bien les gros nounours en peluche. Après, il y a des animaux qui m’attirent plus que d’autres. Mais en règle générale, il y a ça, il y a les éléphants. Les éléphants, c’est un problème de texture, j’ai du mal encore. Il y a pas mal de choses comme ça où je vais peut-être plus me pencher,  aller les voir dans les zoos pour avoir les proportions, pour tout ça, pour pouvoir les dessiner après. C’est vrai que le zoo de Beauval n’est pas très loin de chez nous et j’espère bien pouvoir y aller dans l’année pour agrémenter ma photothèque.

Régis Moscardini : Je te remercie Natacha pour ce superbe moment passé avec toi.

Natacha Noël : Il n’y a pas de problème Régis, ça a été un grand plaisir également.

Lire la suite...
 

5 étapes pour bien préparer vos photos pour internet

Envoyer Imprimer PDF

Je passe entre 30 minutes et 1 heure par jour à répondre à vos nombreux mails ou messages Facebook. Oui, vous, amis lecteurs, qui me demandez conseils et avis, je tiens à vous répondre personnellement et systématiquement ! C’est du boulot, mais j’aime bien ! :-)

Ça me permet d’être en prise directe avec les problèmes des débutants. Je le dis sans aucune  prétention évidemment, mais il peut arriver que, lorsqu’on atteint un niveau de pratique dit « Expert », on peut oublier les difficultés rencontrées par d’autres photographes. Celles-là même que l’on a rencontrées, aussi, au début.

C’est donc un bon moyen de rester humble et de se remettre en question. C’est aussi et surtout pour moi blogueur photographe, une bonne source d’inspiration pour rédiger mes articles. Une question ou un problème récurrent peut devenir un article. Une seule question peut aussi parfois faire l’objet d’un traitement particulier. Comme cet article par exemple où je présente l’objectif idéal pour la photo animalière suite à une question de Didier.

Pour le billet que vous lisez maintenant, c’est, vous l’avez deviné, suite à ces messages que j’ai eu l’idée de le rédiger. Sauf que pour une fois, il ne s’agit pas du sujet d’un mail en particulier. Mais des pièces-jointes qu’il contient. Ou plutôt qu’ils contiennent. Car parmi les nombreux mails que je reçois, je dirais qu’environ 1/3 constitue des demandes d’avis sur des photos.

« Bonjour Régis, peux-tu me dire ce que tu penses de cette photo de blaireau ? «  Bonjour Régis, j’ai pris cette photo hier soir d’un lapin de garenne comment tu l’as trouve ? », etc … Je réponds, je vous l’ai dit, toujours ! Mais il y a souvent une constante dans ces demandes d’avis, c’est la photo placée en pièce-jointe. Je ne parle pas de la qualité photographique, je parle du format.

Je suis systématiquement surpris de constater les mêmes petites bêtises dans les images placées en pièce-jointe :

  • trop lourdes (plusieurs Mo)
  • trop grandes (plusieurs milliers de pixels de coté)
  • pas de watermark (de mention attribuant l’auteur)
  • ou encore pas au bon profil de couleurs.

Vous l’avez compris j’espère, je ne vous parle pas ici de post-traitement ni de critique photo. Non, il s’agit tout bêtement de la meilleure façon de préparer une photo pour le web. Que ce soit pour l’envoyer par mail (à moi ou à d’autres ! :-) ) pour la poster sur Facebook ou pour la mettre sur votre site ou blog. Il existe une bonne pratique quand on veut partager ses photos sur le net. On ne le fait pas n’importe comment ! Il ne faut pas envoyer une photo telle que l’appareil l’a prise. Non. Vous avez quelques petites choses à faire avant. Je conseille au passage l’excellent article de Laurent Breillat sur justement l’intérêt de photographier en RAW

Étape 1 : Convertir L’espace de couleur au format sRGB

Je ne suis pas un expert dans ce domaine complexe de la gestion des espaces colorimétriques. Mais il y a une chose que je sais, c’est qu’il faut s’assurer de convertir ses images dans le bon Espace de couleurs. Simplement pour être certain que les couleurs de votre image ressortent correctement sur la grande majorité des écrans.

C’est un sujet très complexe. En gros, dites-vous que vous risquez de passez beaucoup de temps à peaufiner vos couleurs sur une image pour qu’au final, à l’autre bout du web, un internaute ne voit pas tout à fait les mêmes couleurs que vous !

Et oui, autant il est possible de maîtriser son écran, autant il est impossible de maîtriser les millions d’autres. Alors il vous faut, lors de l’enregistrement de votre  image pour le web, adopter un profil de couleur compatible avec le plus d’écrans possibles.

Et aujourd’hui, ce serait le sRGB. Il n’est pas celui qui offre le plus de possibilités de couleurs, mais il permettra en revanche une bonne interprétation des couleurs sur tous les écrans : tablettes, écrans d’ordinateurs, smartphones, télé.

Comment faire pour exporter au format sRGB ? Il suffit d’effectuer le réglage une fois pour toute. Je n’ai pas Lightroom (je travaille avec Aperture … personne n’est parfait </div>


	<a href= Lire la suite...

 

On vous offre le logiciel PowerDirector 11

Envoyer Imprimer PDF
Jusqu‘au 30 juin, Image & nature et Cyberlink vous offre le logiciel de montage vidéo PowerDirector 11. Rendez-vous dans le magazine Image & nature n°80, en kiosque actuellement, pour en profiter.
Lire la suite...
 

AGENDA NATURE – les expos et concours davril

Envoyer Imprimer PDF
La nouvelle périodicité des magazines nous a empêché d’insérer quelques événements dans le magazine Image & nature n°79 paru fin février. En attendant le prochain, Image & nature n°80, en kiosque le 23 avril, notez dans vos agendas :

EXPOS

American West - Laurent Baheux
Jusqu’au 10 avril
À l’occasion de la sortie de la nouvelle série de photographies AMERICA, Laurent Baheux présent dans 12 galeries YellowKorner pour une tournée exceptionnelle en France et dans le monde, afin de présenter et d’échanger sur la nouvelle thématique Ouest américain, de sa série « la nature et de la Vie Sauvage en noir et blanc ». À LILLE : mercredi 1ER avril de 18h à 21h, 1 rue Lepelletier – 59800 Lille. À PARIS BEAUGRENELLE : samedi 4 avril de 17h à 20h, C.C. Beaugrenelle, 7 rue Linois – 75015 Paris et PARIS POMPIDOU : mardi 7 avril de 18h à 21h, 137 rue saint martin – 75004 Paris. À MONTPELLIER : mercredi 8 avril de 18h à 21h, 24 rue de la loge – 34000 Montpellier. À BORDEAUX : jeudi 9 avril de ...
Lire la suite...
 

Leica Academie

Envoyer Imprimer PDF
Venez partager un moment exceptionnel avec Frédéric Larrey, spécialiste de la photo naturaliste. Il vous accompagnera dans la zone sanctuarisée de Pelagos, au large du Languedoc pour une journée de photo et d‘observation exceptionnelle. L‘équipe leica sera présente avec du matériel de prise de vue ainsi que des jumelles à disposition des stagiaires. La journée d‘observation en mer se fera sur un énorme Catamaran aménagé spécialement pour ce genre d‘excursion. Nombre maxi de participants : 20 - Samedi 2 et dimanche 3 mai. Prix : 290 euros. Comprends l‘hébergement 1 nuit en demi pension en chambre double à l‘hôtel La Frégate au Canet en Rousillon, la sortie en Catamaran avec restauration à bord, conférence et boissons.

Contact : aguay@regard-du-vivant.fr ou leica.marketing@leica-camera.fr
Lire la suite...
 


Page 2 sur 26

Home e-Mag photo nature

CRM

Les articles de la revue de presse sont des articles fournis par les flux RSS de site consacrés à la photo/nature. Ces articles ne sont donc pas le résultat de travail de l'équipe de Safari-photo-nature.com mais bien le résultat d'un mashup de contenu, également appellé curation.

Notre travail se limite à vous faire découvrir le travail de qualité effectué par des sites web de référence; nous ne rédigeons de ce fait aucun contenu. Ce site web baptisé "revue de presse" est donc un site composé d'un moteur de recherche alimenté par des flux RSS. Nous ne sommes donc pas éditeur mais hébergeur et n'exerçons de ce fait aucun contrôle sur les informations référencées dont nous respectons le droit d'auteur en indiquant la source fournie dans les flux RSS.

Afin de découvrir la totalité des articles proposés, merci de cliquer sur le lien de source mentionné en bas de chaque article afin de découvrir l'excellent travail de ces différents rédacteurs; de nombreux autres contenus de qualités vous attendent sur leur site web.


CRM agence de communication - CRM agence de voyage - CRM agence immobilière - CRM assurance

CRM Analytique - CRM Cabinet de recrutement - CRM cabinet médical - Logiciel de gestion de contrats - Logiciel agenda partagé - CRM Gmail



Vacances - Voyage - Billet avion pas chers

Rechercher

La revue de presse via Twitter

Suivez @actualite_photo

Stat.

Membres : 3
Contenu : 33627
Affiche le nombre de clics des articles : 6284651

En ligne

Nous avons 25 invités en ligne

Baromètre prix matos photo



[ L’ubiquité informative ]
:
[ toute l’actu photo du web ]
[ dans un seul site ]






Articles les plus lus

La citation du jour